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Foire à Niamey des producteurs maraichers de la région d’Agadez : Plus de 250 maraîchers et revendeurs exposent leurs produits

pFoire à Niamey des producteurs maraichers de la région d’Agadez : Plus de 250 maraîchers et revendeurs exposent leurs produitsC’est la huitième année consécutive que les membres de l’Union des coopératives de la région d’Agadez, se retrouvent en cette période à Niamey pour proposer aux consommateurs leurs produits. Pour la foire en cours, qui se tient du 12 janvier au 12 février 2019, quelques deux cent cinquante (250) producteurs et revendeurs ont pris place à la Place Toumo et sur d’autres sites dans la capitale. Nos interlocuteurs louent les efforts de l’Etat du Niger à travers plusieurs programmes et projets de développement notamment l’Initiative 3N, « les Nigériens Nourrissent les Nigériens ».

Ils sont nombreux à converger vers Niamey pour exposer leurs produits notamment la pomme de terre, les oranges, l’oignon, les épices, l’ail, etc. Les initiateurs de cette foire qui se tient à Niamey affirment que c’est dans un esprit de solidarité et d’une parfaite symbiose qu’ils s’activent à relever le défi aux côtés des autorités, afin d’assurer leur autonomie, participer au développement de leur région et du pays de façon générale. Ils accompagnent ainsi le Programme du Président de la République qu’est l’initiative 3N (les Nigériens Nourrissent les Nigériens). Les mesures de promotion du maraîchage qui furent développées dans ce cadre ont essentiellement consisté en un travail de vulgarisation : diffusion de nouvelles semences et la sensibilisation par rapport aux techniques culturales associées via la mise en place de parcelles de démonstration.

D’importantes quantités de produits proposés aux consommateurs de la capitale

Selon le Président du comité d’organisation de la foire des produits maraichers de la région d’Agadez, M. Hamidi Yahaya, l’objectif de cette foire est « d’avoir des débouchés un peu partout notamment à Niamey la capitale, de faire connaitre nos produits au grand public pour inciter d’autres nigériens à cultiver la terre ». La foire durera un mois du 12 janvier au 12 février 2019 ; elle est soutenue par le Projet Pôles Ruraux (PPR) qui appuie habituellement les maraichers au niveau de la région d’Agadez jusqu'à la commercialisation des produits. Ce sont des produits disponibles au cours de ce mois de janvier, comme la pomme de terre, les agrumes, l’ail, l’oignon et les épices. 555 tonnes de pomme de terre, plus de 43 tonnes d’agrumes, 115 tonnes d’ail, des centaines tonnes d’oignon et d’épices sont là pour la consommation des niaméens. La plupart des produits exposés à la place Toumo sont saisonniers, en dehors de la pomme de terre, qui elle est produite deux fois par an. M. Hamidi Yahaya d’assurer les consommateurs que ces produits ne contiennent aucun produit chimique.

Ce sont des produits uniquement bio. « Nous sommes pressées que ces maraichers débarquent à Niamey, du fait de l’abordabilité de leurs produits ; ce sont des produits de bonne qualité et en bon état. On peut les conserver plusieurs jours, ils ne se gâtent pas. Chaque année nous venons acheter ces différents produits au niveau de la foire de la place Toumo et trouvons les prix très abordables », témoigne Mme Hadjara. « C’est une opportunité qui s’offre à nous d’avoir des bons produits maraichers et à des prix défiant toute concurrence ; souvent on a du mal à trouver autant de produits sur d’autres marchés ; j’encourage tout le monde à venir faire ses emplettes ici et avoir des fruits et légumes bio. Nous devons consommer nigérien pour encourager ces producteurs. Chaque Niameen qui vient pour payer un produit encourage l’Initiative 3N du Président de la République » soutient M Ali un client rencontré sur les lieux.

Ces foires s’inscrivent dans le cadre de l’accompagnement des producteurs de cette région désertique disposant des riches vallées et oasis propices à divers types de cultures et ce pour peu que l’eau soit maitrisée.

El hadj Souley Barka de la commune de Timia (Arlit) est un habitué de la foire depuis la première édition. « J’ai apporté divers produits surtout les épices ; le marché est bon, les clients affluent de toute part, on vend le Kilogramme d’orange et de pamplemousse à 1000f. Le Kilogramme de la Pomme de terre est à moins de 500 francs CFA pour plus de 4kilo achetés. Quant à la mesure d’oignon, le prix varie selon la contenance de la tasse. Pour les épices, il n’y a pas de prix fixe également. Nous avons les citrons, les tangalots, les grenadines qui s’achètent facilement. J’attends des cargaisons de ces produits d’ici la fin de la semaine car la foire s’étend sur un mois sinon plus au cas où nous n’arriverons pas à écouler nos produits » explique El hadj Souley Barka.

Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)

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Aissa Abdoulaye Alfary interview Mahamadou Dan DachoLa terre ne ment pas

Mahamadou est chef de famille. Il pratique le maraîchage depuis le bas âge ; une activité qu’il dit hériter de ses parents et qu’il exerce avec passion. Sur environ près de deux hectares de superficie, il produit plusieurs spéculations notamment la pomme de terre, l’oignon, l’orange. Cependant, l’écoulement de la production pose problème. « Sur le marché d’Agadez, les clients se font de plus en plus rares. C’est pourquoi, j’ai préféré suivre les producteurs de cette foire dans l’espoir de faire de bien meilleures affaires ici » dit-il ajoutant qu’il compte faire plusieurs réalisations avec les revenus de sa production.

Mahamoud Dan Dacho, relève que Niamey à une forte concentration démographique et constitue un débouché de plus en plus fréquent. « Bien qu’étant une zone désertique, Agadez dispose de sites qui fournissent l’eau nécessaire à l’arrosage des légumes, et nous nous sommes dit que nous devons nous battre. Ces cultures maraîchères prennent place à proximité des mares, à l’intérieur des lits des cours d’eau intermittents, sur les rives du fleuve, ainsi qu’en bordure des périmètres rizicoles et des petits barrages hydro-pastoraux. C’est vrai on en a pas assez, mais on est déterminé, et c’est cela notre force pour combattre les affres de la pauvreté » dit-il. L’arrosage s’effectue le plus souvent manuellement à l’aide de seaux, d’arrosoirs, de calebasses ou de canaris. « Par le passé mes frères et moi travaillons dans la récolte pour être payés. Il faut récolter de centaines de kilogrammes pour gagner quelque chose à la fin. Au fil des années, je me suis rendu compte que produire soi-même était plus rentable. Et j’ai mis sur pied mon propre jardin » rappelle-t-il.

Dans nos sociétés, les familles disposent classiquement d’un ensemble de stratégies rémunératrices à travers notamment la pratique des cultures commerciales. Avec ces temps durs, Mahmoud Dandacho estime qu’il est nécessaire que les uns et les autres retournent à la terre pour survivre et vivre. « Toute ma famille pratique les cultures irriguées, c’est devenue une question d’héritage. Je fais cette culture avec quatre de mes frères. Et nous sommes nombreux à exposer. Mes frères sont sur les deux autres sites d’exposition. Ici sur le site d’exposition de la place Toumo, je suis avec Boubacar Ali qui m’aide à écouler les produits » explique-t-il.

Pour faire du maraîchage, un véritable secteur de lutte contre le chômage, Mahamoud appelle le gouvernement à donner directement les appuis aux producteurs. Il invite l’Etat à revoir sa politique. « Il en fait beaucoup mais il doit en faire plus. Certes, on a eu des semences, on a reçu des formations c’est bien ; l’Initiative 3N est à saluer. Ces dernières années, notre problème majeur ce sont les inondations qui nous créent beaucoup de dommages, nos jardins, nos puits ont été inondés et on espère avoir plus d’appuis » ajoute Mahamoud Dan Datcho.

Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)

23 janvier 2019
Source : http://lesahel.org/

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