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Arrestation d’un officiel nigérien pour trafic international de cocaïne : Des révélations époustouflantes sur Mohamed Sidi Mohamed et le trafic de drogue au Niger

Mohamed Sidi Mohamed TrafiquantArrestation d’un officiel nigérien pour trafic international de cocaïne Des révélations époustouflantes sur Mohamed Sidi Mohamed et le trafic de drogue au Niger Qui est ce Mohamed Sidi Mohamed, arrêté à Bissau en possession de 800 kilos de cocaïne et qui lui sert de couverture politique à Niamey ? Vu sur des photos dans une manifestation du PSD Bassira de Mohamed Ben Omar, l’homme arrêté à Bissau risque d’éclabousser de personnes au Niger. Si Mohamed Sidi Mohamed est bel et bien conseiller spécial du président de l’Assemblée nationale, le parlement a toutefois tenu à dégager toute responsabilité dans cette gravissime affaire. Quant au gouvernement, on attend toujours sa réaction officielle. Un sésame qui lui permet de s’adonner facilement au trafic de drogue. 800 kilos de cocaïne, cela fait près de 17 milliards de francs CFA. Pour le compte de qui Mohamed Sidi Mohamed travaille-t-il ? Présenté, aujourd’hui, comme un Malien, l’intéressé est pourtant en possession d’un passeport nigérien et d’une carte de conseiller spécial du président de l’Assemblée nationale. Rien de plus officiel ! Il est donc, soit naturalisé nigérien avant d’être possesseur légitime d’un passeport nigérien, soit il est membre du cartel international de la drogue homme de main d’acteurs bien placés au Niger. Sur son passeport, il est né à Tchintabaraden, dans la région de Tahoua. Aujourd’hui, à l’occasion de son arrestation à Bissau, les Nigériens découvrent, selon le témoignage d’un certain Abdou Pagoui sur les réseaux sociaux, que son vrai nom est Hamadana et qu’il est né à Tabankort, à 200 kilomètres au nord de Gao, chez Hanoun Ali et Chrayaf ElChappo du sahel, connus comme les barons de la drogue. Aussi curieux que cela paraisse, ces précisions sont données par un homme qui n’a rien à voir avec la police, encore moins l’Ocris [Ndlr :Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants]. Ce qui veut dire que l’homme, ainsi que ses activités criminelles, sont parfaitement connues à Niamey.

Qui a fourni tant d’informations à Abdou Pagoui pour qu’il accepte de porter ce témoignage qui pourrait lui coûter cher, demain ?

Selon toujours cette source intéressante à bien d’égards pour la suite de l’enquête policière de la DEA, « Mohamed Sidi Mohamed alias Hamadana s’est installé à Niamey fin 2009 et a évolué dans le commerce des véhicules gros porteurs pour blanchir l’argent de la drogue et utilise ses camions pour faire rentrer en Algérie des tonnes de cannabis et de tramadol par la fraude ». Intarissable, l’homme semble en savoir davantage sur Mohamed Sidi Mohamed et son trafic de drogue puisqu’il indique qu’il est cité comme un acteur majeur dans l’affaire des 2,5 tonnes de cannabis saisis en juin 2018, dans un entrepôt à Niamey. Une opération menée avec usage d’armes à feu, mais dont les autorités nigériennes n’ont jamais présenté les auteurs et complices. Parmi les photos publiées comme étant celles des personnes arrêtées comme l’a fait croire Niamey, Mohamed Sidi Mohamed ou plutôt Hamadana ne figure nulle part. Alors ? L’a-t-on volontairement relaxé pour qu’il continue à vaquer librement à ses activités criminelles ? Abdou Pagoui précise à toutes fins utiles que« Mohamed Sidi Mohamed a trompé la vigilance des autorités en utilisant plusieurs identités pour échapper aux hommes du DGPN ». Qui a fourni tant d’informations à Abdou Pagoui pour qu’il accepte de porter ce témoignage qui pourrait lui coûter cher, demain ?

Les saisies de drogue au Niger sont si fréquentes que ça paraît banal Les autorités bissau-guinéennes ont désormais de quoi défendre leur gombo auprès des grandes puissances occidentales à cheval sur le trafic de drogue. Selon des informations dignes de foi, la Guinée Bissau a régulièrement soutenu que si elle servait certainement de pays de transit, elle n’est pas forcément le refuge des trafiquants de drogue qu’il faut chercher ailleurs. Selon le représentant de l’agence Reuter à Dakar, le Premier ministre Bissau-guinéen a fait la promesse à la DEA (Drug Enforcement Agency) américaine qu’il prouverait cela. L’arrestation, le week-end dernier, de Mohamed Sidi Mohamed est le résultat de quatre mois de filature et d’enquête. Selon le correspondant de Reuter, la drogue saisie est envoyée à Niamey dans des cartons de poissons congelés au Niger avant de partir en Guinée grâce à des complicités au plus haut sommet de la sécurité intérieure. Une révélation qui fait froid dans le dos du côté de Niamey où les Nigériens sont plus que convaincus que le cartel a de beaux quartiers dans leur pays. Personne, ici, ne serait surpris d’apprendre que les 800 kilos de cocaïne saisis à Bissau sont partis de Niamey. À Niamey, depuis huit ans, les saisies de drogue sur des bus de transport immatriculés au Niger sont devenues si fréquentes que c’est devenu banal. Ces saisies, pourtant publiées par voie de presse et à travers les réseaux sociaux par la police nationale, notamment l’Octris [Ndlr : Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants] n’ont presque pas connu de suite judiciaire. Outre que maints conseillers nichés à la présidence de la République, au Cabinet du Premier ministre, à l’Assemblée nationale et même à la DGSE [Ndlr : Direction générale de la sécurité d’Etat]sont cités dans des affaires de trafics de drogue et qu’ils n’ont jamais été inquiétés par les autorités judiciaires nigériennes, le démantèlement d’un vaste réseau, en juin 2018, a été la preuve que des gangsters, magnas du cartel de la drogue, ont fait de Niamey, la plaque tournante de leurs activités criminelles.

Qui sont ces hommes bien placés dans la haute sphère de l’Etat qui servent de couverture à ce trafic de drogue au Niger ?

Niamey ne s’est jamais sentie véritablement en devoir de lutter contre le trafic de drogue. Le Président Issoufou n’en a jamais fait un cheval de bataille et le laxisme observé vis-à-vis des trafiquants découverts est si frappant que les Nigériens se laissent aller à de forts soupçons de complicité au sommet de l’Etat. Les cas Koré Ali, un homme d’affaires et conseiller à la présidence de la République, Sidi Lamine, un député du MPR Jamhuriya ainsi que des agents de la DGSE interpellés brièvement avant d’être remis en liberté, ont fini de convaincre les Nigériens quant à l’étendue des réseaux de complicité dont bénéficient les trafiquants de drogue. Qui est derrière ce trafic de drogue à Niamey ? Ou plutôt, qui sont ces hommes bien placés dans la haute sphère de l’Etat qui servent de couverture à ce trafic de drogue au Niger ? Si l’on ne dispose pas encore de preuves formelles, des pistes sérieuses existent toutefois. La découverte et la saisie par la police, d’un entrepôt où était stockée une dizaine de tonnes de résines de cannabis, a été possible grâce à des renseignements fournis par des hommes qui savent plus que ce qu’ils ont révélé de l’affaire. Le ministre de l’Intérieur, Mohamed Bazoum en particulier est interpellé sur ce fléau qui, dit-il, est la source de financement du terrorisme et du banditisme transfrontalier. Il doit, soutiennent nombre de Nigériens, collaborer à fond avec les autorités américaines de la DEA afin de dévoiler les identités des véritables patrons de ce trafic et tous ceux qui, au Niger, sont impliqués dans ces activités criminelles.

18 mars 2019
Source : Le Courrier

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