Forfaitt-ORANGE-4G

Rencontre d’échanges entre les autorités, les leaders religieux, les ONG et Associations sur la question de la mendicité : Vers un plan d’actions contre le phénomène

Plan d actions mendicite NigerLes membres du Gouvernement, les autorités de la région de Niamey, les leaders religieux, les représentants des ONG et associations qui œuvrent dans le domaine de la lutte contre la mendicité étaient en conclave le jeudi 11 avril dernier dans la salle de réunions de la Communauté Urbaine de Niamey. Objectif : échanger sur toutes les questions liées au phénomène de la mendicité. Un phénomène qui prend de plus en plus de l’ampleur dans toutes les villes au Niger et en particulier à Niamey. 

Au cours de cette réunion qui a duré près de trois heures d’horloge, le ministre de la Renaissance Culturelle, des Art et de la Modernisation sociale M. Assoumana Mallam Issa, la ministre de la Population Mme Amadou Aissata Issa Maiga, le Gouverneur de la Région de Niamey M. Issaka Hassane Karanta, le Président de la Délégation Spéciale de Niamey M. Mouctar Mamoudou et le Procureur de la République Cheibou Samna ont chacun intervenu en langue nationale, pour condamner la mentalité dans la ville de Niamey et surtout la façon de mendier. D’après eux, c’est une mauvaise pratique qui va à l’encontre de nos valeurs et qu’il est temps d’arrêter cette dérive. Ils ont longuement discuté sur ce phénomène social et ont invité l’ensemble des acteurs à mettre en commun les idées, les réflexions et les solutions à envisager pour éradiquer cette pratique. Ils ont tour à tour posé un certain nombre de questions, apporter des réponses à ces questions en vue d’établir un plan d’actions pour pouvoir durablement trouver des solutions justes, des solutions équitables au phénomène de mendicité dans la ville de Niamey et au-delà dans l’ensemble du pays.

Les chefs des quartiers, les leaders religieux, les notables, les acteurs de la société civile, les représentants des ONG et associations qui œuvrent dans le domaine étaient également massivement présents à cette rencontre. Chacun a tenu à apporter sa contribution, son éclairage, son point de vue pour le bien être de la population. A tour de rôle, ils se sont prononcés qui pour éclairer davantage l’assistance sur le concept, sur ce que dit la religion musulmane au sujet de la mendicité ; qui pour détailler les causes de cette mendicité, notamment les pratiques, les formes et les types de mendicité. Mais, ces intervenants ont, à l’unanimité, déploré cet état de fait, tout en condamnant les dérives liées à la mendicité et les complicités qui se créent autour de cette pratique. Ils se sont interrogés sur les mesures à prendre à l‘encontre de ceux qui sont complices et des populations qui, dans une certaine mesure, encouragent cette pratique.

Les oulémas, les chefs religieux chacun dans sa sphère de compétence ont fourni des explications avec comme preuve ce que la religion prévoit sur cette question de mendicité. « La mendicité est un comportement qui ne colle pas avec nos valeurs, c’est un comportement qui ne colle pas avec le bon fonctionnement de la ville. La présence des mendiants dans les rues, au niveau des restaurants, des carrefours, des pharmacies, des marchés, dans les mosquées, etc. entrave beaucoup le  fonctionnement de la ville. Cela est une dérive qui comporte des risques pour ceux qui pratiquent la mendicité, mais aussi pour les usagers de la route, et pour toute la population et cela mérite d’être discuté entre nous » a dit en substance le Président de la Délégation spéciale de Niamey. M. Moctar Mamoudou a précisé que des efforts importants sont en train d’être faits pour l’embellissement de nos villes. « Il faut qu’il y‘ait une harmonie par rapport au fonctionnement de notre société. La mendicité a un impact défavorable à l’embellissement de notre capitale surtout que notre pays va accueillir bientôt le sommet de l’Union Africaine » a-t-il dit

Le procureur de la République Cheibou Samna a, de son côté éclairé l’assistance sur  ce que la loi permet dans ces circonstances. Il a expliqué des textes de loi notamment les articles : 179, 180, 181,182 du code pénal nigérien. Ainsi déclare-t-il, l’article 179  stipule que toute personne qui aura été trouvée, mendiant dans un lieu public ou privé sera punie d’un emprisonnement de trois (3) à six (6) mois. L’article 180 stipule qu’aucune peine ne pourra toutefois être prononcée contre les vieillards de plus de 60 ans et les infirmes. Et l’Article 181 : (loi N° 63-3 du 1erfévrier  1963) stipule que les parents de mineurs de moins de 18 ans se livrant  habituellement à la mendicité, tous ceux qui les auront invités à mendier ou qui en tirent sciemment profit seront punis d’un emprisonnement de 6 mois à 1 an. Le Procureur de la République a également parlé de l’article 182 qui stipule que toute personne membre d’une association de mendiants sera punie d’un emprisonnement de un (1) à deux (2) ans.

Après les interventions des organisateurs de la rencontre, les représentants des ONG et Associations ont expliqué les causes de la mendicité, parmi lesquelles on peut citer la pauvreté, l’ignorance de la population vis-à-vis des percepts religieux, la recherche du gain facile, la démission des parents, le handicap et la vieillesse. A cela s’ajoutent les facteurs socioculturels, le manque d’emploi, le veuvage, etc. Avec des exemples bien précis, les représentants des ONG et associations ont expliqué qu’il ya trois catégories de mendiants : les valides qui sont les jeunes talibés, les enfants des personnes en situation de handicap et les ‘’exodants’’. Il y’ a aussi Les non valides dont les personnes handicapées (hommes, femmes et enfants) et les personnes âgées sans soutien. Sans oublier ce qu’on appelle les mendiants circonstanciels

Les représentants des ONG et associations ont esquissé des pistes de solutions pour éradiquer ce phénomène social qui est devenue une préoccupation majeure pour l’ensemble de la population. Pour eux, ces stratégies de réduction de la mendicité se résument à la création d’emplois, à la formation professionnelle, à la sensibilisation des populations, à la répression du phénomène et surtout l’à institutionnalisation de l’enseignement coranique. En termes d’actions à mener, ils ont souligné la nécessité de créer des activités génératrices de revenus, de responsabiliser les parents, de sensibiliser les mendiants par les religieux, d’organiser des retours en famille des mendiants valides. Les représentants d’Ong ont aussi recommandé la création d’un centre  d’accueil  de mendiants et l’adoption d’un arrêté interdisant la mendicité au niveau des feux optiques et des carrefours.

Aïssa Abdoulaye Alfary (ONEP)
15 avril 2019
Source : http://lesahel.org/

Imprimer E-mail

Société