Centre de réinsertion socio-économique de Goudoumaria (Diffa) : Sortie officielle de la 1ère vague de 110 éléments réhabilités de Boko Haram

Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières et Religieuses, M. Mohamed Bazoum, a présidé, le samedi 7 décembre 2019 au Centre de Réinsertion de Goudoumaria, la cérémonie officielle de sortie de la 1ère vague des éléments réhabilités (repentis) de Boko Haram. Cette cérémonie a enregistré la présence des Ambassadeurs de l’Union Européenne et des Etats Unis ; du député Moussa Abari, du Gouverneur de la Région de Diffa M. Issa Lémine, du président du Conseil Régional, du Représentant Résident par intérim PNUD, celui de l’OIM, des représentants des Gouverneurs des Etats fédérés de Yobé et de Maidougouri (Nigeria), du président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP), des maires, des chefs traditionnels, des cadres centraux des Ministères de l’Intérieur et de la Justice, du responsable de l’ONG Serach For Common Ground, des responsables régionaux en charge de la Sécurité, des Directeurs régionaux, des représentants des partenaires au développement et de plusieurs autres invités.

Cette première vague des éléments réhabilités est composée de 110 éléments repentis de Boko Haram. Dans son discours à cette cérémonie, le ministre en charge de l’Intérieur a rappelé que cette initiative a été lancée le 28 décembre 2016 par lui-même à l’occasion d’un meeting tenu au Stade régional de Diffa. Depuis lors, a-t-il poursuivi, le Gouvernement a déployé des efforts substantiels pour accueillir les éléments ayant décidé de faire la réédition. Au début, ces éléments repentis étaient logés dans des villas dans la ville de Diffa avant d’être transférés dans le centre de Goudoumaria qui a ouvert ses portes en Juin 2017.

Depuis lors, le Centre a pu accueillir, selon le ministre Bazoum, jusqu’à 240 personnes associées à Boko Haram, comprenant des femmes, des enfants et des personnes d’autres nationalités, toutes prises en charge par l’Etat du Niger et des partenaires. Dans ce Centre, les éléments ont suivi le profilage par le service central de lutte contre le terrorisme de la Police et les dossiers qui en sont issus ont été examinés par la justice en vue de les traiter conformément aux dispositions légales de notre pays. Le ministre d’Etat Bazoum Mohamed de rappeler que le Gouvernement a, auparavant, mis en place la base légale de l’opération en adoptant une loi modifiant le code pénal pour permettre de prendre en compte le cas de ces éléments de Boko Haram en réédition.

Les activités de déradicalisation ont été initiées par le Ministère de l’Intérieur avec une formation religieuse avant d’être amplifiées par le PNUD et l’ONG Serach for Commond Ground. D’ailleurs dans le cadre de la formation professionnelle, deux ateliers ont été construits et équipés avec l’appui du PNUD. L’ONG Serach for Common Ground a, quant à elle, mis en œuvre des programmes de formation dans neuf (9) filières au profit des ces éléments repentis. Le ministre Bazoum Mohamed, d’ajouter que le résultat de ce long processus de déradicalisation et de réhabilitation a aujourd’hui produit des résultats. « Ces 110 personnes sont prêtes à reprendre leurs places dans leurs communautés respectives et mener une vie normale », a-t-il déclaré. Il a précisé que sur ces 110 personnes 47 sont de nationalité nigériane. « Ces éléments réhabilités qui seront très bientôt réinsérés ont été évalués sur le plan psychosocial et dans leur domaine de formation professionnelle par des spécialistes pour s’assurer qu’ils ont les profils adéquats pour vivre normalement dans leurs communautés d’accueil », a rassuré le ministre d’Etat en charge de l’Intérieur.

Dans ce cadre, ces éléments réhabilités recevront une attestation de sortie certifiant qu’ils ont suivi, avec succès, le processus de deradicalisation et de réhabilitation et qu’ils représentent un faible risque pour la société. Enfin, le ministre Bazoum Mohamed a souligné que ces éléments s’engageront de leur coté à ne pas poser ou être complices d’actes terroristes, à travailler pour la paix et la sécurité dans leurs communautés, à respecter les lois et règlements de la République. « Cet engagement, ils le prendront à travers une prestation de serment sur le Coran », a précisé le ministre d’Etat.

Auparavant, le Gouverneur de la région de Diffa a souhaité la bienvenue aux participants. Pour M. Issa Lémine la présence effective des différents acteurs à cette cérémonie, dénote de l’intérêt qu’ils portent sur la question de la paix, de la cohésion sociale et de la sécurité.

Pour leur part, le Représentant du PNUD, l’Ambassadeur de l’Union Européenne et celui des Etats Unis ont tous salué cette initiative qui constitue un cadre privilégié pour la sauvegarde et la promotion de la cohésion sociale. Aussi, ils ont réaffirmé leur ferme volonté à accompagner l’Etat du Niger dans tous ses programmes touchant à la question de la sécurité.

Mato Adamou ONEP Diffa

09 décembre 2019
Source : http://www.lesahel.org/

Imprimer E-mail

 #findesviolencesfaitesauxfemmes#findesviolencesfaitesauxfemmes

 

Société