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mercredi, 12 mars 2008 20:07

Quel avenir pour le football nigérien?

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S’interroger sur l’avenir du football nigérien ne saurait être un exercice difficile pour tout observateur attentif de ce sport, tant l’actualité brûlante nous fournit d’éléments capitaux pour mener une telle réflexion. En effet, engagés dans les

 

Imagecompétitions africaines, les deux représentants du Niger, à savoir le Sahel Sporting Club, champion 2006-2007, et l’AS. FNIS, détenteur de la Coupe Nationale édition 2007, ont été lamentablement éliminés dès le premier tour sur des scores de hand-ball ! Qu’est-il donc arrivé au football nigérien pour devant cette débâcle humiliante dont on pourrait penser que le temps était à jamais révolu ? Les années de crise. 

Pendant tout le temps que le football nigérien chancelait, après les années glorieuses du MENA de Moussa Kanfidéni, Mamane Ali dit Atcha et autres, l’on avait cru déceler les causes du malaise dans la structure dirigeante même qui avait en charge la mission de gérer ce sport, à savoir la Fédération Ni de Football. Cette analyse était en grande partie vraie. Conscients de cela, la plupart des acteurs du foot nigérien s’étaient convenus de ce triste diagnostique et de l’ordonnance médicale qu’il fallait administrer à ce malade qu’est notre football. Mais les choses, à la pratique, ne semblaient pas aussi simples comme on pouvait l’imaginer, dans la mesure où, le redressement du foot nigérien était devenu dans ces années-là beaucoup plus une affaire de rapport de forces que d’une nécessité impérieuse de sauver toute une jeunesse dont les errements de certains dirigeants insouciants risquaient d’assombrir les horizons à l’aune de leur incompétence devenue notoire aujourd’hui. Ainsi, presque durant une décennie, une profonde crise au sein des instances dirigeantes de la Fédération Nigérienne de Football avait sévi, hypothéquant pendant des années les maigres chances qui s’offraient à nous pour prétendre à un football rayonnant. Cette soif d’aggiornamento de notre football avait rencontré d’énormes obstacles, dérivant sur un problème de personnes, c’est à dire, une sorte de querelle entre le Président de la FENIFOOT Amadou Hima Souley et certains dirigeants du monde footbalistique nigérien. L’intransigeance des deux blocs n’avait pas manqué de déteindre sur l’ensemble de notre football, lorsque la FIFA s’était vue dans l’obligation de suspendre notre pays de toutes les compétitions internationales, créant une situation qui mettait notre football dans un système de vase clos ! C’était dans ces conditions que s’était tenue l’Assemblée Générale Elective du 06 Août 2005, sous les auspices de la FIFA, pour mettre en place un nouveau Bureau fédéral. Il faut préciser que deux candidatures étaient en lice, le Président sortant Amadou Hima Souley et Diallo Amadou. Le vote final des délégués donna la victoire à la liste conduite par Diallo Amadou. C’est ainsi qu’un nouveau Comité Exécutif fut mis en place.

Comme on le dit souvent, la critique est facile, mais l’art est difficile. On avait pensé qu’avec l’arrivée d’une nouvelle équipe dirigeante l’espoir serait conjugué au présent, qu’on avait tiré toutes les leçons du passé pour bâtir un futur meilleur, qu’on allait asseoir une nouvelle politique footbalistique susceptible de jeter les jalons d’une renaissance à long terme de notre football, bref, que tout simplement le ballon allait rouler sur le gazon, dans la mesure où, désormais, chacun devait regarder dans le même sens. Cependant, avions-nous été trop optimistes, trop rêveurs ? Peut-être oui, hélas. Naïfs, nous le fûmes, car nous n’avions pas pris part à ce combat dans ces mêmes colonnes pour ce triste résultat.

Une équipe dirigeante incompétente Aussitôt installée, la nouvelle équipe de Diallo Amadou s’était fourvoyée dans une mauvaise définition des objectifs qu’elle devait atteindre. En effet, il était devenu très patent que le redressement de notre football était une tâche de longue haleine, tant la plaie était profonde. Pour cela, l’on avait pensé que cette équipe dirigeante ne manquerait pas d’imagination et d’esprit d’initiative pour redresser une situation largement chaotique dans laquelle végétait notre football depuis des années. Voilà tout d’abord une équipe dirigeante qui avait montré beaucoup de solidité et de cohésion dans le combat pour changer la direction de la FENIFOOT, mais qui, une fois aux commandes , tomba dans les travers mesquins de la division qui fit apparaître, un moment, le Comité Exécutif comme un agrégat d’intérêts individuels où chacun essayait de tirer la couverture sur soi. Le triste épisode de l’affaire UFOA reste encore dans nos mémoires ! Aujourd’hui, de persistantes rumeurs circulent sur des actes de zizanies entre membres du CE dignes d’un feuilleton policier ! Pendant ce temps, le Ministère en charge du Sport piloté par l’inénarrable Abdouramane Seydou reste en veille sur sa montagne d’incompétence naturelle, comme si, quelque part, il se rendait complice de ce banquet funeste digne d’un conte philosophique de Voltaire ! Ce vaste chantier de reconstruction, de refondation même, devrait passer par l’organisation d’un championnat national digne de ce nom, propre, élitiste, à même de stimuler les talents que regorge ce sport. Hélas, à quoi avonsnous assisté réellement ? C’est tout simplement la précipitation, l’amateurisme et un manque d’imagination créatrice pour se fixer des objectifs clairs et réalistes et se donner les moyens de les atteindre. La plus grosse bêtise aura été cette obsession qui s’était emparée de l’équipe dirigeante actuelle qui consistait à se qualifier mordicus pour la CAN 2008 par tous les moyens. Dans cette folie obsessionnelle, on avait recruté un sulfureux{sidebar id=1} sélectionneur national en la personne de Tchanilé Bana, dont la mauvaise réputation n’avait d’égale que son incompétence ! Renseignez-vous sur son compte au Sahel, à la JSTet partout où il traîna sa bosse ! Obnubilés par cette tentative de qualification, les dirigeants de la FENIFOOT donnèrent carte blanche à ce sélectionneur pour constituer un MENA de mercenaires, sans foi ni lois, dont le seul lien avec le Niger demeurait le seul passeport de service ! Le résultat final de ce beau gâchis est à présent connu de tous : lamentablement , la queue entre les jambes, la biche du Niger fut dévorée en pleine savane ! En plein milieu du parcours, Tchanilé fut congédié pour insuffisance de résultats. A la place de Tchanilé, Hamey Djibo, son adjoint, fut prié de terminer le restant des éliminatoires de la CAN. Contrairement au Togolais, le nouveau coach se résolut à constituer enfin un MENA vraiment ‘’national’’, c’est à dire une équipe nationale composée uniquement de joueurs nigériens ! C’est cette équipe qui représenta notre pays au tournoi de l’UEMOA en novembre 2007 à Ouaga où elle avait terminé deuxième, après la Côte d’Ivoire. Ce demi succès ou ce demi échec, c’est selon, montre que, si besoin en est, on peut faire confiance à nos talents nationaux, à condition de les mettre dans de bonnes dispositions pour défendre valablement les couleurs nationales. En voilà pour le triste feuilleton du MENA. La deuxième grosse bêtise de la FENIFOOT aura été la mascarade de l’Assemblée Générale Ordinaire tenue à Maradi en 2007 qui avait consisté à augmenter, sans aucune analyse préalable, le nombre de clubs de première division qui passait de seize à vingt, créant ainsi, pour la première fois, un championnat sans relégation, alors même que des rencontres pour la montée en première division avaient été organisées ! Déjà qu’avec seize clubs, les autorités fédérales se plaignaient du coût du transport, du déséquilibre dans certaines rencontres, voilà qu’elles se tirent, comme un idiot, une balle dans le pied en ramenant tout le monde en première division, sachant pertinemment que certains clubs ne disposent que d’infrastructures de fortune. Résultats : incapables de démarrer le championnat national à temps, les autorités fédérales jetèrent tout simplement le Sahel et l’AS FNIS en pâture dans les joutes africaines sans un seul match de championnat dans les jambes. Evidemment, il n’y eut point de miracle, la débâcle de ces deux équipes fut à la mesure des inconséquences des dirigeants de la FENIFOOT !

La troisième grosse bêtise aura été celle de la formule du championnat 2008-2009, avec la répartition arbitraire des vingt clubs en quatre groupes de cinq. Ainsi, les neuf clubs de Niamey plus Tillabéri constitueront deux groupes de cinq, Lada de Diffa, Espoir et AZAF de Zinder, les deux clubs de Maradi, Jangorzo et Dan Baskoré formeront une poule tandis que, les deux clubs miniers d’Agadez, Akokana et Urana, plus les deux clubs de Tahoua à savoir Malbaza et Dan Gourmou auxquels on ajoute l’Entente de Dosso constitueront une autre poule. Au total, nous aurons quatre groupes de cinq. Chaque groupe aura à disputer des rencontres aller-retour, à l’issue desquelles les deux premiers de chaque poule seront qualifiés pour une sorte de super division composée de huit équipes pendant que les autres qui auront été éliminées dans les compétitions de poule verront leur saison terminée au bout, seulement de quelques matchs ! Il faut dire ici qu’avec cette formule, parmi les clubs recalés, combien seront en mesure de continuer à s’entraîner et à entretenir une équipe, c’est à dire payer des salaires aux joueurs et autres encadreurs ? Cette question est importante, dans la mesure où, même en temps normal, certains clubs éprouvent des difficultés pour honorer leurs engagements vis-à-vis de leurs joueurs et encadreurs. Qu’a-t-on prévu au niveau de la FENIFOOT pour occuper ces clubs afin qu’ils ne tombent point dans la déshérence ? Mais le comble du ridicule sera atteint avec la stupide décision de toujours maintenir (par charité peut-être ?) les régions de Diffa et Tillabéri en première division et ce, quels que soientt les résultats de Lada et AS Sonintcha, en les remplaçant, de manière rotative, par d’autres clubs de D II desdites régions ! Vous aurez remarqué au passage qu’on ne parle guère de relégation, comme s’il s’agissait du festival national ou de la lutte traditionnelle où toutes les régions du Niger doivent être représentées ! Avonsnous fait l’option d’un football de masses en lieu et place d’un football d’élites ? La question mérite d’être posée pour des dirigeants sportifs qui ambitionnent d’inscrire le Niger au palmarès des grandes nations de football. A l’allure où vont les choses, on peut en douter sérieusement. Que vaudra un championnat de copinage et de complaisance face à Didier Drogba, Samuel Eto’o et autres ? Sachez que dans quelques mois, nous serons en face de l’Angola du redoutable Manucho pour le compte des éliminatoires de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud jumelés avec la CAN de la même année au pays de Dos Santos !

Une chose demeure sûre cependant : l’imagination manque cruellement à la FENIFOOT. Pourtant, tous ne sont point incompétents au regard de leur expérience du passé. C’est le cas de Oumarou Diambeidou, ancien Président du SSC pendant plus de 20 ans, avec un palmarès de gestionnaire éloquent, et celui de Ibrahim Waly Karingama, un homme extrêmement rigoureux et cohérent dans sa démarche. D’ailleurs, compte tenu des rapports amicaux qui nous lient, nous avions même demandé, à ceux pour lesquels nous cultivons un respect, de démissionner pour ne pas se rendre coupables d’une gestion très approximative de la FENIFOOT.

Qu’est-il donc arrivé au Niger contemporain au point de faire le triste constat suivant : on regrette toujours, dans tout ce que nous entreprenons, l’absence du devancier, du prédécesseur ?

Ayouba Karimou

12 Mars
Publié le 11 Mars 2008
Source: L'Opinions

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Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15