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dimanche, 12 décembre 2010 15:32

32ème édition du championnat national de lutte traditionnelle à Tillabéry : promesse de vivre des temps forts de lutte

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Après la région de Zinder l'année dernière, celle de Tillabéry accueillera, du 17 au 26 décembre prochain, la 32ème édition du championnat national de lutte traditionnelle. Les 80 lutteurs issus des huit régions du Niger se donnent une nouvelle fois rendez-vous dans la capitale de la région du fleuve pour  rivaliser dans la joie, la fraternité et le fair-play, avec en toile de fond, la conquête du sabre que détient depuis la précédente édition qui a eu lieu en 2009 à Laminou Maidaba d'Agadez.

Comment cette 32ème édition est-elle entrain d'être préparée ? Le directeur du Sport de Haut Niveau au Ministère de la Jeunesse et des Sports, M. Yacouba Abdou, nous a confié que dès l'annonce de l'accord, il a été mis en place au ministère de tutelle, un comité national d'organisation qui regroupe le Ministère de la Jeunesse et des Sports, la Fédération Nigérienne de Lutte Traditionnelle, et la région hôte.

Cela s'est matérialisé par un arrêté, devait-il ajouter. ‘'Nous avons entrepris une première mission préparatoire au niveau de la ville de Tillabéry. Une mission qui nous a permis d'avoir une séance de travail avec les représentants de la région, ainsi qu'une série de visites, notamment à l'arène et aux différents lieux d'hébergement des délégations qui prendront part à cette compétition. Nous avons également saisi toutes les régions pour leur annoncer la tenue de la manifestation en leur donnant un chronogramme à titre indicatif, par rapport aux éliminatoires cantonales, départementales et régionales'', a indiqué le directeur du Sport de Haut Niveau.

Il devrait ajouter qu'à l'heure actuelle, toutes les régions du pays ont presque fini leurs éliminatoires régionales, et détiennent la substance de leurs représentants. Concernant les ressources financières, M. Yacouba Abdou a souligné que le Ministère de tutelle a écrit au Ministère de l'Economie et des Finances qui a accepté le budget proposé.

‘'Nous avions entrepris parallèlement la recherche des ressources additionnelles en organisant un dîner de gala. Ce dîner de gala rentre dans le cadre d'une meilleure prise en compte des conditions des lutteurs, ainsi que des conditions de déroulement de la manifestation. Pour cette 32ème édition, nous avons l'ambition de rehausser l'enveloppe qui accompagne le sabre du champion. En rehaussant l'enveloppe qui accompagne le sabre, nous essayons d'élever la concurrence et d'enrayer la triche. Pour le moment, il n'y a rien de définitif à ce sujet, mais nous sommes entrain de faire de la mobilisation des ressources, pour que conformément au vœu du ministre de la Jeunesse et des Sports, les lutteurs puissent retourner chez eux satisfaits de leur participation au championnat.

C'est un projet cher au Général de Brigade Mai Manga Oumara. Le ministre entend apporter d'autres innovations encore. Nous voudrions que tous ceux qui seront approchés puissent nous accompagner de façon à ce que l'on gratifie le peuple nigérien de combats de qualité'', a indiqué M. Yacouba Abdou. Il devait rappeler que lors du dîner de gala tenu à l'hôtel Gawèye de Niamey, le ministre de la Jeunesse et des Sports a lancé un appel pour que les partenaires puissent l'aider à faire en sorte que les lutteurs, qui arrivent de toutes les régions, rentrent satisfaits de leur participation. ‘'Il ne faut pas faire la part belle seulement à celui qui gagne le sabre; mais il faudrait que chacun des 17 lutteurs de chaque région, rentre chacun chez lui avec un cachet. Nous avons eu un premier partenaire, Airtel Niger.

C'est le partenaire officiel du championnat. D'autres partenaires se sont également annoncés, et actuellement les négociations et les inscriptions continuent au niveau de la commission marketing et sponsoring. L'innovation à ce niveau est que cette commission regroupe en son sein, outre le ministère de tutelle, la région hôte et la Fédération Nigérienne de Lutte Traditionnelle. Nous avons fait comprendre à toutes les parties que l'organisation du championnat n'est pas l'apanage du seul Ministère de la Jeunesse et Sports.

Mais que c'est le comité national qui travaille à sa réalisation. Donc, partout où les choses doivent se faire, elles se font d'un commun accord avec tout le monde. Les réunions se tiennent concomitamment avec la région de Tillabéry, aussi bien à Tillabéry qu'à Niamey. Quand il y a une réunion, nous faisons en sorte que le gouverneur ou son représentant soit avec nous, afin  que nous soyons au même niveau d'information. Il n'y a aucun problème et tout se passe bien ‘', a dit le directeur du Sport de Haut Niveau. Il devait enfin donner toutes les assurances que Tillabéry sera fin prête pour le 17 décembre, cela d'autant plus que l'essentiel du travail a été fait.

Oumarou Moussa


Lutte traditionnelle : les rois des arènes

 

De gauche à droite Kadadé et Balla Kado
En 31 éditions du championnat national de lutte traditionnelle, le Niger a produit de grands champions, de redoutables lutteurs dont la renommée est allée au-delà de nos frontières. Les rois de l'arène sont devenus de véritables mythes vivants, aimés et adulés par un peuple qui raffole de leurs exploits.








Sur cette liste des géants de notre lutte figurent en bonne place : 
Salma Dan Rani
Naroua Sanou
Balla Harouna
 Oumarou Bidingaou
Laminou Maidaba
Harouna Abdou


Kantou de Maradi, quadruple champion national,

Balla Harouna de Zinder, trois fois champion national,

Salma Dan Rani de Dosso, deux fois champion national,

Balla Kado de Zinder, deux fois champion national,

Labo Maïkafo de Maradi, deux fois champion national,

Mahamadou Idi (alias Commando) de Tahoua, deux fois champion national,

Badamassi Alassane de Zinder, deux fois champion national,

Langa-langa de Zinder, une fois champion national,

Issoufou Aboubacar de Tahoua, une fois champion national,

Kassou Kazouga de Tahoua
, une fois champion national,

Sani Moumouni de Maradi, une fois champion national,

Ada Masko de Maradi, une fois champion national,

Maïdaré dit Kataki de Tahoua, une fois champion national,

Naroua Sanou de Niamey, une fois champion national,

Mahamadou Abdoulkarim de Niamey
, une fois champion national,

Issa Gazagourou de Tahoua
, une fois champion national,

Hassane Adamou de Tahoua, une fois champion national,

Oumarou Bindigaou de Maradi, une fois champion national,

Abdou de Tahoua, deux fois champion national,

Laminou Maidaba, d'Agadez
, deux fois champion national.


En plus de ces champions, il y a eu des grandes gloires qui ont fait vibrer nos arènes, mais qui n'ont malheureusement pas eu la chance de remporter le sabre.

Kadadé de Tahoua
est assurément l'une des figures emblématiques de notre lutte dont le nom n'a jamais figuré dans la liste des champions.

Cependant, il reste et demeure un redoutable lutteur ayant marqué l'histoire du championnat national. C'est également le cas de Chatima Talba de Diffa, Salami Mato d'Agadez, Chaïbo Maty de Zinder, Sayadi Hassoutane de Tahoua, Oumarou Sabon Karfi de Tahoua, Dari Worno de Maradi, Nouhou Moumouni de Dosso, Barmou Laley de Tillabéri, Aboubacar Djibo d'Agadez.


Lutte traditionnelle : une remarquable évolution


Dans exactement une semaine, la région de Tillabéry  accueillera la 32ème édition du championnat national de lutte traditionnelle. En rappel, il y a une année de cela, les quatre-vingt lutteurs sélectionnés des huit régions du pays s'étaient donné rendez-vous dans la capitale du Damagaram.

A l'issue des différentes confrontations, Laminou Maidaba d'Agadez avait remporté le sabre, se succédant à lui-même. Chaque année, l'enthousiasme et l'engouement que suscite cet événement ne font que croître, preuve que ce sport - frappé du label de «Roi» au Niger - compte des millions d'admirateurs. Mais, il aura fallu beaucoup de temps pour que ce sport, qui tire toute sa popularité des vertus qu'il incarne, soit hissé sur la scène nationale et même internationale. Car, il faut bien le noter, au Niger, la lutte traditionnelle fait partie des valeurs ancestrales les plus profondes.

En effet, la plupart des communautés de l'espace nigérien de l'époque pré-coloniale connaissent la pratique ludique de la lutte avec des variantes en fonction des régions. Les rencontres, qui opposaient les jeunes des quartiers et des villages, se déroulaient sur la place publique ou devant la cour du chef, sous la supervision des responsables de la jeunesse (Maï samari), des commerçants jouant le rôle de managers pour les lutteurs.

Le calendrier des rencontres est établi suivant les cycles de moissons ou de transhumance. A l'issue des combats, un «roi» ou le champion de la région est désigné. Quand la renommée d'un lutteur dépasse les limites de sa contrée, des tournées sont entreprises pour lui rendre visite, le vaincre ou se faire battre dans une atmosphère de joie et de gaieté. Selon le directeur technique national de la Fédération nigérienne de lutte traditionnelle, M. Malam Barka Akoda, auteur d'une étude sur la question, les pouvoirs nationaux issus de l'indépendance dans les années 1960 se sont très peu intéressés au développement des pratiques sportives traditionnelles, les reléguant, comme leurs prédécesseurs, aux oubliettes.

Il aura fallu la dernière édition de la semaine de la jeunesse, en 1973, pour que la lutte fasse partie du programme de cette grande manifestation nationale. Il faut dire que la lutte a connu son envol au Niger à partir de 1975, lorsque le gouvernement de l'époque, sous la férule du Conseil Militaire Suprême (CMS), a inséré dans son programme l'organisation successive, dans chaque chef-lieu de département, d'un championnat de lutte traditionnelle. L'objectif recherché par les gouvernants de l'époque était d'abord le renforcement de l'identité et de l'unité nationales et ensuite la cohésion sociale et la mise en place d'infrastructures destinées à la lutte.

Pour atteindre ces objectifs, les autorités ont entamé une réforme et la mise en place des instances pouvant prendre, en concert avec le ministère, l'organisation de ces championnats. C'est ainsi qu'une association des lutteurs vit le jour par ordonnance présidentielle N° 7511/PCMS du 13 mars 1975.

Cet acte confirme la vision du régime qui veut que la lutte traditionnelle soit un facteur d'unité nationale et de l'affirmation de l'identité culturelle des Nigériens. Elle est devenue une grande manifestation culturelle et sportive qui mobilise tout le pays : les pouvoirs publics, les lutteurs, les différents animateurs, les techniciens, les spectateurs, les auditeurs, les téléspectateurs, les sponsors. Chacune de ces composantes joue un rôle précis et complémentaire.

Dans le souci d'assurer une pérennité à la pratique de ce sport, les autorités ont cassé la tirelire pour mettre en place des infrastructures au niveau de tous les chefs-lieux de région. Il s'agit des arènes dont les coûts de construction varient de 80 millions de francs CFA à 250 millions de francs CFA. Ce qui fait que de 1975 à nos jours, la lutte traditionnelle a connu dans notre pays une évolution positive. Le Niger est devenu un des plus grands pays de lutte à l'échelle mondiale.

Selon M. Malam Barka Akoda, ‘'plusieurs initiatives ont renforcé la place de la lutte traditionnelle dans la société nigérienne. A titre d'exemple, il y a l'adoption d'un règlement structuré, l'insertion de la lutte, préconisée depuis 1989, dans les programmes d'éducation physique et sportive; et surtout la recommandation du séminaire de Dosso, tenu du 10 au 14 août 1989, sur la définition d'une politique sportive au Niger, qui a demandé la consécration de la lutte traditionnelle comme sport national.

Dans sa volonté de ‘'sportivisation'' de la lutte, la Fédération nationale de lutte traditionnelle et le ministère chargé des sports ont réussi à adopter un règlement qui leur a permis d'organiser, depuis 1982, des rencontres bilatérales avec le Sénégal.

En 1987, un mini tournoi a regroupé la Côte-d'Ivoire, le Niger, le Sénégal et la Mauritanie et, en mai 1989, un tournoi CEDEAO de lutte a été organisé. En 1994, un stage des arbitres fédéraux fut organisé au Niger par la Confédération Africaine de Lutte dont le Niger est membre, et cela en prélude à la 1ère édition du championnat d'Afrique tenue en avril 1995.

Il faut dire que, depuis la date historique de 1975, les gouvernants du Niger ont tenu leur pari d'organiser, de manière rotative, le championnat national de lutte traditionnelle dans toutes les régions du pays. Les seules fausses notes ont été enregistrées en 1985, 1988, 1997, 2004 et 2005 : pour les quatre premières dates, l'événement ne s'était pas tenu en raison de la mauvaise situation alimentaire qu'avait connue le pays et, en 2005, tous les phares de l'actualité internationale étaient braqués sur notre pays qui accueillait les 5èmes Jeux de la Francophonie où la lutte figurait comme sport de démonstration.

Oumarou Moussa

Ecouter

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12 décembre 2010
Publié le 12 décembre 2010
source : Sahel Dimanche




Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15