vendredi, 19 septembre 2014 01:17

Lutte traditionnelle : Le faux jeu du duo…mis à découvert

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Lutte Tradi Niger 1Des sources très proches du ministère de la Jeunesse et des Sports font, depuis quelque temps, état de la réhabilitation du lutteur exclu de Dosso à l’issue d’une enquête de moralité qui a ‘’minutieusement’’ détecté sa ‘’Nigérienneté’’.

Issaka Issaka, dont l’exclusion a été prononcée avec 18 autres lutteurs issus des différentes régions du pays à l’occasion de la 35ème édition du sabre national de Diffa par les six chefs de délégations, est dans les bonnes grâces des deux patrons de la lutte et retrouve ainsi ses places dans les arènes nigériennes.

 

 

L’enquête de moralité semble être la voie privilégiée par le duo Abdoulkarim Dan Malam/Abdoulaye Hassane alors que les textes exigent les pièces d’état civil et d’identité. Les deux ‘’champions’’, qui nous ont servi des manoeuvres au championnat de la capitale du Manga, reprennent du service. Les manipulations prennent davantage forme. On ne sait pas si les investigations ont concerné tous les exclus. L’enquête de moralité, menée par la police, a donné, pour le moment, ses résultats pour le lutteur de Dosso parmi la vingtaine de radiés dont des anciens champions nationaux, indique-t-on.

 

 L’enquête de moralité est-elle une exigence du code de la lutte ou une nouvelle invention des autorités en charge des sports ? On l’ignore. Toutefois, l’article 9, sur la base duquel les sanctions ont été prononcées, est clair. «Pour être qualifié au sabre national, tout lutteur doit présenter un certificat de nationalité nigérienne, une carte d’identité nationale ou un passeport en cours de validité», stipule-t-il.

 

Le temps passe et les masques commencent à tomber. Après leur première manoeuvre, qui a consisté à baliser le terrain au lutteur Yacouba Adamou de Niamey, champion de la dernière édition, le ministre de la Jeunesse et des Sports Abdoulkarim Dan Malam et son complice, le président de la Fé Fédération nigérienne de lutte traditionnelle (Fenilutte) Abdoulaye Hassane dit Abdou Sida, nous viennent avec une nouvelle stratégie à travers la réhabilitation des lutteurs sous sanction d’exclusion après enquête de moralité.

 

La sanction des lutteurs, pour rappel, a soulevé des vagues, notamment au niveau de l’équipe de Maradi qui, devant le refus de la Fenilutte de prendre en compte le certificat de nationalité de certains de ses lutteurs comme Bindigaou, a boycotté le défilé d’ouverture, s’apprêtant même à rentrer au bercail dès le lendemain avant qu’elle ne soit revenue à des meilleurs sentiments grâce aux bons offices des dignitaires de la région. La ligue de Maradi, qui a suspendu sa participation aux compétitions ultérieures de lutte, y compris celles du sabre national, a d’ailleurs saisi les tribunaux pour demander justice dans la situation d’exclusion de ses trois lutteurs Oumarou Ali Bindigaou, Moussa Abdoulaye et Tassiou Ibrahim considérés comme des Nigérians.

 

Depuis plusieurs années, la lutte traditionnelle a perdu son engouement à cause du comportement des différents responsables en charge de la question qui privilégient beaucoup plus la magouille qu’à l’amélioration de ce sport considéré comme roi au Niger. Beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Aujourd’hui, Dan Malam et Abdoulaye Hassane dévoilent leur vrai visage et montrent jusqu’où ils peuvent aller dans les manoeuvres pour saper les bonnes pratiques de ce sport pourtant unificateur, institué par les autorités beaucoup plus soucieuses de la cohésion nationale.

 

Le duo de la lutte est au summum de son échec dans la bonne organisation de la lutte traditionnelle qui commence à ne plus intéresser ses fans. A défaut du départ des deux, Abdoulaye Hassane doit au moins tirer les conséquences de son incapacité à gérer la Fenilutte et rendre le tablier. C’est l’option la plus souple qui s’offre à lui.

Mamane Abdou

19 septembre 2014
Publié le 18 septembre 2014
Source : La Roue de l'Histoire

 

Dernière modification le vendredi, 19 septembre 2014 02:20