vendredi, 13 mars 2015 06:26

Innovations et nouveau code de la lutte : Pour une compétition dans les règles de l’art

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De mémoire de reporter sportif, on n’a jamais vu un Sabre National aussi houleux et controversé que lors des éditions 2012 et 2013 qui se sont déroulées respectivement à Maradi et Niamey.  Ces deux éditions ont été émaillées de graves contestations, souvent allant jusqu’à l’émeute. 

A Maradi en 2012, tout comme à Niamey un an plus tard, la Police Nationale s’est vu obligée d’intervenir pour rétablir l’ordre et la sécurité au sein de l’arène. Des attitudes d’un autre âge qui ont marqué la conscience des Nigériens férus de lutte traditionnelle, et qui ont même suscité une interpellation du ministre en charge des Sports devant la Représentation nationale.
Au cours des échanges dans l’hémicycle, il a été décidé de  prendre le taureau par les cornes en mettant en place un comité chargé de réfléchir sur la lutte traditionnelle.  La mission assignée à ce comité est, d’une part, d’identifier les problèmes que connaît la lutte traditionnelle et, d’autre part, de proposer des solutions. Pour mener cette réflexion, les membres du Comité ont adopté une démarche méthodologique ayant consisté à établir un chronogramme de travail sur une durée de six (6) mois. Après l’adoption du chronogramme, la première action du Comité avait consisté à organiser un débat en plénière à l’issue duquel le comité a  effectué une recherche  documentaire avant de procéder  à l’élaboration et l’adoption  d’un guide d’entretien se rapportant à deux thématiques.
La première thématique, qui est le cadre organisationnel, traite des aspects liés à l’administration et au fonctionnement de la FENILUTTES, à l’organisation du Sabre National et aux infrastructures.
La deuxième thématique qui porte sur le cadre réglementaire prend en compte le code de la lutte, les statuts, le règlement intérieur et le règlement financier de la FENILUTTES.
Ensuite, un guide d’entretien a été administré aux différentes catégories socio-professionnelles à savoir les anciens ministres en charge des sports ; les membres du Bureau Exécutif de la Fédération Nigérienne de Luttes en activité ; les anciens membres de la Fédération ; les anciens directeurs nationaux des sports ; les anciens directeurs techniques et entraineurs nationaux de lutte ; les chefs de services régionaux des sports ; les présidents des ligues ; les chefs traditionnels ; les gouverneurs ; les journalistes et chroniqueurs  sportifs ; les anciens lutteurs et  des lutteurs en activité.
Le comité a relevé les atouts et les faiblesses de la lutte traditionnelle au Niger ; les acquis de la lutte depuis l’instauration du championnat National de la Lutte Traditionnelle devenu Sabre national, mais surtout  les obstacles et difficultés de fonctionnement et d’administration de la Fédération de lutte; les obstacles et difficultés liés à l’organisation du Sabre national ; les causes des incidents  lors de la 34ème édition du Sabre national.
Après  avoir identifié les problèmes qui minent cette discipline, le comité a formulé des propositions. Par ailleurs, pour mettre fin aux incidents tels que vécus lors de la 34ème Edition du Sabre National, le comité a procédé à l’amendement du code de la lutte qui, de toute évidence, souffre d’une mauvaise application et interprétation.
Les parties les plus concernées sont la formule de la compétition, le transfert des lutteurs, le recrutement des lutteurs de nationalité étrangère, le temps des combats, les combats truqués, les sanctions, les arbitres, la composition et le fonctionnement du jury et du  comité ad hoc.
Des  innovations  introduites dans le code de la lutte, on retient notamment que  pour prendre part aux compétitions, le lutteur doit présenter notamment un certificat de nationalité, une disposition prise pour mettre fin au recrutement  des lutteurs de nationalités étrangères qui, de plus en plus, prend de l’ampleur alors que  les compétitions du Sabre national sont  exclusivement réservées aux nationaux; pour le transfert des lutteurs, la périodicité et les conditions ont été clairement définies; en ce qui concerne le combat truqué ou lorsqu’un lutteur donne volontairement la victoire à son challenger, avant la fin du combat, le lutteur perdant est disqualifié et ne peut être remplacé pour la suite du Sabre national. Il est suspendu des compétitions nationales et internationales pour une durée d’un an, et  ne peut en aucun cas prendre  part aux compétitions de la  prochaine année.
En outre, toute chute dont l’action débute  dans l’aire de combat et se termine sur les sacs servant de rempart désormais sera validée contrairement au règlement antérieur. Par ailleurs, des  sanctions sont prévues contre  les lutteurs, les entraineurs, les officiels (arbitres, membres de la table technique, membres de jury, membres du comité chargé de détecter les combats truqués)  et  les dirigeants des structures de la FENILUTTES qui se rendent coupables d’actes susceptibles de provoquer des perturbations dans le déroulement de la compétition.
Une autre innovation, c’est la  non limitation du temps de combat pendant la phase finale comportant les 16ème, 8ème, quart, et demi-finale,  ainsi que les 3ème  et 4ème  places et la finale. Ainsi,  le combat se déroule en autant de  périodes de 10 minutes entrecoupées d’une pause de 2 minutes, jusqu’à la victoire de l’un sur l’autre par une chute ferme. Toutefois, la victoire peut intervenir à tout moment, aussi bien en  cas de fautes graves répertoriées, qu’en cas de refus délibéré de combattre, après trois (3) avertissements verbaux. Le jury,  dont la composition est réduite à  cinq (5) membres, sera désormais présidé par le représentant du Ministère en charge des Sports, avec comme rapporteur le secrétaire général du Bureau Exécutif de la FENILUTTES.
Et dorénavant, pour statuer sur tout cas de litige soumis à leur appréciation, les membres du jury se prononcent par écrit. Le président du jury fait la synthèse des avis en présence des autres  membres et communique publiquement le verdict. Il y a aussi, comme innovation, la  création d’un comité chargé de détecter les combats truqués. Ce comité est composé de neuf (9) membres dont un représentant de la FENILUTTES et 8 anciens lutteurs désignés chacun par sa région.
Quant au comité ad hoc présidé par le  ministre en charge des Sports, il a comme membres  les personnalités  administratives et coutumières de la région hôte et le président de la FENILUTTES. Le  Comité Ad hoc  statue sur appel des décisions rendues par le jury. Il peut  s’autosaisir  et régler tous les litiges qui  surviennent à tous les niveaux du processus du Sabre National.  Ses décisions sont sans appel. Une vulgarisation dudit code a été faite après son adoption.
Oumarou Moussa

13 mars 2015
Source : http://lesahel.org/