vendredi, 07 octobre 2016 03:37

Colonel Major Djibrilla Hima Hamidou dit Pelé, président de la Fédération Nigérienne de Football (FENIFOOT) : ‘’Ces enfants se sont fait plaisir pour montrer au monde entier qu’ils sont à la hauteur de l’enjeu.’’

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Djibrilla Hima H FenifootM. le président, le Mena cadet a signé, le 1er octobre dernier à Libreville, un succès retentissant en se qualifiant à la phase finale de la CAN U17 qui se tiendra à Madagascar en 2017. Quelle est votre lecture de cette prouesse des jeunes de l’équipe nationale U17?

Je pense que le football à la base revient au Niger, contrairement à ce que certaines personnes ont voulu faire croire. Il faut reconnaître que les résultats qu’on a engrangés ces dernières années ont recréé l’engouement autour du football au Niger. Avant, tout le monde sait qu’il y avait de l’engouement pour le football au Niger ; la jeunesse nigérienne jouait, mais à un certain moment, cet engouement s’est essoré avec les crises que la fédération a connues. Les jeunes Nigériens ont même cessé de jouer au football pour ne se consacrer qu’à la belle vie, aux boites de nuit etc. Aujourd’hui, il y a un retour de cet engouement et de l’amour de ce sport en raison des résultats que nous avons engrangés. Et la jeunesse se remet de plus en plus à pratiquer le football, partout au Niger. Je pense que c’est cela qui explique ce résultat des Cadets. Ces enfants se sont fait plaisir pour montrer au monde entier qu’ils sont à la hauteur de l’enjeu. Cela nous rend heureux et fiers.

En tant que président de la FENIFOOT, est-ce que vous vous êtes attendu à une telle prouesse de la part du Mena Cadet ?

Il faut dire qu’on n’est jamais sûr à l’avance des résultats. Le football n’est pas une science exacte ; ce n’est pas une mathématique où les résultats sont clairs. Mais il faut dire qu’avec les résultats que nous avons obtenus contre le Nigeria, et notre match aller face à l’équipe gabonaise, on avait beaucoup d’espoir. Mais étant donné qu’on se déplaçait en terrain adverse, et avec ce qu’on a subi par rapport à l’arbitrage, il faut reconnaître que j’avais vraiment des doutes. Les enfants nous ont montré que tout est possible. Ils ont fait un exploit extraordinaire, parce qu’ils sont allés en terrain adverse pour montrer qu’ils sont au-dessus de l’adversaire, malgré l’arbitrage. Et cela est exceptionnel. Cela prouve à suffisance qu’il y a de la valeur dans notre football. Et il faut leur permettre d’exprimer cette valeur-là.

M. le président, 2017 c‘est dans trois mois. Quelle est la stratégie que vous comptez mettre en place pour une prestation honorable des Cadets à Madagascar ?

Nous avions déjà un projet avec le ministère de tutelle qui est le Ministère de la Jeunesse et des Sports. Le nouveau ministre qui est arrivé avait déjà, lui, fondé des espoirs sur cette équipe et il pensait à la CAN 2019 au Niger. Dans cette optique, le ministre était dans la même logique que nous, et il avait accepté notre principe, et vraiment nos idées concordaient, et tendaient à créer une équipe et l’interner sur les deux années avant la CAN 2019. Dans cette même lancée, on peut considérer que ces jeunes du Mena Cadet vont être internés jusqu’à la CAN prochaine. C’est cela, pour nous, l’objectif. C’est pouvoir les garder au Centre Technique pour la préparation, leur donner des compétitions internationales jusqu’à la date de la CAN cadet. Si nous arrivions à exécuter ce programme, nous pouvons être sûrs d’engranger des résultats positifs. Nous sommes déjà à pied-d’œuvre ; nous nous sommes réunis au niveau du Comité Exécutif, nous avons écrit à la tutelle pour lui expliquer la démarche, et nous attendons de nous réunir avec le ministère pour mettre ce chantier là en route. Mais en ce qui nous concerne, nous Fédération Nigérienne de Football, nous avons déjà mis la machine en route en envoyant les enfants dans leurs familles, en envoyant les encadreurs et nos représentants dans les ligues régionales rencontrer les familles des enfants pour les remercier d’abord et prendre des dispositions pour les regrouper ici au Centre Technique de la FENIFOOT.

La préparation à une Coupe d’Afrique des Nations, quelle que soit la catégorie, nécessite de gros moyens. Est-ce que vous avez des garanties que l’Etat mettra ces moyens à votre disposition ?

Je ne doute pas un seul instant de cela. Le Chef de l’Etat l’a dit en accueillant Alfaga, que tout Nigérien qui brillera et qui montrera qu’il a fait quelque chose au nom du Niger, il l’accompagnera. La preuve est que le Président de la République était en partance pour l’extérieur, mais il a accepté de recevoir le Mena Cadet dans le salon officiel de l’aéroport Diori Hamani. Ce qui est exceptionnel. Donc, je ne doute pas un seul instant que l’Etat va fournir l’effort nécessaire pour accompagner ces jeunes-là. Le politique est conscient de ce qu’ils ont fait comme exploit, et tous les Nigériens applaudissent aujourd’hui pour cet exploit des enfants. Cela est positif, et je pense qu’on ne peut que les accompagner.

Monsieur le président, récemment vous avez préféré désister en retirant votre candidature au Conseil de la FIFA. Qu’est-ce qui s’est passé pour que vous preniez in extremis une telle décision ?

Ecoutez, on est au Niger ; et souvent, malheureusement, les adversaires on les cherche ailleurs alors qu’ils sont à l’intérieur. Pour toute candidature au Conseil, la FIFA initie une enquête de moralité menée par une boite privée qui travaille avec Interpol. C’est pour cela que, si vous avez très bien suivi, des esprits malins se sont mis à produire des journaux pour faire croire que nous avons un dossier en justice et nous salir auprès de la FIFA. Ce qui a engendré une enquête de la FIFA qui a essayé de vérifier. La FIFA nous a donné l’éligibilité en nous disant qu’il n’y a aucun problème. Mais cela n’a pas été fait à temps, puisque nous n’avons eu l’accord de l’éligibilité qu’une semaine avant les élections. Nous avons estimé que nous n’avons pas eu le temps de faire campagne, et vu les circonstances à la CAF, vu les enjeux car ce mandat n’est que pour six mois, nous avons jugé utile, en discutant avec nos camarades, de faire un compromis. Car on reprendra ces mêmes élections dans six mois. Nous avons donc préféré reculer pour mieux sauter ; autrement dit, nous retirer pour mieux nous relancer au mois de mars prochain. Voilà ce qui a motivé le retrait de notre candidature.

La FENIFOOT a scellé un nouveau partenariat avec Airtel Niger pour le championnat national de ligue 1. Est-ce qu’on peut dire que la nouvelle saison sportive s’annonce sous de meilleurs auspices ?

Il faut saluer ce partenariat, et il faut saluer Airtel Niger parce que si on engrange des résultats dans les petites catégories comme les Cadets, c’est parce qu’on a toujours eu le tournoi des jeunes Airtel jeunes talents qui est devenu championnat national des U17 et qui nous permet, depuis trois à quatre ans, de faire des compétitions dans cette catégorie-là. Il faut donc saluer Airtel Niger par rapport à çà, et les saluer doublement parce qu’ils ont accepté de nous accompagner en sachant qu’on avait des difficultés sur le championnat de Ligue 1. Ils ont demandé de leur dire les lignes sur lesquelles ils doivent nous accompagner. C’est notamment en ce qui concerne le transport du championnat, à hauteur de 50 millions de FCFA, le Tournoi Airtel Jeunes Talents à hauteur de 70 millions de FCFA, et la formation des entraineurs. On ne peut dire qu’on a tout ce qu’il faut, mais cela nous permet de pouvoir faire le championnat national sans beaucoup d’inquiétudes cette année.

Le Centre Technique est en plein chantier actuellement. Est-ce que vous pouvez nous confirmer que le président de la FIFA Gianni Infantino sera au rendez pour l’ouverture ?

Absolument ! Je vous le confirme. Lors de la dernière Assemblée générale de la CAF au Caire, le président de la FIFA nous a interpellés pour dire qu’il attend que nous lui donnions le signal. Nous étions gênés en lui disant que nous n’étions pas prêts parce que ce sont les travaux qui nous retardent. Mais il est disponible pour le mois d’octobre et pour le mois de novembre. Donc, la balle est dans notre camp. Dès qu’on finit, on lui fait signe, et il viendra inaugurer ce centre là. Il insiste, il y tient parce qu’il veut voir les travaux que nous avions faits.

Quels sont les travaux de finition que vous menez actuellement dans ce centre ?

C’est l’installation de tout le matériel, notamment l’ameublement de l’hôtel, certaines finitions en plomberie et en électricité, l’aménagement de l’espace vie de la piscine, ainsi que l’aménagement des espaces de jeu. C’est tout ce qui nous retient actuellement. En principe, dès qu’on finit ces travaux, on peut tenir la cérémonie d’inauguration du centre.

Réalisée par Oumarou Moussa

07 septembre 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le vendredi, 07 octobre 2016 06:17