Lutte traditionnelle au Niger : La lutte suscite un vrai engouement auprès des populations

Lutte Championnat Zinder 2017 07Les nigériens renouent avec les combats de lutte après près d’un an d’attente. Depuis le 25 décembre dernier jusqu’au 3 janvier, Zinder la capitale du Damagaram accueille la 39ème édition du Championnat national de lutte qui a vu la participation de 80 lutteurs. Chaque jour, des lutteurs redoutables et imperturbables s’affrontent au grand bonheur des amateurs. Au niveau des carrefours, des centres commerciaux, des tas de groupes de personnes sont concentrés devant le petit écran, tantôt des cris de joie, tantôt des déceptions. Des combats âprement disputés et à quelques heures de la fin de ce tournoi, ils ne restent que quelques invaincus. Cette discipline sportive fait naître des passions, alimente les débats et suscite beaucoup d’engouement chez les Nigériens.

Depuis l’ouverture de la cérémonie lundi 25 décembre dernier, les regards sont tournés vers Zinder ou se déroule la 39ème édition du sabre national Et au-delà de la région hôte, c’est tout le Niger qui vibre au rythme de cet événement culturel de grande envergure. Les compétitions de lutte suscitent  auprès des Niamméens un véritable engouement. Cela s’explique par le fait que la lutte fait partie de notre patrimoine culturel.  Depuis la nuit des temps, la lutte se pratique de manière ludique. Elle opposait les quartiers, puis les villages. Elle était pratiquée surtout pendant la saison des pluies, notamment pendant la période morte entre le 2ème labour et les récoltes. Une pratique courante qui au fil des ans est valorisée et entretenue par les autorités de notre pays. Il est fréquent de voir tout un groupe de personnes devant le petit écran.

Pour  Ali  Ahmadou Enseignant en Littérature Art et Communication à l’Université  de Zinder  « l’engouement pour la lutte traditionnelle va en crescendo au Niger. Cette discipline constitue un facteur de l’unité nationale. C’est une belle occasion de retrouvailles entre plusieurs communautés » a-t-il soutenu avant d’ajouter «  Pendant toute la période, et au fil des années, les autorités nigériennes se sont rendues compte qu’il s’agit là d’un puissant facteur d’unité nationale, de fraternisation du fait des liens multiformes qui se créent entre habitants de différentes régions ». Selon lui, c’est un moyen efficace de consolider les rapports de fraternité et d’amitié entre les filles et fils de notre pays. Ce qui est intéressant, c’est la discipline sportive la plus suivie, tant au pays qu’au sein de la diaspora nigérienne pour qui ces compétitions de lutte leur permettent de suivre ce qui se passe réellement au pays grâce à la télévision nationale.

A Zinder, région hôte, les dix (10) jours que dure la compétition constitue une période d’intenses activités. En plus des délégations venues des autres régions, la région  accueille souvent des délégations étrangères, notamment du Nigeria, un pays voisin qui affectionne cet événement.  Durant toute la dizaine de jours, les commerces et les activités culturelles se développent. Des  expositions et foires de circonstance font leur apparition aux abords des arènes et dans la ville. Une belle occasion pour les producteurs locaux de faire de bonnes affaires en promouvant leurs produits. Les lieux de loisirs ne désemplissent pas non plus.

La Fédération Nigérienne de Lutte (FENILUTTE) étant dissoute, les autorités compétentes du pays ont mis en place un comité national de lutte pour une durée de trois ans. Il a été demandé aux membres de ce comité de travailler en toute impartialité, et en toute neutralité, afin de produire des textes qui contribueront véritablement à la promotion et au développement de la lutte traditionnelle au Niger. Ce comité  veillera à la mise en place  des structures capables d’insuffler une nouvelle dynamique à la pratique de la lutte dans notre pays.

Pour rappel, c’est en 1963 que la lutte traditionnelle est apparue pour la première fois dans le programme du Festival National de la Jeunesse. Mais, c’est surtout à partir de 1975 que ce sport a pris son envol, lorsque le régime du Conseil Militaire Suprême (CMS) avait décidé d’organiser chaque année un championnat national et de façon rotative dans les différents chefs-lieux des départements. Pour ce faire, les régions ont été dotées d’arènes de lutte dont les coûts de construction varient entre 80 et 250 millions de francs CFA.

Depuis 1975, le Niger est devenu un pays de lutte, car il fait partie des plus grands pays à l’échelle mondiale. Et, depuis cette date historique, sauf en cas de force majeure le championnat national de lutte traditionnelle est organisé de manière rotative dans toutes les régions du pays.

Tobo Altiné

02 janvier 2017
Source : http://nigerdiaspora.net

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