Sport/Football : A la découverte du MENA dames

C’est le centre technique de la Fédération Nigérienne de Foot (FENIFOOT) situé dans la zone du Village de la Francophonie dans le 1er arrondissement de Niamey qui sert de cadre aux séances d’entrainement du MENA dames qui aura la charge de représenter le Niger au prochain tournoi de football féminin qu’entend organiser à Abidjan en Côte d’Ivoire, l’Union Ouest Africaine de Foot (UFOA). Le tirage au sort de la compétition a déjà eu lieu, et le Niger connaît ses adversaires. Elles sont au nombre de 26, les filles convoquées par l’entraîneur de cette équipe ALI MAMADOU. Pour mieux connaitre cette équipe dames et les conditions dans lesquelles elle se prépare, votre quotidien « La Nation » est allé à la rencontre de l’homme sur qui la FENIFOOT a placé sa confiance pour diriger ce groupe de filles qui s’entrainent sur le terrain synthétique du centre sans aucun complexe et à l’abri de tout regard. ALI MAMADOU DIT DJANGO s’est prêté à nos questions lors de la séance d’entrainement du mardi 23 janvier.

La Nation : Coach Ali, bonsoir. Dans quel état d’esprit vous avez pris les rênes de cette équipe dames du MENA ?
Ali Django : Merci de l’occasion que vous nous donnez de parler de cette équipe en très bon état. C’est une équipe qui est en place déjà depuis près de quatre ans. Nous participons régulièrement à un tournoi dénommé TIFO au Burkina Faso. Le regroupement n’a pas été difficile. Je connais déjà la plus part de ces filles mais nous avons fait appel à quelques autres filles. Nous sommes en train de composer avec 26 pour au finish avoir un groupe de 23 filles qui vont rentrer à l’internat à partir du 30 janvier prochain. Le premier stage a duré une semaine avec les joueuses de Niamey. Après, on a fait venir celles de l’intérieur dont deux d’Arlit, une de Maradi, deux de Dosso et une de Tahoua. Nous travaillons depuis le 13 décembre 2017, en attendant l’arrivée des autres qui sont à l’extérieur notamment au Ghana et en France. Nous sommes en train de travailler pour amener cette équipe au top en vue du tournoi de l’UFOA.

Nous savons que les autres pays de cet espace ont des championnats dames réguliers, alors coach comment compter vous vous y prendre pour relever le défi ?
C’est ce que nous sommes en train de faire, c’est à dire travailler très dur pour avoir un bon niveau et réduire l’écart qu’il y a entre nous. Effectivement, tous les autres pays ont un championnat dames régulier mais tout dépend d’une bonne préparation. Voilà pourquoi nous avons commencé tres tôt les entrainements depuis décembre pour travailler le niveau physique, la cohésion et certains compartiments. En plus, on connait certaines équipes avec lesquelles on a l’habitude de croiser le fer dans des tournois comme l’équipe du Burkina. C’est vrai, le Togo et le Bénin sont dans l’autre poule. Nous avons sensiblement le même niveau avec eux. La Côte d’Ivoire et Ghana ont un niveau supérieur au nôtre. Leurs équipes ont l’habitude des compétitions africaine et même mondiale. Le Ghana a joué récemment avec la France, même si elle a perdu. Mais cela ne nous fait pas peur. C’est quand même le football. On dit que le ballon est rond pour tout le monde. Nous allons aller avec nos moyens pour tenter de sortir une bonne image du Niger.

Le football féminin étant au stade embryonnaire dans notre pays, comment s’est faite la détection de ces filles ?
Oui, c’est vrai mais la plus part d’entre elles ont déjà des structures dans lesquelles elles évoluent en l’occurrence l’AS Police et l’Université où elles s’entrainent régulièrement, surtout l’AS Police. Le président de cette équipe nous accompagne chaque jour. A l’Université aussi, les entrainements sont réguliers. C’est dire que l’ossature de cette équipe est composée des joueuses ces deux club plus quelques-unes de l’intérieur. Aussi, avons-nous fait appel à nos sœurs du Ghana et une qui vient de la France qui est la première capitaine de l’équipe. Elle est allée en étude. On pence qu’elle peut venir nous appuyer. Elle arrivera le 3 du mois prochain.

On sait que le foot féminin fait partie des grands projets des responsables de la FENIFOOT. Est que cette dernière vous accompagne ?
Sans rien vous cacher, depuis le début, cette fédération nous a toujours apporté son appui. L’année dernière, nous avons remporté le TIFO. C’est en grande partie grâce au soutien de la Fédération que nous comptabilisons toutes ces participations aux compétions au Burkina ou ailleurs. La FENIFOOT nous accompagne régulièrement. Elle a même augmenté l’enveloppe. Vous voyez, les filles sont habillées aux couleurs nationales. C’est quelque part parce que la Fédération a un œil regardant sur c’est ce que nous faisons. Rien que les déplacements des filles c’est la FENIFOOT qui les assure. Le matériel et les installations, c’est toujours elle. On peut dire sur ce plan qu’on est bien accompagné et nous espérons que cela le sera encore plus quand nous irons à Abidjan pour ce tournoi.

Pour un entraineur qui a toujours entrainé des équipes masculines, est-ce facile pour les filles ?
Ce n’est pas facile pour des filles surtout qu’elles ne jouent pas assez comme les garçons qui ont la compétition dans les jambes tout le temps. C’est la raison pour laquelle nous travaillons beaucoup l’aspect positif. Mais ce qui est à saluer, ce qu’elles aiment la chose. Elles ont envie d’apprendre. Elles sont sérieuses. Elles viennent aux entrainements d’une façon désintéressée. Pour moi, il n’y a pas tellement de fossé entre l’entrainement des garçons et celui es filles.

Comment vos filles arrivent-elles à combattre les pesanteurs socioculturelles. Autrement dit, sont-elles au point physiquement ?
De ce côté-là, on n’a pas eu de problème. Comme je vous l’ai dit, elles viennent de façon désintéressée. Elles sont assidues. Aucun parent ne s’est plaint parce que sa fille joue au foot. Les parents comprennent ce choix de leurs enfants. Elles viennent au regroupement avec l’accord de leurs parents. Pour le moment, ça va bien. Physiquement, elles répondent, raison pour laquelle nous avons commencé par cet aspect. Nous avons livré un match le vendredi dernier avec des garçons, ma foi, elles ont bien tenu.
Propos recueillis par Souleymane Salha

25 janvier 2018
Source : La Nation

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