| Dialogue politique inter nigérien: la médiation entre le marteau et l’enclume |
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| Politique |
| Dimanche 07 Février 2010 10:50 |
Au regard des suspensions répétitives et reports instantanés qui ont marqué le dialogue politique nigérien, tout semble dire que les choses se compliquent au grand désarroi des deux parties et à la déception des partenaires du Niger. D'aucuns parlent d'échec de ce dialogue dont ni la tenue, ni les propositions faites par la CFDR et le MPRR ne semblent faire reculer le Président de la République Mamadou Tandja.
C'est du moins ce qu'on peut dire à la lumière de son intervention lors de la cérémonie de présentation des voeux par les présidents des institutions de la République. En demandant aux nigériens de consentir des sacrifices et de se remettre au travail, de s'inscrire dans une dynamique pour la construction du pays, le Chef de l'Etat est certainement loin d'écouter quelque proposition de la médiation sur un éventuel partage de pouvoir. D'ailleurs à comprendre ses attributions de Chef de l'Etat dans un régime présidentiel, Mamadou Tandja est donc seul pilote, et comme ''l'avion ne fait pas marche arrière'', il n'est pas étonnant d'entendre le Mouvement pour la Refondation de la République (MPRR) soutenir lors des négociations que la 6ème République est irréversible. Aussi, à partir du moment où Tandja n'a pas plié devant les menaces et le tonnerre des sanctions qui ont frappé le Niger, reviendra t-il sur la logique de la 6ème République en raison d'une simple juxtaposition de propositions d'une médiation initiée par une organisation sous régionale qui de surcroît maintient le pays sous sanction ?Cependant, il bien de relever que dans cette médiation certains acteurs à la médiation aussi bien des leaders de la CFDR que du MPRR font preuve de mauvaise foi. Cela a surtout été illustré par leurs déclarations outrageuses sur les médias. Déclarations qui laissent présager que chaque partie est restée figée sur sa position d'où l'idée de l'échec. Par ailleurs, notons que dans son document de synthèse élaboré sur la base des propositions du MPRR et de la CFDR, le médiateur de la CEDEAO a, à son tour, proposé que Tandja Mamadou reste au pouvoir jusqu'en 2012 c'est-à-dire la fin de la période de transition. S'agissant du gouvernement, il a été proposé un gouvernement d'ouverture dont les membres sont proposés par le dialogue, il sera dirigé par un Premier ministre technocrate lui-même désigné par consensus. En ce qui concerne le Parlement, le nombre des députés sera porté à 160 au lieu de 113, les négociations devant accorder 47 sièges à l'opposition pour l'intégrer etc. Il ressort en substance de ce document que la médiation est entre le marteau et l'enclume dans la mesure où la majorité au pouvoir et l'opposition politique n'ont pas trouvé de compromis autour de la feuille de route soumise par Abdoul Salami Aboubakar, le médiateur désigné par la CEDEAO. Dans le même temps, il faut rappeler que le sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEDEAO initialement prévu le 21 décembre dernier ensuite reporté au 18 janvier, est finalement prévu pour se tenir le 15 février 2010 à Abuja au Nigéria. Aussi, le pays du médiateur de la CEDEAO est depuis un certain temps secoué par des violences interreligieuses dans la ville de Jos d'une part, et de l'autre la rumeur qui a couru sur l'incapacité du Président Umaru Yar adua d'assurer les fonctions présidentielles en raison de son état de santé. En amont de tous ces facteurs, le dialogue inter-nigérien se poursuivra encore le 4 février prochain. D'ores et déjà, les spéculations se multiplient quant à son aboutissement. Ce qui est certain, il n'y a pas mille solutions, il n'y a que deux hypothèses : soit sa passe pour la CFDR soit sa casse pour le MPPR. Dans la première hypothèse, il sera question de partage de pouvoir entre la CFDR et MPRR, Ce qui serait une remise en cause du processus de la Refondation de la République. Si cette hypothèse se confirme, elle aurait pour effet immédiat la fin du concubinage entre partis politiques et société civile d'une part (ce qui n'est pas évident) et de l'autre l'éventuelle levée de sanctions par la CEDEAO, les USA etc. Dans la deuxième hypothèse, deux aspects méritent d'être relevés : le premier aspect est que l'on a surtout tendance à perdre de vue, c'est qu'en cas d'échec proprement dit de cette médiation, l'effet serait plus ou moins ressenti au niveau du MPRR ou du gouvernement car la seule sanction prévue par le protocole de la CEDEAO est la suspension. Elle est déjà prise. Il ne restera peut être qu'elle soit définitivement validée par le sommet des Chefs d'Etat du 15 février. Le deuxième aspect, serait le cas l'Union européenne ainsi que d'autres organisations régionales ou internationales qui tenaient à un aboutissement heureux de cette médiation pour aider le Niger. Sur ce point, la question qui se pose est de savoir quels seraient les alternatives politiques, économiques et diplomatiques possibles au MPRR et à Mamadou Tandja pour faire face aux redoutables défis de la 6ème République ? Il s'agit notamment du paiement régulier des salaires des fonctionnaires, la gestion de l'atmosphère sociopolitique qui en découlerait de l'échec de la médiation, du probable isolement diplomatique du pays. |





















