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Niger

Capitale: Niamey

Population: 11,1 millions (2004)

Langue officielle: français, groupes ethniques: haoussa (43,3 %), zarma (17,9 %), peul (8,5 %), tamajeq: (8,4 %), kanouri (4,8 %), songaï (4,7 %), arabe dialectal (1,2 %), gourma (0,5 %), etc. Système politique: république longtemps dirigée par des militaires
Articles constitutionnels (langue): article 3 de la Constitution du 9 août 1999
Lois linguistiques: arrêté no 01/MEN/SCNRE/MJS/MESR/M.INF/MDR/MI du 15 mars 1981 modifiant et complétant l'arrêté no 017/MEN/ALPHA du 27 avril 1966 relatif notamment à l'orthographe de la langue haoussa; Loi d’orientation du système éducatif nigérien (loi 98-12 de mars 1998).

1 Situation générale
Le Niger (officiellement république du Niger) est un pays enclavé d’Afrique occidentale, à 700 km de l'océan Atlantique. Il est limité au nord par l’Algérie et la Libye, à l’est par le Tchad, au sud par le Nigeria et le Bénin, et à l’ouest par le Burkina et le Mali. La superficie totale du Niger est de 1 267 000 km², soit 2,3 fois la France. Sa capitale est Niamey.
Le Niger est un véritable trait d’union entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire. Situé au coeur du Sahel, il se caractérise par des conditions climatiques extrêmes, un sol pauvre et une influence croissante de la désertification.

 

Le Niger est divisé en huit régions (ou «départements»): l'Agadez, le Diffa, le Zinder, le Tahoua, le Tillabéry, le Dosso, le Maradi et Niamey (voir la carte détaillée).
2 Données démolinguistiques
La population du Niger était, en 1997, de 9,2 millions d'habitants,m ais de 11,1 millions en 2003. Cette population est également répartie à travers les huit régions. Les trois quarts de cette population vivent sur une superficie égale au quart du territoire: Zinder (19 % ), Maradi (19 %), Tillabéry (18,1 %), Tahoua (17,3 %), Dosso (14,3 %), communauté urbaine de Niamey (6,1 % ), Agadez (3,1%) et Diffa (2,1%).

2.1 Les ethnies

Au Niger, il faut compter six grands groupes ethniques: les Haoussa (53,5 %); les Djerma (14,7 %) et les Songaï (4 %), les Touaregs (10,6 %), les Peuls (10,4 %), les Kanouri (Beribéri et Manga, 4,6 %). Il convient d'ajouter aussi les Gourmantchés (0,3 %), les Arabes (0,3 %) et les Toubou (0,5%). Les ethnies des communautés étrangères représentent 1,8 % de la population. La quasi-totalité de la population est composée de musulmans sunnites (98,6 %). En réalité, ces groupes ethniques comptent un grand nombre de peuples (environ une quarantaine). Soulignons que l'ethnie principale est formée des Haoussa, sédentaires, tandis qu'au nord vivent des Touaregs, des Toubou et des Arabes, en grande partie nomades. Les Peuls, pour leur part, sont plus ou moins dispersés.

2.2 Les langues

Les langues nationales, au nombre d'une vingtaine, sont d’origine arabo-berbère et chamito-sémitique. Les langues les plus importantes sont le haoussa (49,6 %) et le zarma (20,8 %), qui sont parlées par plus d’un million de locuteurs; par ailleurs, le peul ou fulfudé (8,3 %), le tamajeq: (8,4 %), le kanouri (4,8 %), le songaï (4,7 %) et l'arabe dialectal (1,2 %) constituent aussi des langues non négligeables parce que ce sont toutes des langues parlées également dans les pays voisins.

3 Données historiques


La désertification du Sahara a commencé vers le VIIIe millénaire avant notre ère et a repoussé vers le sud les populations d’agriculteurs, laissant la place à des communautés d’éleveurs de bovins. Les territoires constituant le Niger actuel entrèrent dans l’histoire avec l’établissement de relations transsahariennes au Moyen Âge, vers le Maroc, par la vallée du Niger et Tombouctou (empires du Mali et du Songhaï), vers la Tunisie (Ifriqiya) à travers le Sahara central, et vers la Libye et l’Égypte par le Fezzan et le Tchad (empire de Kanem-Bornou et États haoussa). Très vite, l’islam s’imposa dans la partie méridionale, les Touaregs (nomades) s’installant au nord.

Les États haoussa islamisés dominèrent le Niger méridional du Xe siècle au début du XIXe siècle. À cette époque, ils furent soumis par la force par les Peuls menés par Ousman dan Fodio. Les Songhaï exercèrent une forte influence sur la vallée du fleuve durant la dernière partie du Moyen Âge, tandis que l’empire de Kanem-Bornou dominait la frontière orientale. Les Touareg arrivèrent par vagues de l’Aïr à partir du XIe siècle, se répandirent dans l’Azawagh et commencèrent à lancer des raids sur les sédentaires du Sud; au XVe siècle, ils établir un sultanat à Agadez.

2.2 La colonisation française

Les premiers Européens à entrer dans cette région sont l'explorateur écossais Mungo Park, ainsi les explorateurs allemands Heinrich Barth et Eduard Vogel. Les Français pénétrèrent dans la région vers 1890, atteignirent le lac Tchad et luttèrent contre Rabah, dont l’influence s’étendait sur le Bornou; ils mirent longtemps à réduire la résistance des Touareg de l’Aïr. En 1900, ils firent du Niger un territoire militaire administré à partir de l’ancien sultanat de Zinder. Le français devint la langue administrative du pays.

Le Niger devint une colonie française en 1922, administrée à partir de Niamey afin de rééquilibrer les pouvoirs économiques et politiques locaux des émirs de l'Est, diminuer le poids de la communauté haoussa de Zinder, ainsi que l’influence du nord du Nigeria, une région riche et peuplée. Le pays fut intégré au sein de la fédération de l'Afrique occidentale française.

Territoire d’outre-mer en 1946, puis république autonome au sein de la Communauté française (ou Communauté franco-africaine) en 1958, malgré une campagne pour le «non» au référendum de Djibo Bakary, opposé au chef du gouvernement Hamani Diori, élu président du Conseil par une Assemblée constituante.

2.3 L'indépendance

Le Niger accéda à l’indépendance le 3 août 1960 et Hamani Diori (1916-1989) fut élu président par l’Assemblée nationale, sous régime de parti unique. Des liens étroits furent maintenus avec la France. Djibo Bakary, contraint à l'exil à la veille de l'indépendance et qui bénéficiait du soutien du camp progressiste (Nkrumah, Sékou Touré), tenta sans succès de prendre le pouvoir par la force; en avril 1965, le président Diori échappa à une tentative d’assassinat. Il fut réélu la même année, soutenu par le Parti progressiste nigérien (PPN), qu’il avait fondé à partir de la section nigérienne du Rassemblement démocratique africain (RDA). En 1973, le Niger fut l’un des six pays sahéliens à souffrir d’une sécheresse qui affectait particulièrement les nomades. Accusé de corruption et d’incapacité dans la gestion des secours, le président Diori fut renversé par un coup d’État militaire en avril 1974 et exilé dans l’est du pays.

Un pouvoir militaire autoritaire s'installa, dirigé par le lieutenant-colonel Seyni Kountché. Son programme porta sur le redressement économique consécutif à la sécheresse et sur la poursuite de la coopération avec la France, notamment en matière d’exploitation de l’uranium (signature d’un nouvel accord économique en 1977). Les complots et les tentatives de coup d’État se succédèrent durant les cinq premières années de pouvoir de Seyni Kountché. À la mort de ce dernier, en novembre 1987, le colonel Ali Seybou prit le pouvoir. Il libéra Hamani Diori, puis devint président en 1989 après le vote d’une nouvelle constitution qui ramena les civils au pouvoir, mais toujours dans le cadre d’un parti unique. En 1990, une vague de grèves et de manifestations conduisit Ali Seybou à légaliser les partis d’opposition. En avril 1991, la Constitution et la Charte furent révisées par l’Assemblée nationale, alors que le multipartisme était autorisé. Ainsi, plusieurs partis politiques ont vu le jour.

Au printemps 1996, l’armée reprit de nouveau le pouvoir; l’auteur du putsch cette fois-là, le colonel Ibrahim Baré Maïnassara, organisa l'adoption d’une nouvelle constitution de type présidentiel. À partir de la fin des années quatre-vingt, les Touareg réclamèrent un partage plus équitable des richesses. En 1997-1998, la crise économique causée par la chute des cours de l’uranium entraîna un profond malaise politique (dissolution du gouvernement), des grèves de fonctionnaires et d’étudiants et des mutineries dans l’armée, qui réclamèrent le paiement de leur solde. En avril 1999, le président Maïnassara, dont l'image s'était fortement dégradée dans le pays en raison de son népotisme et de son refus de tout dialogue avec l'opposition, fut assassiné par des militaires sur l'aérodrome de Niamey.

Son successeur, le commandant Daouda Mallam Wanké, chef de la Garde présidentielle, qui a qualifié cette mort de «malencontreux accident», fut nommé chef de l'État par un Conseil de réconciliation nationale composé uniquement de militaires. L'armée, qui avait promis de rendre le pouvoir aux civils, interdit les partis politiques et confirma la tenue d'un référendum constitutionnel en juin et d'une élection présidentielle au suffrage universel à la fin de l'année.

Une nouvelle constitution fut promulguée le 9 août 1999: c'était la Ve République. Les élections de novembre 1999 donnèrent la présidence à au colonel à la retraite Mamadou Tandja, candidat de l'ancien parti unique. Son premier fait d’arme politico-militaire remonte à 1974, où il avait participé au renversement du président Diori Hamani par le général Seyni Kountché. En 1999, la crise politique semblait close, mais le pays se trouvait appauvri au plan économique. Le président nigérien Tandja a été réélu sans surprise à l'issue du scrutin présidentiel du 7 décembre 2004 avec 65,5 % des suffrages.

4 La politique linguistique
Gouverné longtemps par des régimes autoritaires, le Niger n’a pas eu besoin de loi pour légitimer sa politique linguistique. Par exemple, la Constitution de 1960 a été suspendue en 1974. La dernière constitution avant le coup d'État de janvier 1996,qui datait du 26 décembre 1992, a également été suspendue, de même que celle de 1996.
La Constitution du 9 août 1999 proclame dans son article 3 que la langue officielle est le français.»

Article 3
1) Toutes les communautés composant la Nation nigérienne jouissent de la liberté d’utiliser leurs langues en respectant celles des autres.

2) Ces langues ont, en toute égalité, le statut de langues nationales.

3) La loi fixe les modalités de leur promotion et de leur développement.

4) La langue officielle est le français.

En même temps, les langues des communautés composant la Nation nigérienne ont toutes le «statut de langues nationales».

Ainsi, bien que le français soit la seule langue officielle proclamée de ce pays, le haoussa et le zarma sont admises dans les débats parlementaires . Toutefois, les lois sont rédigées et promulguées seulement en français.

Dans les TRIBUNAUX, les langues écrites admises sont le français et l’arabe classique (rarement). Dans les communications orales, la plupart des langues nationales – haoussa, zarma, peul, tamajeq, kanouri, songaï, arabe dialectal, etc. – sont admises devant le juge qui peut recourir à un ou plusieurs interprètes. Les sentences sont rendues ou en français ou en arabe classique (rarement).

Dans l’ADMINISTRATION PUBLIQUE, les langues nigériennes sont employées dans les communications orales avec les fonctionnaires parlant la ou les mêmes langues, mais cette pratique ne constitue pas un droit. Puisque le français est la langue de l’État, c’est cette dernière langue qui obtient ce droit d’être utilisée. Toutefois, les documents relevant des ministères de la Justice, de la Santé, de l’Éducation et de l’Agriculture peuvent avoir une version dans certaines langues nationales. Là encore, cette pratique ne correspond pas à un droit, mais à des cas de force majeure. On comprendra, par exemple, qu’il est inutile pour un médecin ou une infirmière de s’adresser à un patient ne comprenant pas le français.

En ce qui a trait à l’ÉDUCATION, les langues nationales coexistent avec le français dans les écoles maternelles. Selon la Loi d’orientation du système éducatif nigérien, les langues d’enseignement sont le français et les langues nationales. La Loi d’orientation du système éducatif nigérien, adoptée en mars 1998, rend obligatoire la scolarisation des enfants âgés de 4 à 16 ans. Cependant, les préjugés qu'ont certains parents vis-à-vis de l'école, la précarité de leurs moyens financiers et économiques, ainsi que l'insuffisance des infrastructures scolaires, ont largement contribué à handicaper cette obligation.

Dans les écoles primaires du pays, l’enseignement est donné dans quelques langues nationales durant les trois premières années; l’arabe classique est même enseigné dans plusieurs écoles (medersas ou écoles franco-arabes) à titre expérimental. Un nombre de plus en plus important de parents orientent leurs enfants vers ce type d'enseignement au détriment du système d'enseignement traditionnel en français.

Certaines tribus nomades bénéficient aussi de «cantines scolaires» dans leur langue, c’est-à-dire des écoles mobiles que l’on «enlève» une fois la saison terminée. Conformément à la Loi d’orientation du système éducatif nigérien (loi 98-12), le gouvernement tend à généraliser l'approche bilingue, c'est-à-dire avec le choix de la langue maternelle comme première langue d'enseignement et du français comme langue de continuation des études au secondaire et à l'enseignement supérieur.

À partir de la quatrième année du primaire et durant tout le secondaire jusqu’à l’université, le français reste la seule langue d’enseignement. Par décret gouvernemental, l’enseignement de la langue seconde est obligatoire pour les élèves du secondaire et ceux-ci doivent choisir entre l’anglais, l’arabe, l’allemand et l’espagnol.

Malheureusement, le taux brut de la scolarisation était de 30,4 % en 1997-1998 et de 32,2 % en 1998-1999. Au secondaire (1er cycle), le taux de scolarisation des filles n'était que de 5 % (1997-1998).

La VIE ÉCONOMIQUE se déroule dans les langues nationales lors des communications orales, notamment en houssa et en zarma. Dès que la langue écrite entre en jeu, seul le français assure la communication: affichage, publicité, étiquetage, modes d’emploi, etc. Dans les contacts entre les gens, tous parlent deux ou trois langues, surtout le haoussa et le zarma. Certains connaissent simplement plus la langue officielle que d’autres. Bref, le bilinguisme constitue une pratique normale dans ce pays et personne ne remet cette pratique en question.

 

Au Niger, comme dans d’autres pays d’Afrique, le problème ne se pose pas en terme de majorité et de minorité, mais au plan de l’usage du français par rapport aux langues nationales. Ce qui frappe peut-être le plus dans ce pays, c’est l’absence de statut des langues nigériennes, car dans la réalité le bilinguisme est la règle générale. Compte tenu que les gouvernements qui se sont succédé au Niger ont tous prôné l’importance des langues nigériennes, il semble que beaucoup de chemin reste encore à parcourir avant d’atteindre ce noble but

Source: http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/afrique/niger.htm

 
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