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Vidéo de la semaine 04/11/07
Damouré Zika est un pêcheur Sorko, un maître pêcheur du Niger, à la fois chasseur d’hippopotames et prêtre magistral du génie du tonnerre. Lorsqu’il était jeune, sa grand-mère, la vieille Kalia, « faisait » la pluie pour toute la région de Niamey,
et Damouré récitait avec elle les devises terribles et caressantes qui flattent les dieux de l’eau ou de la foudre. Sa connaissance du visible et de l’invisible était respectée plus loin que loin.
Le tout jeune Damouré a appris à lire et à écrire contre son gré. Si bien que son père a du le corriger bien souvent pour l’envoyer à l’école primaire de Niamey, où il n’a pas été un élève particulièrement remarquable. C’est en 1942 que Damouré a été embauché comme assistant sur un des nombreux chantiers de l’époque, celui de la route qui devait relier Niamey à Gao.
C’était la saison des pluies et le génie du tonnerre a frappé plusieurs manœuvres sur le chantier. Damouré Zika dit alors à son patron que ces histoires là étaient l’affaire de sa grand mère Kalia, et qu’il fallait aller la trouver. Ce « patron » de l’époque était un ingénieur nouvellement diplômé de l’école des ponts et chaussées de Paris, un certain «Jean Rouch ». Ce fut le début d’une longue histoire au cœur d’une Afrique en pleine transformation. Damouré Zika devait devenir le plus fidèle ami de Jean, et aussi son plus proche complice.
Si cette histoire éclaire notre monde d’un peu de lumière, c’est que ceux qui l’ont écrite ont, chacun à leur manière, mangé leur époque. Je ne présenterai pas Jean Rouch : chacun s’en fera sa propre idée à partir des innombrables films, récits, essais, thèses et autres mémoires qui lui sont consacrés. Damouré Zika quant à lui, et en dehors de la place centrale qu’il occupe dans la filmographie de Jean Rouch, demeure une personne qui est toujours restée un peu dans l’ombre du grand cinéaste qui fût son « patron » durant tant d’années.