Dans une déclaration publiée le jeudi 26 Août dernier, le Mouvement nigérien pour la sauvegarde de la démocratie a dressé un bilan pour les six premiers mois de la gestion de la Transition par le Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD). Sur les différents aspects de la vie nationale, c’est un bilan
peu reluisant que le MOSADEN a fait de la gestion du CSRD.
Tout d’abord par rapport à l’avant projet de la nouvelle Constitution adopté par le Conseil consultatif national, le Mouvement nigérien pour la sauvegarde de la démocratie a fustigé « des critères d’éligibilité très discriminatoires », notamment en ce qui concerne les élections présidentielles et législatives. Le MONSADEN s’est surtout attaqué aux dispositions de la nouvelle Constitution qui exigent « des niveaux d’instruction et une caution faramineuse aux citoyens qui aspirent être candidats au fauteuil présidentiel et au poste de député ». A propos de l’assainissement économique, le Mouvement nigérien pour la sauvegarde de la démocratie a dit qu’il s’est « jusque-là limité au traitement de quelques affaires mineures et problématiques, alors même que de grands dossiers, ficelés du temps de l’ancien régime, semblent ignorer par la Commission de lutte contre la délinquance économique et fiscale mise sur pied par la junte au pouvoir ». Le MONSADEN indique que selon les échos qui lui sont parvenus, « cette Commission use des méthodes qui sont en porte-à-faux avec les procédures légales dans le traitement de certaines affaires ». Comme preuve, l’organisation de Abdoul Aziz Ladan a donné l’exemple de « ce traitement injuste dont s’estiment être victimes certains commerçants, fournisseurs d’une société de la place, que la Commission vient de sommer de rembourser plusieurs millions de francs CFA, sous prétexte que leurs bons de commande n’ont pas été déclarés aux services compétents ». Toujours selon le MOSADEN, « certains de ces commerçants d’ailleurs d’introduire des recours auprès du Président du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie et Chef de l’Etat, le Général de Corps d’Armée Djibo Salou ». Au sujet de l’insécurité alimentaire, le Mouvement nigérien pour la sauvegarde de la démocratie a fait le constat que des actions sont en train d’être menées pour la juguler, mais le MONSADEN estime la junte militaire n’a toujours pas donné des clarifications par rapport au stock alimentaire qu’elle a trouvé après le coup d’Etat du 18 février dernier. Pour ce qui est de la réconciliation nationale – un des chevaux de bataille du CSRD – le MOSADEN constate « qu’aucun processus n’a été déclenché pour la matérialiser ». Le mouvement de Abdoul Aziz Ladan craint même que « cette réconciliation tant chantée par la junte et très attendue par l’écrasante majorité de notre peuple » ne soit mise à rude épreuve « par les conclusions de la dernière session du Conseil Consultatif national, ainsi que la façon dont travaille la Commission de lutte contre la délinquance économique, financière et fiscale ». Toutefois, le MOSADEN a tenu à faire la mise au point suivante : « Que cela soit bien entendu. Le MONSADEM n’est ni pour la banalisation de la carrière politique, ni pour la mauvaise gestion de nos ressources publiques. Mais comme il l’a du reste fait sous le régime déchu de Tandja , le Mouvement nigérien pou la sauvegarde de la démocratie ne sera complice d’aucune forme de discrimination à l’égard de tel ou tel groupe de citoyens. Autant il y a un souci d’adapter notre classe politique au contexte impitoyable de la mondialisation et de la globalisation, autant on ne doit ignorer et/ou bafouer les droits élémentaires que nos textes nationaux et internationaux de protection des droits de l’homme confèrent à tous les citoyens. Autant il y a la nécessité de poursuivre l’opération d’assainissement économique et financier, autant il y a la nécessité d’exiger de la Commission de lutte contre la délinquance économique et financière de mener sa mission dans le respect strict du sacro-saint principe de la présomption d’innocence, en permettant à toute personne soupçonné d’une infraction quelconque d’apporter des éléments de sa défense ».Au vu de tous les constats qu’il a eu à faire, le Mouvement nigérien pour la sauvegarde de la démocratie a estimé que « le bilan à mi-parcours du CSRD et de son Gouvernement laisse encore planer des doutes quant à l’atteinte des différents objectifs que s’était fixés la junte militaire qui s’est emparé du pouvoir le 18 février dernier ». En tout état de cause, le MONSADEN a lancé un vibrant appel au CSRD et au Chef de l’Etat «afin de faire extirper du projet de la nouvelle Constitution toutes les dispositions discriminatoires afin que tout citoyen Nigérien qui le souhaite puisse se présenter à toutes les élections ». Le MONSADEN a aussi invité le Chef de l’Etat «à veiller au respect strict des droits de tous les citoyens dans le cadre de la conduite de l’assainissement économique, financier et fiscal, afin de ne pas donner raison à ceux qui croient toujours que cette opération procède d’un simple règlement de compte ». A ce niveau, Abdoul Aziz Ladan et ses amis ont demandé au Général Djibo Salou « d’examiner avec toute l’attention requise les recours que certains citoyens, qui s’estiment injustement poursuivis, viennent de faire à son niveau ».
H.A
02 septembre 2010
Publié le 1er septembre 2010
Source : http://lagriffe-niger.com/
































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