La Commission dite de moralisation a une curieuse approche de la pédagogie. Elle préconise un black-out total sur les
affaires qu'elle traite. Plus étonnant encore, elle a réussi à convaincre le P/CSR Djibo Salou à rallier ce point de vue, à tout le moins paradoxal. Plus que l'argent récupéré auprès des citoyens indélicats, c'est l'aspect pédagogique du principe de ne jamais détourner les deniers publics qui était important. Or, en ne communiquant pas d'informations relatives aux démêlés des uns et des autres, comment peut-on parler de pédagogie ? La Commission a un devoir de vérité et de justice à l'égard du peuple spolié. Et les Nigériens, légitimement, veulent savoir qui et qui sont rattrapés par leurs méfaits, pour qu'ensuite, ils sachent en qui ils peuvent avoir confiance. C'est la moindre des choses.Force est de croire que la Commission se contente des petites humiliations qu'elle fait subir à certains compatriotes convoqués par elle, ce qui frise le règlement de comptes. La soif d'information des Nigériens, elle n'en a cure.
Par ailleurs, au regard des 5% que lui confère la loi sur les sommes récupérées, cette Commission, s'appuyant sur ses nouvelles prérogatives, s'autosaisit de multitudes de dossiers souvent en contentieux. Aujourd'hui, des opérateurs économiques, les banques de la place et autres sont dans son collimateur. L'important pour ses membres ne serait-il que de s'en mettre plein les poches ? Le Général de Corps d'Armée Djibo Salou devrait mettre fin à cette dérive et recadrer les choses afin que la Commission de moralisation retrouve sa mission première qui est celle de rendre gorge aux politiciens et autres commerçants véreux ayant détourné les deniers publics. Le reste, tout le reste, n'est qu'écran de fumée.
B. Diaouga
02 septembre 2010
Publié le 02 septembre 2010
Source : http://lenqueteur.info/
































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