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Au moment où se tiennent à Tahoua les assises de la 2ème édition des Journées des Communes du Niger, il nous semble opportun de jeter un regard sur la problématique de la décentralisation dans
notre pays, mais aussi sur le chemin parcouru. Sur le plan structurel, force est de reconnaître que la décentralisation s'est suffisamment enraciné dans notre pays. Il est en effet réjouissant de constater que nos populations comprennent et acceptent le jeu et les enjeux de la décentralisation. Ayant compris que le développement de leurs entités repose en grande partie sur le degré d'engagement de tout un chacun dans l'oeuvre de construction de leur cité, les populations s'impliquent activement dans la gestion de leurs communes. Cependant, les zones d'ombre sont loin d'être levées du côté de ceux-là mêmes qui ont été élus en vue de conduire les premiers pas de nos communes naissantes. En quatre ans d'exercice, ces derniers rencontrent encore de sérieuses difficultés pour amorcer le mécanisme de démarrage de la machine. Difficultés de fonctionnement des conseils municipaux, querelles intestines, défaillances dans le respect des règles de l'orthodoxie financière, mauvaise exécution des plans communaux de développement, sont le lot quotidien de nos nouvelles communes. Conséquence : dans beaucoup de ces entités, la mécanique est littéralement bloquée. Actuellement, on déplore au total, 42 mairies plongées dans cette situation d'impasse, les maires étant désavoués ou mis aux arrêts pour avoir cédé à la tentation.
En fait, cette difficile expérience de l'installation de la décentralisation en Afrique n'est pas une exclusivité de notre pays. Dans presque tous les pays africains, le processus de la décentralisation a pris du plomb dans l'aile. Si au Niger, les appétits boulimiques des ''nouveaux maîtres'' de nos cités ont été étouffés par l'opération ''mains-propres'' du Président de la République, dans certains pays voisins, le règlement de compte se fait entre élus et électeurs, à coups de bâton ! Ce fût par exemple le cas, lundi dernier, à Gaoua (Burkina Faso) où la population a manifesté son ras-le-bol visà- vis de la gestion du maire qui ne dût son salut qu'au haut-commissariat où il s’est réfugié. Les citoyens de la petite commune n'ont pas voulu pardonner à leur élu local l'achat d'un somptueux véhicule de fonction d'un coût de près de 28 millions de F CFA, sur le dos du contribuable. Au Sénégal, le problème reste d'actualité. En effet, réagissant à l'incompétence et aux indélicatesses de certains dirigeants municipaux, le Président Wade a purement et simplement décidé, le 02 mai dernier, de la dissolution de plusieurs conseils. Comme quoi, un exercice de recadrage s'impose sur le chemin tortueux de la décentralisation. Assane Soumana 09 Mai Publié le 09 Mai 2008 Source:Sahel Dimanche
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