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Revue de presse nigérienne du du 2 au 8 novembre 2026 : Sonidep, ARCEP, Trésor public et cybercriminalité

revue de presse labari
Un gouffre de 180 milliards de FCFA à la Sonidep, près de 670 milliards à rembourser en 2027 par le Trésor public, des anomalies dans la gestion des ressources humaines à l'ARCEP, mais aussi un ingénieur nigérien primé à Johannesburg et une diaspora qui rayonne de Lomé à Accra : la presse nigérienne de la semaine a conjugué exigence de bonne gouvernance et motifs de fierté nationale.

Sonidep : l'héritage d'un gouffre de 180 milliards
L'hebdomadaire Le Courrier ouvre le bal avec un dossier sur la Société nigérienne des produits pétroliers (Sonidep). Selon le journal, ce sont des dettes non recouvrées, soit quelque 180 milliards de FCFA de créances que des débiteurs n'arrivent pas ou refusent d'honorer, qui seraient à la base des difficultés de la société, difficultés que les Nigériens ont « vécues dans leur chair et dans leur âme ». Des crédits accordés pour enrichir des sociétés et des personnes privées étranglent aujourd'hui la Sonidep, la rendant incapable d'honorer ses engagements vis-à-vis de la SORAZ, son fournisseur, mais aussi de l'État, de ses clients et de ses prestataires.

Pour Le Courrier, il est d'une « nécessité absolue » d'enquêter et de poursuivre les auteurs afin de rétablir l'État dans ses droits. « La Refondation doit corriger certaines gestions et imposer une autre conception, une vision nouvelle du service de l'État et du bien public. C'est aussi à ce travail d'assainissement que doit s'atteler la nouvelle directrice », conclut l'hebdomadaire.

Trésor public : près de 670 milliards à rembourser en 2027
Dans sa parution du mercredi 4 novembre, le quotidien privé L'Enquêteur se penche sur le « mur des échéances » qui attend le Trésor public. Alors que l'État sollicitait 40 milliards de FCFA le jeudi 5 novembre sur le marché de l'UMOA-Titres, l'échéancier révèle l'ampleur du défi : 539,97 milliards de FCFA de capital et 129,49 milliards d'intérêts, soit une enveloppe globale de 669,46 milliards de FCFA que les caisses de l'État devront décaisser en douze mois au profit des créanciers régionaux.

À l'heure de l'élaboration du budget 2027, deux leviers s'offrent traditionnellement au Trésor, rappelle le journal : la mobilisation accrue des recettes internes (fiscales, douanières et pétrolières) ou le roulement de la dette sur le marché régional. « Le taux de couverture de l'opération et les rendements exigés par les banques donneront un premier baromètre de la confiance du marché et du prix que le Niger devra payer pour financer ses échéances de 2027 », conclut L'Enquêteur.

ARCEP : des contrôles mettent à nu des anomalies
L'hebdomadaire L'Actualité revient sur la gestion de Mme Bety Aïchatou Habibou Oumani à la tête de l'Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP). L'enquête administrative de l'Inspection générale des finances, diligentée à la demande du colonel-major Cheibou Idrissa, alors directeur général, puis un audit organisationnel ont relevé de nombreux dysfonctionnements : plus de 100 millions de FCFA de trop-perçus, des recrutements sans concours et des reclassements contestés, à l'image d'assistantes de direction passées de la catégorie G7 à la catégorie P1.

La nouvelle direction générale, conduite par Mme Moussa Zeïnabou Seyni, est attendue sur un chantier majeur : l'assainissement de la gestion et la défense des ressources de l'État. « L'ARCEP doit désormais faire de la transparence et de la rigueur les fondements de sa gouvernance », souligne le journal.

Cybercriminalité : un réseau de faux douaniers démantelé
L'hebdomadaire L'Expression salue le démantèlement, par la Division de lutte contre la cybercriminalité de la Police judiciaire, en collaboration avec la Direction départementale de la police nationale de Gaya, d'un réseau d'escroquerie en ligne dont les membres se faisaient passer pour le directeur général des Douanes. Trois étudiants de nationalité béninoise, âgés de 23 à 27 ans, ont été interpellés : l'un créait de faux comptes NITA et Amana à partir de numéros enregistrés sous des identités nigériennes, l'autre réceptionnait et retirait les fonds, le troisième prélevait les commissions et transférait le reliquat au Bénin, au profit d'un quatrième membre toujours recherché. Le préjudice provisoire est estimé à 7 millions de FCFA au détriment de plus de 37 plaignants. « La vigilance de tous est essentielle pour lutter efficacement contre la cybercriminalité », rappelle le journal.

Cartes d'identité et passeports AES : un « casse-tête chinois »
Échos du Monde dresse un état des lieux des documents biométriques de l'AES. Lancée officiellement par le président Abdourahamane Tiani le 27 mars 2026, la carte nationale d'identité biométrique AES a vu son enrôlement démarrer le 25 avril à Yantala, avant d'être étendu aux commissariats de Niamey ; le passeport biométrique AES a suivi le 15 septembre. Les tarifs sont connus : 9 000 F pour la carte en procédure express (72 heures), 45 000 F pour le passeport et 90 000 F pour la procédure rapide, payables via Airtel Money, NITA ou Amana.

« Sur le papier, tout semble limpide », note le journal, mais des usagers attendent parfois plus d'un mois un document censé être délivré en trois jours. Invoquant la Charte de la Refondation, qui stipule que les Nigériens naissent égaux devant la loi, l'hebdomadaire estime qu'« un régime qui se dit populaire au service des masses laborieuses ne peut tolérer l'établissement d'une telle injustice sociale ».

Éditorial et opinion : engagement et patriotisme en débat
Dans son éditorial du 4 novembre intitulé « Ne mourez jamais pour des moutons », L'Enquêteur livre une réflexion désabusée sur l'engagement : « Le véritable ennemi du réveil n'est pas toujours le tyran, c'est la servitude volontaire », écrit le journal, qui observe que la foule « veut bien des fruits de la liberté, mais refuse d'en payer le prix ».

Le satirique Le Canard en furie s'interroge, lui : « Le patriotisme au Niger : idéal collectif ou nouvelle industrie de l'impunité ? » Saluant l'élan souverainiste porté par les masses populaires, qui a démontré la soif de justice, d'émancipation et d'autodétermination du peuple nigérien, le journal appelle à « arracher le patriotisme aux griffes des marchands de discorde pour le rendre à son unique et légitime propriétaire : le digne peuple souverain du Niger ».

Fierté nationale : Mamane Kabirou Ousseini primé à Johannesburg
Le Monde d'Aujourd'hui célèbre l'innovateur nigérien Mamane Kabirou Ousseini, lauréat de l'Africa Prize for Engineering Innovation 2026, décerné le 28 octobre à Johannesburg par la Royal Academy of Engineering, avec le soutien du programme britannique International Science Partnerships Fund (ISPF). Sa plateforme de surveillance médicale Likita Care combine matériel connecté, logiciels cliniques et fabrication numérique locale. Selon le journal, il est le tout premier ingénieur nigérien à concourir pour ce prix, et il a « fièrement hissé l'image de son pays et de l'AES par extension au sommet de la pyramide dans le concert des nations, dans un secteur aussi sensible que celui de la santé ». Créé en 2014, l'Africa Prize est le plus grand prix africain dédié à l'innovation en ingénierie.

Le SAFEM brille au SIAO 2026 de Ouagadougou
L'hebdomadaire Le Visionnaire salue la participation de l'agence du Salon international de l'artisanat pour la femme (SAFEM) au SIAO 2026 de Ouagadougou, où un espace était dédié aux pays frères de l'AES. Malgré un agenda chargé, la ministre du Tourisme et de l'Artisanat a fait le déplacement pour soutenir les acteurs du secteur. Le journal met en avant l'expérience de la directrice générale, Mme Touré Zeinabou, adossée au savoir-faire de l'agence dans les expositions-foires et à l'appui de l'agence Iman.Com. « Bon vent et davantage de succès à l'Agence SAFEM », conclut Le Visionnaire.

FSSP et Direction générale des impôts accordent leurs violons
Le quotidien public Le Sahel rapporte que la Direction générale des impôts (DGI) et le Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP) se sont réunis le 3 novembre pour lever les difficultés d'interprétation de l'ordonnance portant création du Fonds. Sous la présidence du directeur général adjoint des impôts, M. Yahouza Salissou, en présence de la présidente du comité de gestion du FSSP, les deux parties se sont accordées sur l'interprétation et l'application des dispositions concernées. La DGI s'est engagée à les appliquer, et les participants ont convenu de renforcer le mécanisme de concertation.

La diaspora à l'honneur : Lomé et Accra
Le bihebdomadaire Niger Times consacre deux portraits à la diaspora nigérienne de la sous-région. Née et ayant grandi au Togo, Hadjia Balkissa Moumouni préside l'association « La Voix des Filles et des Femmes de l'Afrique » et mène depuis Lomé un combat déterminé contre les violences faites aux femmes et le mariage précoce, et pour l'émancipation économique des Africaines. Elle réaffirme que « le développement du continent et la refondation sociale ne pourront se réaliser sans une pleine participation des filles et des femmes de l'Afrique ».

Au Ghana, Abdrahamane Aboubacar Djibo, plus connu sous le nom de Chief Tolla Tchoumbo, chef de la communauté de Gomoa Bantama Millennium City Zongo, près d'Accra, a été distingué du titre d'« Ambassadeur de la Paix » par les autorités ghanéennes. Entouré d'un cabinet structuré, il privilégie une démarche démocratique et participative : aucune décision majeure n'est prise sans concertation préalable. Niger Times y voit « un exemple inspirant de chefferie moderne », au service de l'intégration, du développement social et de la fraternité interethnique.
Source : revue de presse de RT Labari

Aïssa Altiné (Nigerdiaspora)

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