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Quatre associations françaises et africaines ont dénoncé mercredi à Paris, les conditions de travail dans les mines d’uranium d’Arlit (Niger) et de Mouna (Gabon) exploitées par le groupe français Areva, leader mondial de l’énergie nucléaire.
Sherpa, association rassemblant des juristes internationaux, Médecins du Monde, Aghir N’Man, association nigérienne de protection de l’environnement, et Mounana, association des anciens travailleurs (français) expatriés du site de Mounana au Gabon, ont appelé le groupe français à revoir ses méthodes de travail sur ces sites. C’est Sherpa, association créée par William Bourdon en 2001 et qui vise à rendre concrète la notion de responsabilité sociale des entreprises qui a mené l’enquête depuis trois ans, conjointement avec Médecins du Monde et le laboratoire CRIIRAD, à la demande d’anciens collaborateurs des filiales d’Aréva. Jean-Pierre Getti, le vice président de Sherpa, a révélé que trois missions ont été menées au Niger et au Gabon en vue de s’enquérir des conditions de sécurité et de travail au niveau des différentes mines. Ces missions ont conclu à des problèmes sanitaires et environnementaux, a-t-il dit. Il a notamment cité, entre autres, « l’absence des mesures de sécurité et de bonnes conditions de travail, la non prise en charge de la santé des travailleurs, de même que l’inadaptation des structures de contrôle et des problèmes de pollution de l’eau ». « La responsabilité du groupe Areva est engagée sur tous les plans. L’entreprise connaît les risques encourus par les travailleurs mais n’a pas fait circuler les informations, maintenant volontairement les employés dans l’ignorance », a t-il affirmé. Almoustapha Alhacen, président de Aghir N’Man, a quant à lui, insisté sur le sort des travailleurs nigériens dont certains employés par Areva pendant trente ans se sont retrouvés au chômage et malades. « Aujourd’hui, ces anciens travailleurs de mines sont devenus des cas sociaux, d’autres sont décédés à cause de la radioactivité, laissant des familles abandonnées. Il faut que Areva soit plus humain et qu’il mette en place, dans le plus bref délai, une structure pour aider ses anciens collaborateurs », a-t-il déclaré. Michel Brugière, directeur général de Médecins du Monde, a dénoncé le service médical fourni par Areva au site minier de Mounana au Gabon, qu’il a qualifié de « trompe œil » et « inadapté pour assurer un service de médecine de travail ». « On a le sentiment qu’on a mis une chose en place mais qui ne répond pas au problème. Même les évacuations sanitaires sont tardives », a-t-il souligné, demandant notamment la mise en place d’une structure sanitaire qui prenne en charge les gens. Pour Mme Jacqueline Gaudet, présidente de Mounana, association des anciens travailleurs expatriés du site de Mounana au Gabon, le gouvernement français devrait prendre en charge les malades expatriés employés par Areva au Gabon. Elle a soulevé les mêmes problèmes de santé, insistant en particulier sur le cancer qui a touché les travailleurs français de Areva au Gabon.
06 Avril 2007 Publié le 05 Avril 2007 Source: http://www.apanews.net/
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