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Gratuité des soins aux femmes
Définie par l'OMS comme étant " les décès durant la grossesse ou 42 jours au plus après la fin de la grossesse, quelle que soit la durée ou le lieu de la grossesse pour toute cause liée à la grossesse ou à sa gestion
ou aggravé par la grossesse, mais non pour les causes accidentelles ", la mortalité maternelle reste aujourd'hui un des grands problèmes de santé publique dans le monde. Malgré en effet, les progrès enregistrés dans les technologies médicales, à chaque minute, une femme meurt en donnant la vie.
La situation de la santé maternelle et infantile est plus préoccupante en Afrique où la moitié de tous les décès maternels ont lieu. Et où, selon les statistiques, la probabilité qu'une jeune femme de 15 ans décède d'une complication liée à sa grossesse est de 1 sur 26, contre 1 sur 7.300 dans un pays industrialisé. Avec un (01) risque sur sept (7), le Niger fait parti des pays où, le plus grand nombre de femmes meurent pendant ou après leur grossesse.
Heureusement que, depuis quelques années, des actions significatives sont entreprises dans le cadre de l'amélioration de la santé de la population dans notre pays. C'est ainsi que le Président de la République, Chef de l'Etat, SEM Mamadou Tandja, a pris la décision de rendre gratuite la prise en charge des soins aux enfants de 0 à 5 ans et aux femmes. S'agissant particulièrement des femmes, la mesure concerne la césarienne, les consultations prénatales, la contraception, les cancers…La gratuité de la césarienne a débuté depuis février 2006 et, est effective dans tout le pays. S'en est suivi celle des consultations prénatales, la contraception et ensuite la gratuité des cancers féminins.
Déjà, dans son programme de développement sanitaire (PDS) 2005- 2010, le Niger s'est assigné un objectif de réduire la morbidité et la mortalité maternelle et infanto juvénile. Un objectif qui cadre parfaitement avec un des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) qui vise la réduction de plus de 50% de la mortalité maternelle avant 2015.
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L'enjeu est il faut le dire très important au Niger où comme dans beaucoup de pays africains, le taux de mortalité maternelle connaît une certaine ampleur. L'Enquête Démographique et de Santé réalisée en 1992 l'estime à 652 décès pour 100.000 naissances au cours de la même année. un taux qui a forcement changé au cours de ces dernières années Les causes des décès maternels les plus cités dans notre pays sont : l'anémie, les complications de la grossesse, du travail, de l'accouchement, les suites de couche, les hémorragies post-partum, les traumatismes obstétricaux. Selon les spécialistes, ces causes sont presque les mêmes au Niger qu' ailleurs dans d'autres pays africains. Le rapport 2004 sur l'état de la population mondiale précise à ce sujet que 80 % des décès maternels sont dus à des complications obstétricales directes : hémorragie, septicité, éclampsie, et pré éclampsie, complications de l'avortement...
Les autres causes des décès maternels sont indirectes selon la même source et interviennent le plus souvent suite à des états médicaux préexistants aggravés par la grossesse ou l'accouchement. Il s'agit notamment de l'anémie, du paludisme de l'hépatite et de plus en plus du sida. Des problèmes évitables car, selon les spécialistes de la santé la plupart des décès pourraient être prévenus. Cela en donnant la possibilité aux femmes d'avoir accès à des soins qualifiés avant, durant et après l'accouchement. Mieux, selon le rapport sur l'état de la population mondiale 2004 l'accent doit être mis sur les interventions jugées les plus efficaces pour réduire l'ampleur du phénomène. Il s'agit entre autres de faciliter aux femmes un plus large accès à une assistance qualifiée durant, pendant et après l'accouchement, d'améliorer les centres dispensant des soins obstétricaux d'urgence, de donner aux femmes la possibilité d'accéder à ces centres pour traiter les complications de l'accouchement, et enfin de veiller à ce que les systèmes d'aiguillage et de transport soient en place pour que les femmes malades puissent rapidement recevoir les soins nécessaires.
C'est dans cette optique qu'au Niger, et sans doute dans d'autres pays africains, les gouvernements sont appuyés par les partenaires au développement dans la lutte pour une amélioration de la santé maternelle. Beaucoup d'ONGs et d'associassions oeuvrent aussi pour la même cause. Le combat on le voit est mené sur plusieurs fronts. Il doit l'être davantage à un moment ou les experts estiment que la mortalité maternelle dans le monde ne recule pas assez vite pour atteindre les objectifs de l'ONU d'ici 2015, en particulier dans les pays en développement.
Gageons que des actions importantes suivront les conclusions de cette rencontre des Premières Dames à Niamey pour qu’en Afrique, aucune femme ne meurt en donnant la vie.
B. Fatouma Idé
15 Novembre Publié le 15 Novembre 2007 Source: Le Sahel