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Déclaration de presse relative aux coupures d’électricité devenues intempestives au Niger
En janvier 2008, l’Administrateur Délégué de la Nigelec, Monsieur Foukori Ibrahim, portait à la connaissance de l’opinion nationale et internationale avec trompettes et fanfares que sa
société allait réaliser d’importants investissements qui consistent à remplacer les câbles de transport d’électricité de faible capacité par d’autres de la nouvelle génération plus appropriés en vue de porter la capacité du réseau électrique de 40 à 80 MW.
Les Nigériens avaient cru enfin que pour une fois, la Nigelec qui a, de fait, le monopole de production et de distribution d’énergie au Niger, a finalement pris en considération les nombreuses plaintes de sa clientèle qui a longtemps cessé de croire en elle, notamment en sa capacité de comprendre et de faire face aux problèmes énergétiques de tout genre qu’elle leur impose et ce d’autant plus que l’inamovible Administrateur Délégué qui n’est pas un spécialiste en électricité a cru devoir rassurer les Nigériens que dans un mois les coupures intempestives et les délestages incessants ne seront que de lointains souvenirs dans la mesure où, une fois les travaux réalisés, la capacité de fourniture de la Nigelec passera au double, afin de faire face véritablement aux besoins des habitants de la capitale Niamey et des villes de Dosso et Tillabery, et ce pour de nombreuses années.
Malheureusement, le vendredi 02 mai 2008, la situation a atteint son paroxysme et ne peut plus être tolérée par les consommateurs qui pour la plupart sont impuissants et désemparés en cette période de haute chaleur, pour d’autres condamnés à rester dans leurs lieux de travail sans rien faire.
Comme l’on a l’habitude de dire, le mensonge a beau courir, la vérité finira toujours par le rattraper. En effet, le lundi 28 avril 2008, le même Administrateur Délégué, est revenu avec fracas pour animer une Conférence de presse après un mois de mutisme inexpliqué, déclaré que les nombreux délestages et coupures constatés plus que par le passé ne sont pas imputables à une défaillance quelconque de la Nigelec et que cela provient exclusivement de son fournisseur du Nigeria dont il salut la compréhension, car selon ses dires, celui-ci privilégierait la satisfaction des besoins du Niger par rapport même à la satisfaction de ses compatriotes du Nigeria dont c’est sa première mission.
Aussi, pour dérouter les consommateurs, Monsieur Foukori Ibrahim utilise un mot four tout afin d’expliquer la baisse de tension constatée sur le Barrage de Kandji au Nigeria, baisse de tension en réalité consécutive seulement à la période d’étiage sévère que connaît le fleuve Niger dont l’écoulement à débit très faible ne permet plus de faire tourner toutes les turbines de l’usine de production. Or, comme on le sait, l’étiage sévère actuel que connaît le fleuve Niger va continuer jusqu’à la fin du mois de juin, voire même juillet si les pluies ne sont pas précoces dans le bassin du fleuve Niger. C’est pourquoi, tant que le Niger n’aura pas son propre Barrage, le problème de baisse de tension continuera à se poser en période d’étiage.
Aussi, à cette Conférence de presse, Monsieur Foukori Ibrahim déclarait que si le Niger veut éviter les coupures d’électricité, il doit augmenter sa propre capacité de production de 35 à 70 MW, en réalisant un autre investissement de l’ordre de huit milliards. A t-il déjà omis le crédit octroyé par les banques nationales de l’ordre de 4,5 milliards de FCFA pour financer le remplacement des câbles ?
Ainsi, il nous donne la preuve que notre pays pourrait réaliser son autonomie pour une longue période sans avoir recourt à son fournisseur traditionnel qui pourrait seulement être sollicité que quand nos besoins sont supérieurs à la demande de 70 MW.
C’est dire, aujourd’hui, avec les ressources provenant des permis d’exploitation, évaluées à 35 milliards de FCFA ou des revenus de l’uranium estimés à 87 milliards de FCFA en 2008, si l’on se fit aux propos de Monsieur Foukori Ibrahim, il suffisait d’affecter un peu moins de la moitié des recettes provenant des permis d’exploitation pour réaliser les futurs travaux qu’envisagerait l’Administrateur Délégué.
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En conséquence, cela prouve que non seulement l’Administrateur Délégué de la Nigelec qui est en poste depuis plus de huit ans ne maîtrise pas le problème de production et de fourniture d’électricité, mais, il parait être un piètre gestionnaire qui n’arrive plus à appréhender le meilleur choix d’investissements à moindre coût pour donner à notre pays une relative sécurité dans la satisfaction de ses besoins énergétiques dans la mesure où la solution qu’il préconise ne dépend plus de l’étiage du fleuve Niger.
Pourtant, cette solution nous mettra à l’abri de tous les désagréments dus à ces coupures intempestives et aux délestages insupportables jusqu’à la réalisation de notre Barrage de Kandadji en 2019.
Au vu de tout ce qui précède, le CODDAE :
1°) se demande que cache la Nigelec, en refusant d’annoncer la puissance réelle qu’elle reçoit après l’effectivité des travaux entrepris ;
2°) s’interroge pourquoi Monsieur Foukori Ibrahim a-t-il tenté maladroitement de démontrer aux consommateurs que seuls les matériels nommément déclarés à la Nigelec au moment de la souscription de la police d’abonnement sont couverts par l’assurance, alors que tout le monde sait que les clients de la Nigelec souscrivent pour une puissance donnée et non pour une somme de puissance des équipements à installer.
3°) constate que Monsieur Foukori Ibrahim pense, que quand un transformateur crame, il appartient aux clients des quartiers d’aller le déclarer à temps, alors qu’il doit exister un tableau de bord où tous les accidents qui surviennent sont signalés, compte tenu de l’envergure de la Nigelec, le cas contraire, le reproche fait à la Nigelec d’être mal gérée n’est-il pas fondé ?
4°) interpelle les décideurs Nigériens de mettre fin à ce genre de situation en mettant à la tête des directions de nos entreprises vitales comme la Nigelec, des professionnels avisés et des gestionnaires chevronnés pouvant avoir une vision de nos problèmes à moyen et long termes et non des personnes co-optés qui nous disent un jour une chose et le lendemain tout son contraire en implorant le pardon des citoyens victimes de leur mauvaise gestion.
5°) invite le Président de la République et son Gouvernement de tout mettre en œuvre pour épargner aux paisibles citoyens des coupures d’électricité qui occasionnent d’énormes pertes à notre pays.