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Deux roues à Niamey : au royaume de l'imprudence
Les dernières années, nous assistons à un véritable boum des deux roues dans notre pays. Le phénomène est très apparent aussi bien dans nos villes qu'en milieu rural. Ce qui, en terme de développement, peut être considéré comme
un pas vers le progrès. Quand on se rappelle qu'il y a quelques années, pour s'offrir une moto flambant neuve, il faut s'appeler ''fils de Untel'' au regard de la cherté des engins, nous disons qu'il y a lieu de saluer l'industrie asiatique qui a pensé aux couches les moins nanties des pays du tiers monde en concevant ces engins accessibles.
Le résultat, en tout cas, se passe de tout commentaire aujourd'hui à Niamey où on trouve toute une panoplie de modèles de ces motos vendues neuves et à bon marché. Aussi, chacun y va de son goût. Si chez les hommes les grosses cylindrées sont au centre de tous les attraits, chez les dames et les jeunes filles, ce sont plutôt les modèles de type ''waiyo koudina !'' ou '' au secours, mon argent !'' (allusion faite à la légendaire fragilité de ces engins) qui font l'objet d'une grande séduction.
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Mais, il y a le revers de la médaille. Avec la valse incessante des deux roues et les abus qu'on en fait, la circulation est en passe de devenir invivable dans les rues de Niamey. Passe le pullulement des motos dans nos rues. Mais le plus dur dans tout cela, c'est l'abus qu'on en fait. Aujourd'hui, il n'est pas rare de voir à Niamey des ''fous des guidons'' débouler dans un carrefour à une vitesse d'enfer, brûlant à la fois les feux optiques et la politesse aux autres usagers, sans se soucier du péril auquel ils s'exposent. Comme quoi, ce n'est pas le problème qui cherche, c'est lui qui va à sa recherche où qu'il se trouve. Chez les jeunes surtout, le degré d'imprudence dépasse tout entendement.
N'avez-vous pas déjà rencontré des jeunes garçons et filles aller à trois ou à quatre sur la même moto, circulant la nuit à tombeaux ouvert, souvent sans phare ni autre feu signalétique ? Ce scénario suicidaire, car défiant toutes les règles de la prudence, est désormais monnaie courante dans les rues de la capitale. C'est surtout le cas les week-end, où à l'occasion des réjouissances de mariages, les détenteurs de ces grosses motos communément dénommées ''sama té norou'' ou ''wawa yayi kouddi'' (devinez donc pourquoi..), jouent aux ''aigles de la route'' en se laissant emporter par les vrombissements envoûtants des engins accentués par des pétarades assourdissantes et les ovations des jeunes filles agrippées à la remorque. Le numéro, digne d'un film fraîchement sorti d'Hollywood, est tout simplement effroyable.