Affaire Khalif Security : Le ministre de la défense, Alkassoum Indatou serait-il à l’origine de la passe d’armes ?

Depuis quelques temps, l’opinion nigérienne est braquée sur cette affaire que d’aucuns appellent ‘Affaire Khalif Security’. Khalif Security est une société de droit nigérien, appartenant à un jeune entrepreneur du nom d’Abdoul Kader Boubacar Mamadou Badjé. En 2018, la société Khalif Security a signé une convention de représentation au Niger et au Burkina Faso, avec une société turque dénommée MUROL basée à Ankara, dans le cadre de la vente de matériels militaires. En 2019, Khalif Security a signé ses premiers contrats, notamment trois (3) contrats avec l’Etat du Niger pour l’achat d’un avion, de huit (8) véhicules blindés pour le compte de la Gendarmerie nationale et le troisième pour l’achat de munitions. Pour le premier contrat qui concerne l’achat d’un avion, la société turque, partenaire de Khalif Security, n’étant pas spécialisée dans le domaine de l’aviation, Abdoul Kader Mamadou a fait appel à une société sud africaine. Dans ce contrat, il est indiqué que l’Etat du Niger doit verser une avance de 30% du montant du contrat avant le début de son exécution. L’Etat du Niger aurait trainé pour verser les 30%. Malgré tout, les responsables de Khalif se seraient rendus, à leurs propres frais, avec des experts nigériens de l’Armée de l’Air en Afrique du Sud, pour expertiser l’avion. C’est longtemps après que l’Etat aurait versé les 30% dans les comptes de Khalif Security. Entre temps, la société sud africaine aurait vendu son avion à un autre pays. Et Khalif Security se serait tourné vers les Emirats Arabe Unis. A Dubaï, pour pouvoir exécuter le contrat de l’achat d’avion signé avec l’Etat du Niger, Abdoul Kader Mamadou aurait contacté une société qui aurait proposé un prix plus élevé que celui indiqué dans le contrat. Khalif Security et ses conseils auraient adressé une correspondance à l’Etat du Niger pour demander un avenant. Ce qui n’aurait pas été accepté par le ministère de la défense. Et, après l’expiration du délai contractuel, la société aurait été contrainte de reverser les 30% de l’avance.

Pour le deuxième contrat qui concerne l’achat de huit (8) véhicules blindés pour le compte de la Gendarmerie nationale, il aurait été indiqué dans le contrat l’achat de véhicules à carburation gasoil. Cinq (5) véhicules à carburation essence auraient été livrés à la demande de certains responsables de la Gendarmerie nationale. Des véhicules réceptionnés, avec un récépissé de bonne exécution, et utilisés par la Gendarmerie. Au bout d’un certain temps, l’Etat du Niger serait revenu sur le contrat en l’annulant. Enfin, en ce qui concerne le troisième pour l’achat de munitions, le montant du contrat serait de plus d’un milliard de FCFA, avec une avance de 140 millions de FCFA. Pour l’exécution de ce contrat, la Société Khalif Security aurait lancé la commande en Serbie. Pour la vérification de la qualité des munitions commandées, les responsables de Khalif Security auraient demandé au ministère de la défense nationale l’appui de ses experts. Ce qui n’aurait pas été du goût des responsables du ministère. La société Khalif Security aurait été dans l’obligation d’abandonner le contrat et reverser l’avance de 140 millions de FCFA au trésor public.

Tous ces trois contrats auraient été signés avec la société Khalif Security sous Issoufou Katambé, ministre de la défense et résiliés par son successeur Alkassoum Indatou.

Ce qui aurait poussé le ministre de la défense à résilier les trois (3) contrats de Khalif Security

Abdoul Kader Boubacar Mamadou Badjé, responsable de Khalif Security, est un jeune revenu de Dakar (Sénégal) où il étudiait. Il a été introduit dans le cercle des militants du PNDS par Assamaou Garba, actuellement secrétaire générale adjointe du gouvernement et présenté à Foumakoye Gado. A l’époque, Bazoum Mohamed était ministre de l’Intérieur et candidat du parti à l’élection présidentielle. Kader BCEAO aurait eu ses premières commandes publiques au ministère de l’Intérieur pour l’achat du papier rame et autres matériels informatiques. C’est ainsi qu’en 2018, il aurait rencontré les responsables de la société turque MUROL, à travers un cabinet de juristes, avec laquelle il a signé une convention de représentation au Niger et au Burkina Faso. Donc, la Turquie c’est son affaire. A l’arrivée de Bazoum Mohamed au pouvoir, Abdoul Kader Mamadou Badjé est nommé conseiller transversal à la Présidence. Lors du déplacement du président Bazoum Mohamed, il était accompagné, entre autres, par le ministre de la défense et Abdou Kader Mamadou. Au cours des négociations avec la société turque pour l’achat de drones, Kader BCEAO était au premier plan pour damer les pions à Alkassoum Indatou. Alors que la société adjudicatrice ne serait pas la société MUROL dont Kader est représentant au Niger et au Burkina. C’est une société de l’Etat turc qui a vendu les drones à 28 millions d’Euro à l’Etat du Niger, avec 10% de retro commission. Qui est-ce qui a perçu la commission ? Enigme ! Et c’est ce que, selon des sources crédibles, le ministre de la défense n’arriverait pas à digérer.

Ali Soumana

 

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