11ème Réunion Annuelle du Partenariat de Ouagadougou (RAPO) : Le Niger accueille l’évènement en décembre prochain

Après plusieurs années d’attente, le Niger accueillera enfin, en décembre prochain, la 11ème réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou.  C’est  la toute première fois que notre pays accueille cette importante rencontre des acteurs de la planification familiale. Cet évènement tant attendu se prépare minutieusement à Niamey où, un comité national mis en place à cet effet a déjà commencé ses travaux. Placée sous le thème développement socio-économique et planification familiale, la réunion de Niamey regroupera les acteurs de la Planification familiale  des neufs pays du PO  et les  différents partenaires.

« Le choix du Niger, pour ce grand rendez-vous n’est pas fortuit », annonce l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO) qui précise que , « le Niger a été en mesure de relever de nombreux défis afin de promouvoir l’accès des femmes et des familles aux produits et services de planification familiale».

On se rappelle que c’est depuis 1985 que le Niger a adopté une politique de Planification Familiale (P.F.) pour des raisons sanitaires, socio-économiques et démographiques. Cette politique  vise  « l’espacement volontaire des naissances en vue de réduire le taux de mortalité maternelle dû aux nombreuses grossesses rapprochées et  celui de mortalité infantile dû au sevrage brutal’’. Depuis lors,  beaucoup de progrès a été réalisé relativement à l’utilisation des méthodes contraceptives et au nombre des utilisatrices de ces méthodes.

Volonté politique

Au Niger, des efforts importants ont été déployés avec les partenaires pour repositionner la Planification Familiale. Pour cela, un Plan d’Action National Budgétisé a été élaboré avec pour objectif principal  d’offrir les services de la planification familiale à des nouvelles  femmes additionnelles afin de rehausser le  taux de prévalence contraceptive estimé à 13,9 %   en 2012 selon le PDES 2012-2013. Pour y arriver, des stratégies ont été mises en œuvre visant notamment le renforcement de l’offre à tous les niveaux (communauté, services de santé publics et  privés).   L’accent a été également mis pour  promouvoir un environnement politique favorable à la planification familiale. Par rapport à la demande une bonne communication sur la planification familiale, un plaidoyer fort pour créer un environnement habilitant en faveur de la planification familiale,  la sécurisation des produits contraceptifs jusqu’au dernier kilomètre, …

En plus de l’appui des partenaires,  on peut relever  au Niger, une volonté politique en faveur de la PF ; le développement de l’approche multisectorielle pour impliquer plus de ministères dans la PF ; l’inscription effective d’une ligne budgétaire pour l’achat des produits contraceptifs ; l’engagement de la société civile, des leaders religieux et  des chefs coutumiers.

La volonté politique s’est aussi traduite par la création de structures d’accueil, la formation d’agents de santé et la gratuité des prestations en planification familiale.

Stratégie porteuse pour la réduction de la mortalité maternelle, la planification familiale a plusieurs avantages. Selon les spécialistes de la santé, elle aide l’homme et la femme à lutter contre  les IST/VIH/SIDA, mieux planifier les besoins de la famille  en santé, éducation, alimentation, habillement, loisir etc ; maintenir la jeune fille à l’école en retardant la première ou la deuxième grossesse. Pour le nouveau-né , la PF permet selon la même source de  diminuer le nombre  de décès, de réduire les  risques de naissances prématurées et de faible poids de naissance lors des grossesses. Plus précisément  pour le  nourrisson et  les enfants de moins de 5 ans, la PF peut aider à  améliorer leur développement psychomoteur et affectif leur permettant  alors de profiter de l’attention soutenue de la mère en particulier des avantages de l’allaitement maternel.

Echanger les expériences

En ce qui concerne  les mères, la planification familiale  réduit  selon les spécialistes de la santé, le risque de complications durant la grossesse, l’accouchement et les suites de couches  comme le pré éclampsie. Elle « réduit le risque de décès maternel » et « donne au moins deux années entières, avant la prochaine grossesse, pour qu’elles puissent se refaire une santé, jouer pleinement leur rôle de pilier de la famille et accorder toute leur attention à leur bébé, à leur conjoint et aux autres membres de la famille ». Pour les hommes, la planification familiale « aide à protéger la santé et le bien-être de leur  conjointe et de leurs enfants » ;

« donne le temps et optimise les ressources pour  une meilleure éducation des enfants ». Pour la communauté, « la planification familiale fait reculer la maladie et la pauvreté, améliore la qualité de la vie des membres de la communauté et favorise la préservation de l’environnement ».

Compte tenu de tous ces facteurs, les neuf pays du Partenariarat de Ouagadougou travaillent depuis 2011 à faire bénéficier leur population de ces avantages de la PF. La réunion annuelle qui regroupe les participants de ces pays ainsi que plusieurs de leurs partenaires est un cadre important pour célébrer les progrès réalisés dans les pays du partenariat et dégager des perspectives. Chaque année, c’est avec la même détermination, la même volonté que les différents acteurs se retrouvent pour échanger les expériences, dégager les progrès accomplis et se fixer des objectifs face aux défis à relever dans les neuf pays du Partenariat.

Le Partenariat de Ouagadougou a été lancé en février 2011, à Ouagadougou, au Burkina Faso. Il mise sur l’engagement des gouvernements, une meilleure coordination entre les bailleurs de fonds pour optimiser leurs soutiens aux pays, une accélération de la mise en œuvre des interventions à haut impact et également sur une collaboration et  une coopération sur les plans national et régional pour remédier au taux élevé des besoins non satisfaits en matière de planification familiale. Le Partenariat de Ouagadougou compte neuf pays membres qui sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, leNiger, la Sénégal et le Togo.

Par Fatouma Idé(onep)
Source : http://www.lesahel.org 

 

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