Déclaration du SYNBANK : Le cri de dépit des banquiers nigériens

Le syndicat national des agents des banques et établissements financiers, institutions de microfinance et systèmes financiers décentralisés du Niger (Synbank) a rendu public, hier mardi 11 août, au siège de la Confédération nigérienne du travail (CNT) pour dénoncer le mauvais traitement dont sont victimes ses militants, les atteintes aux libertés fondamentales, avant de déplorer la persistance de la crise sécuritaire qui endeuille de nombreuses familles

Déclaration du SYNBANK

Nous, Syndicat National des Agents des Banques, Établissements Financiers, Institutions de Microfinance et Systèmes Financiers Décentralisés du Niger (SYNBANK), après analyse des développements d’évènements inédits qui se sont invités dans notre cher Pays, le Niger, aux plans socioprofessionnel, économique et financier, sécuritaire et des libertés fondamentales, faisons la déclaration dont la teneur suit :

1) Au plan socioprofessionnel

Aux Chefs d’entreprises, qui s’adonnent à des pratiques malsaines et rétrogrades de stigmatisation et de ségrégation négative, de brimades et autres caprices de Chefs et abus de pouvoir à l’égard des Empoyés et plus particulièrement des représentants de leur personnel, souvent jusqu’au point de proférer des menaces et intimidations à l’endroit de candidats aux postes de Délégués du Personnel, le SYNBANK rappelle que ceux-ci sont une émanation de la Loi No. 2012-45 du 25 Septembre 2012 portant Code du Travail de la République du Niger, qui régit les rapports entre Employés et Employeurs et qui ne saurait aucunement reconnaître un droit de servitude que ceux-ci auraient sur ceux-là. Il faut plutôt considérer ces rapports comme des relations de partenariat et de collaboration dans un intérêt commun se traduisant dans l’émergence et la prospérité de l’Entreprise dans un climat serein.

Le SYNBANK met également en garde tout Employeur qui l’envisagerait, contre toute tentative d’amoindrissement ou de remise en cause des acquis des travailleurs, obtenus de haute lutte et consacrés par des Conventions sectorielles signées d’accord parties,

A l’Association Professionnelle des Banques et Établissements Financiers du Niger (APBEF/N), le patronat, qui, depuis la signature, en Juillet 2011, de la Convention Bancaire en vigueur, tient sciemment notre Organisation à l’écart des questions, même concernant les acquis ou la carrière de nos Camarades travaillant dans le secteur bancaire, le SYNBANK rappelle la sincérité et la sérénité qui ont caractérisé le partenariat ayant permis d’aboutir, en toute douceur, à l’adoption de ladite Convention.

Par conséquent, le SYNBANK n’entend pas se laisser ignorer sur le plan national, par rapport aux questions touchant les intérêts matériels, moraux et socioprofessionnels de ses membres.

Le SYNBANK dénonce également la paupérisation dans le secteur bancaire.

En effet, près de 40% des postes d’emplois y sont occupés par des agents tempos, sur une période se situant souvent au-delà de la décennie, au mépris des dispositions pourtant sans équivoque, des articles 18 et 19 du Code du Travail en vigueur, qui encadrent les missions du travail temporaire.

La question de l’expatriation est aussi, sans nul doute, une épine dans le pied des Cadres Nigériens exerçant dans le secteur bancaire.

En effet, en dépit de la législation et de la réglementation réglementation en la matière, on constate dans certains établissements bancaires, une absence ou insuffisance flagrante de Cadres Nigériens aux postes devant normalement leur revenir, sans que cela ne soit toujours pour raison d’incompétence ou de manque de profil. Dans ce contexte de groupes bancaires où chaque pays oeuvre à compter le plus grand nombre possible de ses ressortissants aux postes de responsabilité, le moment n’est pas propice à la léthargie ou à l’indifférence. Le SYNBANK demande par conséquent aux décideurs de veiller jalousement à une meilleure promotion, dans l’environnement bancaire, des Cadres Nigériens.

Au Ministère des Finances, autorité de tutelle des Banques, Établissements Financiers, Institutions de Microfinance et Systèmes Financiers Décentralisés du Niger, le SYNBANK, dont le Ministre des Finances sortant, ainsi que l’actuel, ont, chacun, eu l’occasion de faire fi des demandes d’audience, dont l’objet était pourtant de leur exposer des problèmes vécus en temps réel par des travailleurs relevant de leur secteur, en vue de leur rechercher des solutions, rappelle qu’il mérite d’être considéré avec tous les égards dûs à un partenaire, qui oeuvre constamment et inlassablement pour l’avènement et le maintien d’un climat serein au sein des entreprises lieux de travail de ses militants, plutôt que d’être pris pour une association de vulgaires personnages ne représentant rien sur l’échiquier national.

Mais, cette attitude de refus de donner suite à une demande d’audience du SYNBANK nous a d’autant plus fortement surpris et affligés, que l’actuel Ministre des Finances, lui, fut un professionnel de Banque, censé nous être plus réceptif.

A l’Agence de Régulation du Secteur de laMicrofinance (ARSM), malgré une multitude d’alertes données par des travailleurs du secteur au Secrétariat Exécutif depuis qu’il existe, il est déplorable de constater que la Microfinance est en perdition sur le territoire national. Même portés à la connaissance de l’Institution de Régulation, les problèmes ne sont pris en charge, tout au plus, que tardivement, avec nonchalance, pendant que les successions de sanctions administratives difficiles à motiver pleuvent, le plus souvent, sur le personnel, dans certains cas dans un vécu quotidien d’arriérés de salaires, le tout dans un contexte de mauvaise gestion d’administrateurs plus enclins à liquider les entreprises de Microfinance auprès desquelles ils sont commis, qu’à les redresser. Nous en voulons pour preuve, pour ne citer que celles-ci, les Caisses ADACHE, CREDIT POPULAIRE DU NIGER et TAIMAKO.

En sa qualité de garant de l’épargne nationale, le Ministre des Finances devrait savoir qu’il se passe des choses au sein de certaines Institutions de Microfinance, dont les échos, souvent relayés par les médias, parviennent même au commun des citoyens, sans que la tutelle ne prenne aucune mesure ou disposition conservatoire en temps opportun.

On laisse pourrir les situations, puis on constate la mise de la clé sous le paillasson, au grand dam du personnel et à la surprise générale des épargnants et du public.

Le SYNBANK invite par conséquent l’Agence de Régulation du Secteur de la Microfinance (ARSM) à prendre toutes ses responsabilités en gérant avec diligence et en transmettant à qui de droit, les dossiers brûlants de la Microfinance et demande à la tutelle à prendre, le cas échéant, les mesures nécessaires de répression de la mauvaise gestion et du pillage systématique des ressources résiduelles des mutuelles en difficulté.

Le SYNBANK rappelle à toute la tutelle du secteur bancaire à ses différents niveaux, que si la vocation du syndicat est la défense des intérêts matériels et moraux de ses membres, il n’en demeure pas moins qu’il faille bien qu’existe un cadre de travail dans lequel les militants de cette organisation exercent leurs activités professionnelles et qu’ils voudront donc bien préserver l’outil de travail dont ils tirent leur subsistance.Le SYNBANK n’est pas un ennemi, mais se veut un collaborateur constructif du Ministère des Finances, de l’Association Professionnelle des Banques et Établissements Financiers du Niger (APBEF/N) et de l’Agence de Régulation du Secteur de la Microfinance (ARSM), entre autres. Concernant l’Impôt sur les Traitements et Salaires (ITS), point n’est besoin de rappeler les Protocoles à n’en pas finir, que l’Etat a eu à signer avec les sept (7) Centrales Syndicales regroupées au sein de l’Intersyndicale des Travailleurs du Niger (ITN) et qui n’ont pas été suivis d’effet. Le SYNBANK déplore cette attitude du Gouvernement et condamne, par la même occasion, l’iniquité qui entoure l’imposition des agents du secteur bancaire, par rapport à leurs collègues servant dans l’administration publique, qui bénéficient d’un plafond de salaire imposable. Pour cela, le SYNBANK demande à être aligné, par rapport à l’imposition, sur les agents du secteur public.

2) Au plan économique et financier Le SYNBANK réprouve et condamne l’avènement de la monnaie dénommée «éco», version UEMOA, qui n’est ni plus ni moins que l’aboutissement d’un processus aventurier destiné à maintenir les populations de notre sous-région dans la misère et une perpétuelle dépendance vis-à-vis de l’ancien colonisateur.

Le SYNBANK invite le Président de la République, Président en exercice de la CEDEAO, à se départir de tout travestissement de l’attente de nos compatriotes, qui est aussi celle des populations de tous les autres pays frères, membres de la Communauté Économique Des États de l’Afrique de l’Ouest. Par conséquent, le SYNBANK demande vivement au Président de la République de sauver plutôt le projet initial, dont il a été chargé du bon aboutissemnt par ses pairs, dans lequel il s’est personnellement investi et grâce auquel il a bénéficié du soutien populaire national et communautaire.

3) Au plan sécuritaire,

Le SYNBANK condamne énergiquement les lâches et barbares expéditions perpétrées contre nos braves soldats et dont les plus meurtrières se sont déroulées à Inatès et Chinagodar, ainsi que contre de paisibles populations civiles par des bandes de criminels drogués sans foi ni loi, endeuillant ainsi plusieurs familles. Le SYNBANK condamne les enlèvements de personnes et les razzias, qui ont provoqué des déplacements de populations. Le SYNBANK présente ses condoléances aux familles des hommes et des femmes tombés sous le feu des terroristes, a aussi une pensée pour les disparus et les bléssés, condamne le scandale économique et financier perpétré au Ministère de la Défense Nationale par une bande organisée de flibustiers, qui doivent payer pour leur forfaiture, demande à l’Etat d’adopter pour notre Pays, une politique sécuritaire conséquente et de doter nos forces de défense et de sécurité de moyens adéquats susceptibles de leur permettre d’accomplir convenablement leur mission.

4) Au plan des Libertés Fondamentales Universelles,

Le SYNBANK transmet ses sincères et militantes salutations, ainsi que ses encouragements et témoigne sa compassion à nos Camarades syndicalistes et acteurs de la société civile Halidou Mounkaïla, Maïkoul Zodi et Moudi Moussa, détenus depuis plus de 4 mois pour avoir organisé un rassemblement de soutien à nos forces de défense et de sécurité, au cours duquel devaient être dénoncés et condamnés les détournements inédits de sommes astronomiques opérés au Ministère de la Défense Nationale.

Le SYNBANK condamne, de la part des autorités, les différentes méthodes de tentatives d’étouffement des libertés individuelles et collectives et de musèlement des défenseurs des droits et libertés universels consacrés par la constitution nigérienne et les conventions internationales auxquelles notre pays a régulièrement souscrit.

Nous exigeons la libération immédiate et sans condition de nos Camarades en détention.

Enfin, le SYNBANK appelle tous les Camarades militants à la mobilisation générale et les invite à se tenir prêts à répondre à tout mot d’ordre que commanderaient les impératifs de défense de nos acquis et de nos droits, intérêts matériels, moraux et professionnels, en ce qu’ils seraient menacés.

VIVE LE SYNBANK !
VIVE LA CNT!
Tous ensemble, nous vaincrons !

Fait à Niamey, le 11 Août 2020

Pour le BEN SYNBANK
Le Secrétaire Général

 

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