Congrès extraordinaire imminent du Mnsd Nassara : Vers la sortie ou l’abîme ?

Congrès extraordinaire imminent du Mnsd Nassara : Vers la sortie ou l’abîme ? Depuis son 9e congrès statutaire, tenu en mars 2020 à Tahoua, la capitale de l’Aader, le Mnsd Nassara du président Seïni Oumarou traverse une passe difficile, pour ne pas dire critique. Devenu membre de la majorité au pouvoir au lendemain des élections générales de 2016 qu’il a âprement disputé aux côtés de partis tels que le Moden Fa Lumana Africa de Hama Amadou, le parti de Seïni Oumarou n’a pas, visiblement, fait le bon pari. Allié au Pnds Tarayya pour, dit-il, apporter sa contribution dans l’amélioration de la gouvernance, le Mnsd Nassara a été confronté au cours de ce second et dernier mandat d’Issoufou Mahamadou à des situations inconfortables, pour ne pas dire délicates. C’est justement au cours de ce mandat que les pires exactions, les détournements spectaculaires et les incuries en matière de sécurité et de défense ont eu cours. Le démantèlement d’un entrepôt de drogues contenant des tonnes de résines de cannabis à Niamey a été une sorte de crucifixion du régime qui a davantage décrédibilisé la version servie par le Mnsd dans sa déclaration du …2016. Puis, se sont accumulés d’autres scandales, les uns plus spectaculaires que les autres. Les affaires de la société de raffinerie de Zinder (Soraz), de la Centrale d’achat d’intrants et matériels agricoles (Caima) ainsi que celle du ministère de la Défense nationale, entre autres, ont amplement montré que Seïni Oumarou et son parti ont échoué dans leur mission. Le Pnds et ses responsables n’ont pas changé d’un iota leur façon de gouverner et leurs rapports avec les deniers et biens publics n’ont pas rendu servi au Mnsd Nassara dont l’intention, peut-être, était sincère.

Entre un pouvoir dont il n’a tiré que mépris, déceptions et rancoeurs, et une opposition qu’il a peur de regagner, le Mnsd Nassara tangue.

Le Mnsd Nassara a-t-il fait preuve de naïveté à ce point en pensant pouvoir changer les choses de l’intérieur plutôt que de l’extérieur ? À l’épreuve des faits, on se rend compte que non seulement il a échoué dans ses desseins annoncés, mais il ne s’en sort pas mieux que lorsqu’il était à l’opposition. Rester à l’opposition et continuer le combat démocratique a certainement un avantage.

Dans cette posture, le Mnsd pourrait au moins notent des observateurs, préserver son unité et découvrir les ventres fragiles qui menacent le parti d’implosion pour cause de compromission avec l’adversaire politique. Incrusté dans une majorité où il n’est guère considéré que comme un appendice du Pnds, sans possibilité de saisir directement le président du Conseil national de dialogue politique (Cndp) sans passer par celui qui se croit être le tuteur, le parti de Seïni Oumarou vit une situation embarrassante. Entre un pouvoir dont il n’a tiré que mépris, déceptions et rancoeurs, et une opposition qu’il a peur de regagner, le Mnsd Nassara tangue. Va-t-il s’en sortir ou s’embourber davantage ?

La toute dernière décision de la commission de conciliation, rétrocédant le secrétariat général du parti à Zinder, au détriment de Maradi, risque de mettre le feu aux poudres

Selon des sources politiques confidentielles, le Mnsd Nassara se prépare activement à tenir un congrès extraordinaire. La date du 15 août 2020 serait avancée. Une échéance qui, si elle a été longtemps souhaitée par les militants, pressés de voir l’épilogue des nombreuses crises latentes qui plombent le dynamisme du parti, est tout de même redoutée par certains, eu égard à la complexité des problèmes auxquels il faudra trouver des solutions justes et pérennes. Le temps presse. Dans cinq mois, en principe, les élections locales doivent se tenir et le parti a intérêt à ressouder ses rangs et à les aborder de façon sereine. Or, la toute dernière décision de la commission de conciliation, rétrocédant le secrétariat général du parti à Zinder, au détriment de Maradi, risque de mettre le feu aux poudres. Si Moussa Mahamane Doutchi, un des deux protagonistes maradawas pour l’occupation dudit poste a clairement déclaré qu’il s’alignait totalement sur cette décision de la commission de conciliation au nom de la cohésion du Mnsd, son challenger, Tidjani Abdoulkadri, actuel ministre de la formation professionnelle et technique, ne l’entend pas de cette oreille. Dans un audio qui circule sur les réseaux sociaux, l’ancien président du groupe parlementaire du Mnsd à l’Assemblée nationale sous la première législature de la 7e République a souligné être hors de question que Maradi perde ce poste gagné de haute lutte. Une divergence qui va compliquer l’équation lors de ce congrès extraordinaire.

Abdoulkadri Tidjani peut être défendable, mais elle laisse planer des doutes quant à sa loyauté vis-à-vis du parti.

Selon certaines analyses politiques, la posture d’Abdoulkadri Tidjani peut être défendable, mais elle laisse planer des doutes quant à sa loyauté vis-à-vis du parti. S’il paraît peu pertinent de prendre le secrétariat général à une région considérée comme le fief du parti, il est toutefois improductif et incohérent qu’Abdoulkadri Tidjani veuille faire opposition à une décision prise par la commission de conciliation dans l’intérêt du parti. A ce jeu, il risque d’être taxé de tout, des soupçons ayant déjà, en février 2020, fait passer l’intéressé pour un homme en passe de rébellion dans son parti. Perçu par certains comme une taupe du Pnds Tarayya, Abdoulkadri Tidjani a grillé la sympathie qu’il suscitait auprès de nombreux Nigériens au lendemain d’une déclaration publique frôlant l’apologie dans laquelle il déclare son soutien et celui de ses partisans au Président Issoufou Mahamadou. Mais, attention ! L’homme n’est pas seul dans cette démarche que d’aucuns disent insolite. Son point d’appui principal est le président de la section de Maradi, Elhadj Balla Sani qui s’est illustré dans le bras de fer opposant Moussa Mahamane Doutchi et Abdoulkadri Tidjani par un soutien aveugle au second. Autant dire que le congrès extraordinaire du Mnsd Nassara est attendu avec fébrilité par les militants qui attendent de voir si le grand Baobab saura faire mentir le pari osé d’un certain Hassoumi Massoudou qui a pronostiqué la fin de parcours pour des leaders politiques tel que Seïni Oumarou ou s’il va sombrer dans un profond marasme.

Yaou

 

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