Amères vérités Pourquoi, pour faire bonne mesure et dégager tout soupçon de parti pris, la Cedeao, l’Union africaine et l’Oif n’auditeraient pas plutôt la Ceni, la Difeb et la Cour constitutionnelle ?

Ce qui est extraordinaire dans la situation du Niger, c’est bien l’accommodement d’institutions internationales qui prêchent le respect des principes démocratiques avec le processus électoral actuel. Malgré la mise en évidence des relations de la commission électorale, de la Cour constitutionnelle et de la direction de l’informatique et du fichier électoral biométrique, le Pnud, l’Oif et la Cedeao, ne trouvent rien à dire. Au contraire, elles s’accommodent fort bien de cette compromission grave et s’activent à faire semblant, en y apportant la caution internationale nécessaire pour faire valider un processus électoral à tous points de vue porteur de périls pour le Niger. Ce qui est certain, la collusion entre les responsables de l’organisation des prochaines élections avec les membres du Pnds Tarayya est incontestable. Le Programme des Nations Unis pour le développement au Niger (Pnud-Niger), l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Oouest (Cedeao) ne peuvent pas prétendre ignorer les faits, dénoncés publiquement par les fronts de l’opposition. Evidemment, lorsqu’on ne veut pas voir le ciel, on ne le voit pas du tout.

On a bien vu dans ce pays la représentante résidente du Pnud au Niger vulgariser personnellement un article encenseur sur Issoufou Mahamadou ; un article probablement acheté puisque l’auteur n’est rien d’autre qu’un chef d’agence de communication privée. On a vu la même bonne dame afficher clairement sa sympathie pour le Pnds Ttarayya en s’habillant en rose, de la tête aux pieds, le 1er juin 2020, pour la cérémonie de remise de matériels divers à la Ceni. Un scandale qui devrait, en principe, emporter son siège. Mais, comme nous sommes dans un environnement où ceux qui sont censés observer une stricte neutralité, voire en imposer pour un jeu électoral clean, se prêtent à un rôle des plus ambigües et contestables, en totale rupture d’avec la Convention de Vienne, il convient de situer dès à présent les irresponsabilités qui risquent d’hypothéquer la paix sociale au Niger.

Comme le Pnud, dont la patronne ne se préoccupe pas outre mesure des graves conséquences que pourrait engendrer son comportement et la posture qu’elle fait endosser à l’organisation qui l’a mandaté pour une mission des plus nobles au Niger, l’Oif et la Cedeao ignorent royalement les dénonciations, mises en garde et alertes de l’opposition politique, de la société civile et des citoyens libres qui ont régulièrement attiré l’attention sur les graves périls qui pèsent sur la stabilité politique et la paix sociale. Ainsi, malgré les liens, partisans, amicaux et/ou familiaux de ceux qui sont chargés de l’organisation des prochaines avec le Pnds Tarayya et ses responsables, elles acceptent manifestement cela comme « avantage lié à la gestion du pouvoir », confortant ainsi le pouvoir en place dans son déni du consensus, soit dans sa volonté de gagner les élections par la force du pouvoir et non par la force des urnes.

L’Oif semble indifférente à tout ce qui s’est passé jusqu’ici, mais se porte volontaire pour auditer le fichier électoral. Non pas à la demande consensuelle de la classe politique, mais à la suite d’une sollicitation expresse d’Issoufou Mahamadou dont les Nigériens connaissent le parti pris manifeste.

Quant à la Cedeao, elle est, à tous points de vue discréditée. Outre la contradiction dans laquelle elle baigne depuis quelques années par rapport à des faits, des évènements similaires, la Cedeao est davantage discréditée par son silence complice face à la violation répétée du Protocole additionnel de la Cedeao Par Mohamed Bazoum, le candidat désigné d’Issoufou Mahamadou. On manifeste violemment au Burkina Faso pour chasser Blaise Compaoré du pouvoir, la Cedeao ne dit rien et fait plutôt profil bas. Au Mali, le peuple exige la démission du chef de l’Etat, accusé, entre autres, de haute trahison et de corruption avérée, et c’est la même Cedeao, sous la férule du même Issoufou Mahamadou, protecteur et soutien avéré de feu Salif Diallo, qui exclut toute démission d’Iibrahim Boubacar Keita.

Où était Issoufou Mahamadou à l’époque et quel a été son rôle dans cette crise politique au Burkina Faso dont l’issue, on le sait, largement profité à l’homme qu’il a accueilli à bras ouvertes, protégé et soutenu par tous moyens ?

Ces trois organisations pêchent gravement par des postures qui jurent d’avec les principes au nom desquelles elles prétendent agir. Et c’est toujours lorsque la maison brûle, que des hommes se tuent, que ces institutions, prophètes dans l’art de guérir plutôt que de prévenir les conflits, tempêtent, gesticulent et se dressent en donneurs de leçons, en pompistes et en assistants pour les victimes. C’est dans leur complicité, leur compromission, que se trouve la source des dérives démocratiques dans nos pays, l’explication de tant de tragédies liées aux élections. En soutenant un processus électoral comme celui du Niger, le Pnud, dont la patronne s’est vêtue de rose en remettant à Me Souna Issaka, un lot de matériels estimés à plus de trois milliards, l’institution onusienne a laissé aux Nigériens et au reste du monde un message plus-que-clair : l’essentiel, c’est de faire semblant. De toute façon, sii les choses finissent par un clash, on met en branle le système d’assistante humanitaire pour s’attribuer les beaux rôles et se donner bonne conscience par rapport à une tragédie dont on est pourtant, en partie, responsable. C’est le règne de l’hypocrisie. Au Niger, outre le rôle peu flatteur du Pnud et sa représentante résidente dans le processus électoral, l’Oif, la Cedeao et l’Union africaine, paraît-il, ont accepté la sollicitation d’Issoufou Mahamadou pour auditer le fichier électoral, histoire de dire qu’une fois qu’elles auraient décrété le fichier exempt de reproches, l’opposition politique doit accepter de s’offrir en offrande sacrificielle afin que les mises en scènes de la Cedeao, du Pnud- Niger et de l’Oif trouvent de bonnes raisons d’être poursuivies. Dans une certaine mesure, ces institutions, au nom de ce qu’elles représentent et non pas de ce qu’elles valent réellement, se substituent à l’opposition politique pour légitimer le processus électoral et se porter garant de l’objectivité du jeu électoral. En vérité,

Voici ce qui ressort du Livre Blanc de l’opposition politique et que le Pnud- Niger, l’Oif et la Cedeao cautionnent dans le processus électoral nigérien : 1- Issaka Souna: Président de la CENI, militant du Pnds Tarayya. En 1999, n’eût été la junte militaire qui a exigé une stricte neutralité de l’armée dans le jeu démocratique, appuyée en cela par l’ambassade des Etats Unis d’Amérique au Niger, tous les Nigériens savaient que les choses allaisent se passer comme en 2010 avec Dibo Salou. Dans le processus electoral actuel, Issaka Souna tient des réunions d’information en violation de son serment avec les seuls partis de la Mouvance présidentielle.

2- Katambé Mariama : militantedu Pnds Tarayya, elle est l’épouse de l’actuel ministre de la Défense Nationale, Issoufou Katambé, président de la fédération Pnds Tarayya de Tahoua.

3- Tari Bako : militant du Pnds Tarayya, beau-frère d’Elback Adam, dont l’épouse est actuellement ministre de la Promotion de la femme et de la Protection de l’enfant.

4- Saïdi Oumarou : militant du Pnds Tarayya, ami intime de Sani Mahamadou Issoufou, fils du chef de l’Etat.

5- Ousmane Ly: militant du Pnds Tarayya, il a représenté ledit parti lors de l’audit du fichier électoral en 2016. Il est le petit frère de Mme Kadidiatou Ly, présidente de la Cour Constitutionnelle en 2011-2019.

6- Moussa Ladan, deuxième rapporteur de la CENI: militant du Pnds Tarayya, il a présidé le comité qui a procédé à la sélection du président et du vice-président de l’actuelle CENI, tout en étant (à l’époque) directeur des affaires politiques et juridiques au ministère de l’Intérieur.

7- Hima Mamane : militant du Pnds Tarayya, il a représenté ledit parti à maintes fois dans des débats sur les télévisions nationales.

8- Oumarou Mallam : militant du Pnds Tarayya, lors des élections de 2016, il fut l’artisan du fichier électoral truqué dans lequel des milliers de doublons ont été décelés à l’issue de l’audit conduit sous l’égide de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

9- ALadoua Amada,Vice-Président de CENI : militant du Pnds Tarayya, il a été choisi bien qu’étant troisième sur la liste de mérite. Le candidat arrivé en tête de liste a été écarté au seul motif qu’il n’est pas favorable au pouvoir selon Kalla Hankouraou, actuel ministre des Affaires étrangères, lors d’une réunion du Conseil national du dialogue politique tenue à cet effet).

10- Wada Nafiou : militant du Pnds Tarayya

11- Sani Moussa : Militant du Pnds Tarayya

12- Issa Boukari : militant du Mpr Jamhuriya (Mouvance présidentielle).

13- Kasso Salissou : militant du Rsd Gaskiya (Mouvance présidentielle).

14- Assane Hamidou Bindio : militant de l’Andp Zaman Lahiya (Mouvance présidentielle).

Pourquoi alors, pour faire bonne mesure et dégager tout soupçon de parti pris, la Cedeao, l’Union africaine et l’Oif n’auditeraient pas plutôt la Ceni, la Difeb et la Cour constitutionnelle ?

Bonkano

 

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