Crise au sein du Mnsd Nassara : Parmi les exigences de Seïni Oumarou, le renvoi du gouvernement d’Abdoulkadri Tidjani est sur la table

Selon une source bien informée sur la désormais affaire opposant l’ex-secrétaire général du Mnsd Nassara, le sieur Abdoulkadri Tidjani, et le Bureau politique national dudit parti, le président Seïni Oumarou a dû appeler le président de la République, Issoufou Mahamadou, pour solliciter ses services dans la guéguerre qui sévit au sein de son parti, à Maradi. On ignore pour le moment si Seïni Oumarou a menacé de s’en aller de la Mrn au cas où ce congrès extraordinaire n’a pas lieu le samedi 15 août comme arrêté. Toutes les délégations des huit régions étaient présentes à Niamey. Il est hors de question qu’à quelques heures de la tenue d’investiture du nouveau Secrétaire général du parti, tout soit mis en cause par la justice. Selon nos sources, le juge qui a la lourde tâche de juger en appel était en vacances judiciaires lorsqu’il lui a été demandé de rentrer pour casser la première décision rendue, ala veille, le vendredi 14 août. L’appel du Haut Représentant du président de la République a été entendu. Mais, ce n’est pas encore fini puisque, selon toujours nos sources, Seïni Oumarou aurait demandé au Président Issoufou de limoger l’ex-secrétaire général du parti du gouvernement. Pour le moment le président Issoufou n’a rien dit. On attend dans les jours à venir pour voir s’il va obtempérer à la demande de son Haut représentant ou pas en renvoyant celui qui est présenté au sein de l’opinion nationale comme un protégé de Mohamed Bazoum.

Depuis vendredi 14 août, les carottes étaient cuites pour Abdoulkadri Tidjani

La crise qui secoue le Mnsd Nassara n’est, donc, pas près de s’estomper. Elle risque même de s’amplifier. Le congrès extraordinaire d’investiture du nouveau secrétaire général, tenu le samedi 15 août 2020, a, tout le monde a fini par le savoir, une histoire. Une histoire de bras de fer entre l’ancien secrétaire général, Abdoulkadri Tidjani, et le président du parti, Seïni Oumarou. Un bras de fer régional qui a longtemps opposé le sieur Kadri à son challenger de Maradi, Moussa Mahamane Doutchi, perturbant considérablement le fonctionnement normal du parti. Et lorsque, acculé face à l’évolution des évènements, Abdoulkadri Tidjani a cru devoir saisir la justice en référé pour faire annuler le congrès d’investiture d’un nouveau secrétaire général en la personne de Maï Salé Djibrillou, Seïni Oumarou s’est finalement résolu à sortir le grand jeu. Trop, c’est trop, a-til dû se dire. Il faut mettre fin à la récréation et donner une bonne leçon à ce Kadri. Un coup de fil au Président Issoufou et le tour est joué. Alors que le juge de référé a ordonné au Mnsd de surseoir à la tenue du congrès en attendant que l’affaire soit vidée au fond, les militants du Mnsd ont tout de même pris d’assaut le palais du 29 juillet. Tant pis pour l’issue de l’appel interjeté ? C’est en tout cas dans la salle, pratiquement vers 12 heures, que le jugement en appel tombe. Le parti peut continuer la tenue de son congrès, déjà rendue possible par le feu vert d’Issoufou Mahamadou à Seïni Oumarou.

Abdoulkadri Tidjani peut-il à nouveau s’asseoir aux côtés d’un Seïni Oumarou dont il a catégoriquement rejeté toutes les demandes ?

Le jugement d’appel contre la décision du juge de référé, intervenu le samedi 15 août, n’est qu’un vernis qui a permis de donner un semblant de légalité à la tenue du congrès. Abdoulkadri Tidjani est vaincu. Mais on ignore tout des arguments avec lesquels Seïni Oumarou a réussi à mettre Issoufou Mahamadou dans sa balance. À quatre mois de la fin de son second et dernier mandat à la tête de l’Etat, le chef de l’Etat a tout de même fait la preuve qu’il garde encore la haute main sur les choses. Tant pis pour Abdoulkadri Tidjani qui a pensé que le soutien de Mohamed Bazoum et de l’aile dite des syndicalistes du Pnds lui suffisait pour braver Seïni Oumarou et le bureau politique national. Remis dans ses petits souliers par l’épilogue d’un bras de fer dont il aurait dû se résoudre à faire l’économie, l’ancien secrétaire général du Mnsd est aujourd’hui confiné dans une situation embarrassante. Peutil à nouveau s’asseoir aux côtés d’un Seïni Oumarou dont il a catégoriquement rejeté toutes les demandes ? Va-t-il continuer son combat judiciaire en attaquant à nouveau la tenue de ce congrès « innovant et rocambolesque » comme l’a titré Ibrahim Hamidou ?

Si Elhadj Balla Sani ne rentre pas dans les rangs, abandonnant ainsi son poulain à son triste sort, le Mnsd Nassara risque de perdre gros.

Quoi qu’il en soit, il est loin d’être seul. Soutenu becs et ongles par le président de la section de Maradi qui a poussé son appui au rebelle au point de refuser d’obtempérer aux décisions de justice, notamment celle de la Cour d’appel de Zinder, Abdoulkadri Tidjani rejoint, par l’issue de cette affaire, le lot de tous ceux qui contestent la façon, cavalière et en violation des textes du parti, disent-ils, du président du parti. Si Elhadj Balla Sani ne rentre pas dans les rangs, abandonnant ainsi son poulain à son triste sort, le Mnsd Nassara risque de perdre gros. Jusqu’à preuve du contraire, Maradi, est un des fiefs du Mnsd Nassara. Retirer le secrétariat général du parti à Maradi reste une gageure politique qui risque de coûter cher au Mnsd Nassara.

YAOU

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