Amères vérités : Kalilou Tahirou, qui a souligné n’être lié, ni de près ni de loin, au malheureux communiqué de presse de Noma, est désormais plus proche du bureau politique national que de ceux dont les fréquentations et les affaires, dans...

Amères vérités : Kalilou Tahirou, qui a souligné n’être lié, ni de près ni de loin, au malheureux communiqué de presse de Noma, est désormais plus proche du bureau politique national que de ceux dont les fréquentations et les affaires, dans tous les sens du mot, trahissent 

Quoi qu’on dise, Oumarou Noma, Seyni Mereda et Issoufou Issaka sont désormais nus. Lâchés par la plupart de ceux qu’ils sont abusés en les entraînant dans un combat politique par procuration, ils ont longtemps réussi à embobiner des militants du Moden Fa Lumana Africa et une bonne partie de l’opinion nationale avant que, progressivement et face aux épreuves, ils ne laissent tomber les masques. Si, pour les dirigeants du parti du chef de file de l’opposition, leur collusion avec l’adversaire politique ne fait aucun doute, ils ont toutefois survécu jusqu’à cet ultime tournant où, Noma Oumarou a accepté de présider une réunion du bureau politique national qui a pris des décisions importantes pour ensuite se dérober. Sans aucune gêne, celui qui se prévaut de son titre de président par intérim de Lumana, aidé en cela par des forces centrifuges, a remis en cause ce qu’il a contribué, la veille, à élaborer et à adopter. Alors que les militants pensaient avoir trouvé le bout du tunnel, Noma Oumarou a sorti une note par laquelle il se dédit, remettant en cause le principe de la convocation d’une conférence nationale extraordinaire pourtant retenue lors de la réunion du bureau politique qu’il a lui-même présidée.

En vérité, Noma Oumarou a misé sur l’absence de la majorité écrasante des membres du bureau politique national pour prendre, de façon cavalière, des décisions. Et comme, face au nombre, il ne peut faire ce qu’il veut, il a accepté de s’incliner lors de la réunion, en attendant de se retrouver avec son monde à lui ; un monde qui se réduit, en réalité à trois personnes : lui-même, Seyni Mereda et Issoufou Issaka.

La naissance de la coalition pour l’alternance politique (Cap 20- 21), le mercredi 2 septembre 2020 au palais du 29 juillet, a été l’occasion de constater, pour tous ceux qui en doutaient encore, que Noma Oumarou et ses camarades d’infortune roulaient manifestement pour une autre cause que celle de Lumana. Alors que le parti auquel ils prétendent toujours appartenir est la locomotive de l’opposition politique actuelle et qu’il a signé naturellement le document de naissance du Cap 20-21, Noma Oumarou publie sur les réseaux sociaux un communiqué de presse pour déclarer que « la signature apposée par le secrétaire général, Maman Sani Malam Maman, sans l’accord du bureau politique national et sans l’autorisation du président par intérim, président du parti, n’engage pas le Moden/Fa Lumana Africa ». Noma Oumarou n’a pas compris qu’il venait de signer ainsi son arrêt de mort politique.

Selon toute vraisemblance, l’homme manque de perspicacité pour se rendre compte qu’il a eu, à travers la réunion du bureau politique national qu’il a dirigée pour la remettre aussitôt en cause, mais également les dernières tentatives pour le raisonner, une occasion en or pour se racheter. Une occasion qui ne va sans doute pas se présenter à nouveau, tant il est vrai que tout le monde s’est rendu compte que l’homme a des desseins noirs pour le parti du chef de file de l’opposition. La preuve, Kalilou Tahirou, le président national des cadres du parti, qui a longtemps évolué avec Noma Oumarou, s’est finalement fait une religion sur ses intentions et ses projets. Il s’est, sans forme de procès, et seulement après avoir tenté, en vain, de faire entendre raison à Noma Oumarou, de se désolidariser de l’homme. Kalilou Tahirou, qui a souligné n’être lié, ni de près ni de loin, au malheureux communiqué de presse de Noma, est désormais plus proche du bureau politique national que de ceux dont les fréquentations et les affaires, dans tous les sens du mot, trahissent.

Aujourd’hui, Noma Oumarou est presque seul dans sa folie de destruction de son parti au profit d’intérêts dont il est le seul à connaître. Seyni Mereda fait ses affaires et selon des échos dignes de confiance, il prospère depuis qu’il est dans cette sordide posture de chienlit permanente qu’il a instaurée au sein des instances de la coordination régionale Lumana de Niamey. Quant à Issoufou Issaka, après tant culbutes politiques et d’attaques gratuites contre la personne du chef de file de l’opposition, Hama Amadou, il semble qu’il serait en train de s’envoler vers des prairies plus prometteuses en termes de facilités et de gains.

L’affaire de Noma Oumarou va nécessairement connaître un échec retentissant. Personne ne lui voit une autre issue. Il est même ridicule dans ce rôle qui le fait passer, même auprès de ses nouveaux «amis», pour un rigolo. La Commission électorale de Souna Issaka adresse une lettre au Mmoden Fa Lumana Africa ? Ce n’est pas à Noma, mais à Hama Amadou. Le Conseil national de dialogue politique (Cndp) invite le parti de Hama Amadou à une concertation ? Ce n’est pas un partisan de Noma qui y va. On invite le parti à déposer quoi que ce soit auprès de l’administration territoriale ? Noma Oumarou est absent, complètement oublié. Et pourtant, il ne tire aucune leçon, dégageant l’image d’un homme qui n’est pas conscient de la réalité qui prévaut sur le terrain politique.

Ce n’est pas une hypothèse, c’est une certitude que Noma Oumarou a tout perdu à force de vouloir mener une mission impossible. S’il n’est pas dans une mission insolite contre les intérêts de son parti, comme l’a laissé entendre — lisez entre les lignes — Kalilou Ttahirou dont on ne peut douter quant à la sincérité avec laquelle il l’a soutenu, Noma Oumarou ne peut continuer sa sordide «guerre» audelà du 5 août 2020. Pour Kalilou Tahirou, comme pour tous ceux qui ont essayé de ramener Noma à la raison, l’histoire a pris fin le 5 août 2020. Il ne reste plus qu’à se retrouver pour faire table rase des divergences du passé afin de se projeter rapidement dans le futur. Les échéances électorales approchent, mais Noma Oumarou ne semble nullement pressé de fermer la parenthèse d’un contentieux désormais vidé. La vérité est amère, mais elle est bonne à dire. Noma Oumarou poursuit une mission à laquelle il ne peut visiblement tourner le dos, donnant ainsi raison à ceux qui disent qu’il a trop mangé pour ne pas continuer à marcher. Vrai ou faux, il a manqué l’occasion de rebondir en démontrant que son combat, il l’a gagné et que tout est désormais rentré dans l’ordre. Son combat ? Il ne l’a pas gagné et il ne le gagnera sans doute jamais.

BONKANO.

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