Démissions en cascade au sein du PNDS : Ousmane Idi Ango n’est-il pas un cheval de Troie d’un mouvement en gestation pour faire couler le parti de Bazoum ?

Mouhamed_Bazoum

Depuis qu’il a souveraine ment démissionné du Pnds, Ousmande Idi Ango, l’ancien directeur général de la Société nigérienne d’exportation de produits pétroliers (Sonidep), semble avoir sonné la cloche du diable. D’abord, le meeting d’accueil et de soutien que ses partisans ont voulu organiser Malbaza a été interdit sous prétexte qu’il ne serait pas l’émanation d’une structure légalement reconnue par la loi. Une décision de justice le sortira de l’embarras. Le meeting est tenu et les nombreuses foules qui ont convergé vers le stade municipal de Malbaza ont renseigné sur la volonté, exprimée quelque part, d’empêcher cet accueil d’Ousmane Idi Ango parmi les siens. En fait, vu le pourrissement qui gagne le parti, il est difficile de savoir exactement, au stade actuel, qui veut désormais détruire celui qui, il y a peu encore, représentait tous les symboles du pouvoir du Pnds. Si les regards sont aussitôt tournés vers Mohamed Bazoum, le président et candidat du parti à l’élection présidentielle, il paraît toutefois difficile de penser que tout vient de lui. Can après le meeting empêché mais finalement tenu sur décision judiciaire, Ousmane Idi Ango a été, dès le prochain conseil des ministres, limogé de son poste de directeur général de la Caisse des dépôts et consignation (Cdc).

Bazoum serait-il dans un simple rôle de faire-valoir comme le susurrent de plus en plus une certaine opinion publique ?

L’affaire n’est pas simple. Si Mohamed Bazoum a pu facilement obtenir la tête d’Ousmane Idi Ango, c’est qu’il a Issoufou Mahamadou dans la poche, diton. La motivation reste inconnue pour le moment. Bazoum seraitil dans un simple rôle de fairevaloir comme le susurrent de plus en plus une certaine opinion publique ? Quoi qu’il en soit, certains pensent qu’Ousmane Idi Ango a entamé une sorte de chemin de croix qui risque de le mener loin. Débarqué de son poste de directeur général de la Caisse des dépôts et de consignation, celui que l’on dit être un protégé personnel du Président Issoufou doit irréductiblement s’attendre à une poursuite judiciaire. Sa gestion de la Sonidep, selon certains, serait totalement patrimoniale et propice à un règlement de comptes. Une enquête de la Haute autorité de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (Halcia) sur cette gestion n’est pas à exclure, quoi que le mis en cause n’est pas sans protecteur au sein du système régnant.

Les défections ne se comptent plus, à croire qu’elles sont attisées et entretenues quelque part

Et si Mohamed Bazoum, Ousmane Iidi Ango et Issoufou Mahamadou jouent tous au même théâtre, dans des partitions différentes mais cohérentes, se demandent certains ? L’hypothèse est osée, mais elle ne semble pas surréaliste au regard des démissions en cascade qui surviennent au Pnds Tarayya. Véritable phénomène d’une époque que l’on pense être révolue, la fin du second et dernier mandat d’Issoufou Mahamadou semble avoir plongé le parti de Mohamed Bazoum dans une tourmente. Après Ousmane Idi Ango, qui n’a pas, apprend- on en dernier lieu, choisi d’adhérer à un autre camp politique, il y eut de nombreuses autres défections au sein du Pnds Tarayya. On parle du cas de l’ancien maire d’Agadez, Rhissa Feltou, amis également de nombreuses structures communales au titre desquelles on évoque Iférouane, la ville natale du Premier ministre Brigi Rafini, Konni,Dogueraoua, Gidan-Idar, etc. Les défections ne se comptent plus, à croire qu’elles sont attisées et entretenues quelque part. Parallèlement à ces démissions, il y a eu aussi l’exclusion prononcée à l’encontre du sieur Amadou Djidout et de 19 autres camarades du parti, militants de la fédération de Mlabaza.

De grands noms, aussi bien dans les rangs des bailleurs de fonds que sur la liste des cadres et dirigeants du parti rose, pourraient, dans les jours à venir, faire leurs adieux à Mohamed Bazoum.

Au rythme où des pans entiers du Pnds s’effondrent, il y a de gros risques que le candidat Bazoum finisse sa campagne électorale actuelle dans un profond désarroi. Car, outre les démissions en masse qui ne se comptent plus, de gros pourvoyeurs d’électeurs sont annoncés sur la liste des départs. Des noms illustres qui ont porté haut l’étendard du Pnds sont donnés partants et le phénomène pourrait connaître une précipitation ces temps-ci. De grands noms, aussi bien dans les rangs des bailleurs de fonds que sur la liste des cadres et dirigeants du parti rose, pourraient, dans les jours à venir, faire leurs adieux à Mohamed Bazoum. Seulement, on ignore encore si ces démissions se font contre Bazoum ou si elles correspondent à un projet planifié avec le consentement et l’implication de l’intéressé. Si le Pnds ne s’est pas encore effondré, il est certainement en passe de l’être. Aucune fédération ne semble épargnée.

Un nouveau parti politique serait en gestation pour accueillir tous les transfuges du Pnds.

Selon des sources dignes de foi, le phénomène des défections en cascade qui frappe le Pnds Tarayya n’est pas fortuit. C’est la résultante d’une dynamique en cours, planifiée et mise en oeuvre sans état d’âme par un courant contestataire contre la candidature de Mohamed Bazoum au sein du Pnds. Selon ces sources, le limogeage d’Ousmane Idi Ango, tout comme les démissions enregistrées par devant une très haute personnalité centrale de l’Etat, seraient toutes des mises en scène en vue de tromper la vigilance de Mohamed Bazoum. Un Mohamed Bazoum qui continue à croire dur comme fer que les défections en cours sont isolées et qu’elles s’estomperont avec sa consécration inéluctable à la magistrature suprême.

Ousmane Idi Ango est-il un simple cheval de Troie d’un mouvement en gestation ?

Pourtant, il semble qu’il y a anguille sous roche. Un nouveau parti politique serait en gestation pour accueillir tous les transfuges du Pnds. Si Ousmane Idi Ango a démenti être parti au Pjp Doubara de Djibo Salou, il a toutefois souligné qu’il reste avec le Président Issoufou. Un président sortant dont le deal avec l’Etat finit dans sept mois exactement. À quelles fins ? C’est difficile de le dire pour le moment. Pour de nombreux Nigériens, il est tout de même intrigant qu’Ousmane Idi Ango lâche la proie pour l’ombre. Il doit avoir ses raisons, mais son choix, délibéré et assumé, met plutôt de l’eau au moulin de ceux qui pensent qu’il n’est qu’un cheval de Troie d’un mouvement en gestation.

Doudou Amadou

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