Noma Oumarou : La force d’une rancune

Noma Oumarou : la force d’une rancune

Depuis sa sortie de l’alliance, le Moden Fa Lumana, son président et ses res ponsables et autres militants plus généralement, n’ont jamais connu de répit de la part d’un régime qui les persécutait pour leur faire payer leur désir d’indépendance, leur volonté d’assumer leur différence, et ce la part d’un régime qu’ils aidaient pourtant à mettre en place. Mais la persécution, fut-elle féroce, n’aura pas eu raison de la combativité de ses militantes et de ses militants, de leur loyauté et de leur engagement. Ils résistèrent dans la dignité sans jamais renoncer à leurs convictions, déterminés à risquer une vie s’il le faut pour leurs idées, pour l’idéal que porte leur leader pour le Niger, pour la démocratie, pour la grandeur et la dignité de l’homme nigérien. Pour ceux-là, la politique ne saurait se faire sans morale, sans moralité et il décidèrent de ne jamais s’avilir, de ne jamais s’agenouiller même face à la « force », même face à la brutalité d’un système policier qui avait cru qu’il pouvait rabaisser le parti en lui imposant la galère, en l’inféodant à son autorité. La persécution, l’exclusion, le bannissement, rien de ce qui fut leur lot sous la Renaissance, ne réussirent à les affaisser et ils tinrent debout jusqu’au bout, fiers d’assumer leur choix et d’offrir aux Nigériens un modèle de dignité et de combativité et ce à un moment où, des consciences, dans une société en crise morale, gangrenée par la corruption, pouvaient se vendre à qui mieux mieux contre une position de confort dans le système, contre une impunité qui vous absout de vos fautes, contre, pour les moins veinards, une promesse que des Fama attendent depuis des années, oubliés par leurs « acquéreurs » préoccupés par d’autres conquêtes, par la traque de nouvelles victimes qui marchent sur les pièges de leurs appâts viandés.

Le dernier à tomber dans ce traquenard est un certains Noma Oumarou, alors président par intérim du parti de Hama Amadou qui pouvait lui faire confiance pour lui confier certains de ses pouvoirs que l’homme de confiance d’une époque n’a jamais su d’ailleurs assumer car invisible dans le combat d’un parti où il s’est toujours maintenu à l’ombre, recroquevillé sur ses timidités et son anxiété. On le croyait inoffensif, incapable de mordre. Depuis des jours, même ceux qui le connaissaient ne pouvaient plus reconnaitre l’homme : il a radicalement changé, et on le découvre sous la peau d’un autre, méchant, aveuglé par une rancune qui le sort de son humanité pour en faire aujourd’hui une bête blessée qui n’a plus que ses « sabots » pour faire mal, ne pouvant plus se servir de sa capacité réflexive pour comprendre que la vie est longue et qu’une amitié, fut-elle compromise, pouvait un jour servir car enfants de Dieu, notre vie, devrait être marquée par une certaine capacité à la tolérance pour laisser des chances à l’avenir. « Même crevés, les yeux laissent leur orbite », avise un adage. Même douloureux et désespérés, nous ne devons pas tout détruire. La colère détourne des voies recommandée, la haine perd son homme, le confie à Satan, non à Dieu. Noma et sa bande sont dans l’égarement depuis que leur vie ne s’est réduite qu’à vouloir le mal pour des hommes et des femmes qui ne leur veulent rien de mal, nonobstant cette ardeur bestiale qu’ils déploient depuis des jours à faire mal, à nuire, à détruire ce que des hommes et des femmes, par leurs larmes, leur sueur, souvent leur sang, leur énergie, leur intelligence et leur fortune ont mis à bâtir, âprement, méticuleusement.

Mais là, dans son agitation qui déborde, même ceux qui l’ont connu, se disent surpris de le voir dans un tel comportement. Qui ou quoi peut bien l’y pousser au point de s’embourber dans un tel extrémisme qui ne saurait lui faire de la bonne publicité ? Celui qui doit l’avoir employé, doit avoir misé gros ! Il s’accroche au parti, hargneux, à ne pas vouloir s’en détacher comme s’il avait à tenir pour un autre, une promesse, celle de pouvoir enfin, et pour le plaisir d’adversaires, le saccage d’une maison à laquelle il doit tout. Rien ne l’arrête ses colères ravageuses, pas même justice de laquelle l’homme s’en fout, cognant une tête contre un mur qui est pourtant un roc. N’est-ce pas Massaoudou qu’il y a « un noyau dur autour de Hama Amadou » ? Mais Noma est décidé à se fatiguer, à se ruiner une bosse dans la malveillance, à souffrir de ne pas pouvoir et de voir le Moden Fa Lumana lui échapper, engagé dans de nouvelles épopées et de nouvelles gloires quand lui sombre dans ses aigreurs, absorbés dans ses douleurs lancinante.

La récidive…

Alors qu’il mentait à dire qu’il se battait pour Hama Amadou et pour sa candidature, l’on savait qu’il ne disait pas vrai et que par cette précaution verbale, il cherchait à tromper quelques militants dont il pouvait abuser de la naïveté pour les entrainer dans un combat sans issue car le pire ennemi du Moden Fa Lumana sait que ce Noma ne peut faire le poids contre Hama Amadou dans le parti pour lequel, on s’est juste servi de son anonymat pour avoir cet appareil qui pouvait permettre à Hama Amadou de mener son combat politique, de survivre politiquement malgré les vastes complots qui le visaient depuis le régime de Tandja Mamadou dont il était pourtant un des artisans les plus en vue, sans doute aussi le plus emblématique. Pour quelle raison, sourd aux appels à l’ordre et à l’humilité de la part d’amis et de parents, Noma Oumarou s’était entêté, tête baissée, à conduire cette fronde contre le parti alors même qu’il ne peut se prévaloir d’aucune qualité pour porter un coup de force car désormais exclu de la plus belle manière par le parti dont on peut voir et de manière incontestable de quel côté se situe désormais la légitimité et la légalité depuis les dernières assises tenues à Dosso et ce à la suite d’un arrêt de justice qui remet en selle le parti contre ses rebelles. Qui connait ce Noma dans le parti a fortiori dans ce vaste Niger pour prétendre à une ambition présidentielle trop large pour ses fragiles épaules et surtout lorsqu’il arrive à ternir son image par un tel comportement. Qui a cru que cet homme d’une apparence débonnaire, pouvait être capable de tant de nuisance et de rancune ? C’était méconnaitre le nom – Noma. Chez les scientifiques cela pouvait nommer une maladie, et lui n’est pas moins qu’une autre dont a souffert le Moden Fa Lumana Africa depuis des mois qu’il traverse le corps de ce parti auquel il a inoculé le venin de sa malveillance. Peut-il avoir vu la démonstration de force que ceux qui sont restés fidèle à Hama Amadou et au parti ont fait voir ce samedi à l’opinion nationale, face au monde surpris par la popularité inaltérable de l’Enfant de Youri ? Comment peut-il, face à cette irréfutable réalité, continuer à s’agiter, s’humiliant par ses jérémiades, car tout le monde aura compris que par son entêtement, il se ridicule, se rend peu digne de respect. En choisissant de ne pas aller défendre sa cause au milieu des camarades pour évoluer en marge du parti, conviant un ramassis de militants ouvriers journaliers, mercenaires dans un combat politique qui ne les regarde pas et quelques hommes et femmes qu’on a dû lui prêter pour meubler sa fameuse réunion où on ne peut voir aucun responsable du parti reconnu si ce n’est lui-même, le sieur Seyni Méréda égarés sur les chemins, et la adame Akounou qui a pu oublier ses convictions et les valeurs de dignité qui commandaient en d’autres temps ses engagements politiques. Peut-elle rêver elle aussi de confort dans une démarche aussi peu noble ? Le Moden Fa Lumana ne peut se réduire à cette image triste de deux hommes qui peuvent, dans une joie artificielle, se faire des accolades comme s’ils triomphaient en face de cette maigre foule tout aussi triste car ayant compris, après la déroute qu’ils empruntaient un mauvais chemin, que l’on les à mène dans une entreprise sans issue. Qui n’avait eu le corps traversé de vives émotions en voyant cette foule dense, extraordinairement compacte, qui s’amassait, ivre de joies débordantes, et qui faisait corps avec ses responsables politiques, avec surtout un leader dont l’apparition dans une arène survoltée, comme une lune de fête de Ramadan qui vient délivrer des croyants d’un mois d’abstinence, de vie austère, faite de recueillement, venait, comme sous la montée d’une levure délicate, éveiller les âmes, réchauffer des coeurs de militantes et de militants qui retrouvent confiance et espoir dans leur combat politique, regardant avec confiance l’avenir qui s’annonce. Les deux événements politiques sont incomparables. On a vu d’un côté la ferveur, une ambiance surchauffée de militants qui ne résistent pas à l’extase d’une rencontre, de l’autre, par la nonchalance des deux vedettes, une ambiance campagnarde dans laquelle le forcing ne donne aucun naturel aux gestes, trahis par l’artificialité d’une joie inventée pour contenter la petite foule, décor d’une mise en scène pitoyable. Noma, dans sa subversion ne peut triompher dès lors qu’il n’agit que sous la pulsion d’un coeur rempli de fiel. Il faut arrêter la comédie. Elle n’a que trop durer.

Se raisonner pour raisonner ses actes… Il est bon, de savoir tempérer ses ardeurs, ses rancoeurs pour éviter de prendre des décisions qu’on pourrait regretter. Lorsque, Noma Oumarou, en vient à être si aveugle dans son délirant activisme, à refuser d’abord tout compromis, toute entendre qui préserve les relations, il est clair que l’ancien président par intérim a fait le choix de se fracasser le visage, en vrai kamikaze, comme si le désespoir l’amenait à se dégoûter de la vie. Les militants et les observateurs ont pu comprendre, après la réunion de réconciliation qu’il a fini par saboter en renonçant à ses engagements à travailler pour l’apaisement des relations à l’intérieur du parti, qu’il était loin, à un point de nonretour, engagé à aller au bout de sa logique, au bout de son entreprise.

Le débat est désormais clos. Les Juges l’avaient tranché. Les militantes et les militants l’ont démontré. Les Nigériens qui en sont témoin, l’ont reconnu et salué. Quelques aigris peuvent en souffrir. La Constitution ne s’y oppose pas. Les carottes sont désormais cuites pour Noma, et peut-être peut-il comprendre qu’il a à changer de métier car la politique ne lui va pas.

Ruminant des rancoeurs, ne pouvant plus survivre à ses déboires, il doit enterre sa hache de guerre rouillée. Et faire la paix avec luimême. Cependant le parti prend son envol, revient avec force dans l’arène politique.

Et la caravane passe…

Gogandy

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