Les fanfaronnades du guriste Iro Sani

La semaine dernière, suite à l’arrestation du président du FRDDR et la déclaration publiée par l’opposition politique pour exiger sa libération, l’actuel premier vice-président de l’Assemblée nationale Iro Sani s’est, en qualité de membre du comité exécutif national du PNDS-TARAYYA, répandu sur certains médias nationaux et internationaux pour s’attaquer à l’opposition, principalement à son chef de file Hama Amadou. Avec l’arrogance que tous ceux qui l’écoutent lui connaissent, l’homme a soutenu qu’eux les tenants du pouvoir sont courageux et forts et que les opposants ont peur d’eux. Il a même, de manière implicite, estimé que c’est eux qui ont obligé Hama Amadou à quitter le pays. A entendre M. Iro Sani, c’est comme si on était dans une scène de combat physique entre eux les tenants du pouvoir et les opposants et que les premiers ont réussi, par leur force physique, à dominer les seconds. C’est lamentable qu’à un tel niveau de responsabilité politique un homme public puisse raisonner comme l’a fait M. Iro Sani. Ce dernier pense-t-il que sans la force publique dont lui et ses camarades se servent, ils peuvent croiser les regards de certains nigériens jusqu’à prétendre leur faire peur ? Iro Sani pense-t-il que si c’est lui et ses camarades qui sortent affronter des militants de l’opposition, ces derniers auront si peur d’eux pour ne pas organiser des manifestations ?

A entendre ce responsable du PNDS-TARAYYA et deuxième responsable de la deuxième Institution de la République, c’est comme si c’est une lâcheté pour des citoyens de ne pas être en mesure d’affronter la force publique. C’est vrai qu’Iro Sani et ses amis ne cessent de rappeler que lorsqu’eux étaient à l’opposition, ils ont bravé les différents régimes. Mais ils refusent de reconnaître qu’aucun des régimes auxquels ils se sont opposés n’a été aussi brutal vis-à-vis de ses opposants qu’ils ne le sont aujourd’hui à l’égard de tous ceux qui critiquent leur gestion. Mais comme le chantent les élèves de l’école primaire, «laisser mouton courir, tabaski viendra». Le pouvoir de l’être humain ayant toujours une fin, un jour, Iro Sani et ses camarades céderont forcément la place à d’autres Nigériens qui vont certainement se comporter comme eux. On verra en ce moment s’ils sont vraiment les plus courageux des acteurs politiques nigériens. Les Nigériens verront surtout si lui Iro Sani ne parlera pas de «chasse aux sorcières» ou de «règlement de compte politique», quand on va lui demander de s’expliquer sur la cinquantaine de millions de francs CFA que certains médias lui reprochent d’avoir indûment touchés à son départ de l’Agence de Régulation des Télécommunications et de la Poste (ARTP).

25 mai 2017
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

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