Arrestations / Guri ne tire pas de leçon : Le cas de MAX représente une épine dans le pied du pouvoir

Amadou-Ali-DjiboLe Guri system ne sait absolument pas gouverner ! Voilà une réalité que les nigériens dans leur majorité ont fini d’assimiler. Tous ceux qui espéraient voir le PNDS, témoignaient d’une gouvernance inédite qui romprait d’avec les gestions passées, ont été complètement déçus depuis que ce parti est à la tête du pays. Chose étonnante et même choquante, c’est que le PNDS ne fait même pas l’effort d’apprendre sur le tas. En effet, à défaut d’oeuvrer de façon professionnelle, certains acteurs font le choix d’apprendre dans l’exercice de leur fonction ; ainsi d’amateurs, ils s’érigent en professionnels à force de vivre plusieurs expériences. Cette sage conduite n’est absolument pas l’apanage des Guristes qui, depuis qu’ils sont au pouvoir, continuent de multiplier et de répéter les mêmes erreurs. Les exemples sont bellement servis par l’actualité brûlante sur ces procès taillés sur mesure qu’ils commanditent sur les opposants et autres acteurs des syndicats ou de la société civile. Entre nous, à quoi ont réellement servi les arrestations des gens comme les parlementaires du LUMANA FA et des acteurs de la société civile et des médias ? Objectivement, cela n’a servi qu’à augmenter aux chapitres de mauvaises gestions, d’entorse aux Droits humains et aux libertés individuelles fondamentales. Tous ces acteurs jugés à la vavite et souvent incarcérés ont fini par être libérés sans que l’on découvre la réalité des allégations dites contre eux. Que de gâchis qui, normalement, auraient servi de leçon sous d’autres cieux et avec des acteurs beaucoup plus pragmatistes qui agissent avec du recul et de la retenue. Çà, ce n’est pas le PNDS car, aujourd’hui encore nous vivons ces procès avec le politicien MAX et les acteurs des syndicats de la société civile et des médias, en l’occurrence Baba Alpha et Ali Idrissa de la société civile. Si le sort de Baba Alpha semble sceller pour une incarcération presque inéluctable, pour le politicien MAX il nous faut encore attendre quelque jours ; en effet le délibéré a été renvoyé pour le lundi 27 Mai. Pour ce cas et de l’avis de plusieurs observateurs de la scène politique du pays, il serait bien hasardeux pour les Guristes de jouer avec le feu. En effet à travers le chef d’accusation même, on sent des hésitations, des spéculations langagières pour formuler une plainte qu’on a du mal à rendre totalement plausible.

Complot ou incitation, ces deux mots ne sont plus étrangers aux nigériens depuis que le Guri a accédé au pouvoir de manière pas tout à fait orthodoxe. Partout et à tout moment les Guristes sentent et voient un complot ou une incitation au complot que ne réside que dans leur entendement. C’est désormais devenu comme une psychose qui les empêche de dormir tranquillement. Que voulez-vous ? On a coutume de dire qu’un bien mal acquis ne profite jamais. Et, quelque soit la durée que Dieu met à faire triompher cette vérité, elle finira forcement à s’imposer. Pour les Guristes cette réalité est là, palpable. Ils sont inquiets, ils voient l’ombre des complots partout alors même qu’ils jurent de posséder la majorité des nigériens avec eux. On leur a pourtant dit de bien faire attention et de bien faire la différence entre les leaders politiques et le peuple. Chaque parti politique a une direction, un staff ; mais force est de reconnaître et d’accepter sans détour que chaque parti politique ne dispose pas de militants. Ne parlons même pas de la taille des militants qui composent l’électorat du parti. Il y a des partis politiques qui ne valent absolument rien que la taille des membres de leur staff. Derrière, il n’ y a rien ; ils ne peuvent même pas remplir une cabine téléphonique comme disait l’autre. Cet acharnement du Guri contre les opposants politiques et les acteurs des corporations et de la Société Civile qui sont accusés le plus souvent de complot dénote bien que ce pouvoir a peur et qu’il ne possède absolument pas la réalité du peuple avec lui. Pour l’heure le cas de MAX représente une épine dans le pied du pouvoir. Ils veulent bien mettre ce diseur de vérité à l’ombre. Cependant ici il y a un grand décalage entre ce que l’on veut et ce qui suivra comme conséquence. En effet, la déclaration de l’opposition politique sur ce cas est sans ambiguïté : l’opposition politique en a marre ; elle en a ras-le-bol ! Le ton et les mots utilisés traduisent une sorte de révolte qui veut s’exprimer sans détour aucun. Cette déclaration sonne comme un appel à la révolte et l’appel est lancé aussi bien aux structures de Niamey qu’à celles de l’intérieur du pays. De plus, l’opposition politique présente ce combat comme une quête d’une dignité usurpée, vu la manière arrogante et mesquine avec laquelle on concocte des griefs contre d’humbles citoyens, juste pour les humilier, les décourager dans leur élan d’appartenance à l’opposition. On le fait de manière éhontée avec des descentes humiliantes et cavalières chez les militants. MAX représente donc la goutte qui fait déborder le vase. Attention car toutes les luttes pour recouvrer une dignité usurpée ont réussi des résultats spectaculaires. Nous le disons, nous mettons en garde qui de droit ; cependant nous restons convaincus que ces gens aux oreilles dures ne reviendront jamais sur leurs décisions.

OUDOU

31 mai 2017
Source : Le Canard en Furie

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