Réaction du MNSD-NASSARA suite à des critiques contre son président : Le parti de Seïni Oumarou est-il en difficulté avec ses alliés du pouvoir ?

Réaction du MNSD-NASSARA suite à des critiques contre son président  Le parti de Seïni Oumarou est-il en difficulté avec ses alliés du  pouvoir ? Le Mardi 23 Mai dernier, le Mouvement National pour la Société de Développement (MNSD-NASSARA) a publié un communiqué de presse, dans lequel il disait répondre à «une personnalité politique de la place» qui, pour la quatrième fois, «se répand sur les médias pour s’en prendre au MNSD-NASSARA et à son Président. Mais quand on analyse de près le contenu du communiqué, on a l’impression que le MNSD-NASSARA a plutôt des problèmes avec ses nouveaux alliés du pouvoir – qui commencent peut-être à douter de sa sincérité – et qu’il tente de rassurer.

Nulle part dans son communiqué, l’ancien deuxième parti de l’opposition, qui a rejoint le camp du pouvoir avec armes et bagages depuis plusieurs mois, n’a donné l’identité de la personnalité politique qui l’a fait réagir. Or, étant l’élément central de ce communiqué et étant à sa quatrième sortie «sur les médias pour s’en prendre au MNSD-NASSARA et à son président», cette personnalité politique être nommément cité dans le communiqué. Mais à vrai, le souci du parti de Seïni Oumarou est moins de «s’engager dans une polémique futile commanditée par des groupuscules divers qui ont du mal à accepter qu’un parti comme le MNSD-NASSARA puisse décider librement de ses alliances», qu’à rassurer ses amis du pouvoir qui, peut-être, commencé à avoir des sérieux doute sur son engagement dans la mise en œuvre du programme de la Renaissance acte II qui constitue la marque du second mandat du Président Issoufou Mahamadou, dont le MNSD-NASSARA avait vivement contesté l’avènement. «Le Président du Parti ELHADJ SEINI OUMAROU entend entretenir des relations faites de loyauté, de sincérité, de transparence et d’honnêteté avec le Président de la République qui a démontré, à un moment où rien ne l’y contraignait, qu’il a le souci constant d’associer tous les nigériens à la gestion de l’Etat dans un esprit visant à asseoir la paix, la stabilité et pour ainsi dire une démocratie apaisée dans le pays confronté à des menaces multiformes».On n’a vraiment pas besoin d’être un analyste politique pour comprendre que ce passage du communiqué du MNSD-NASSARA ne s’adresse pas à la personnalité politique incriminée, mais plutôt au Président Issoufou Mahamadou et à son gouvernement.

C’est eux qu’on cherche à rassurer, comme si quelque part on s’est rendu compte qu’ils soupçonnent des choses. Cette sortie du MNSD-NASSARA pose d’autant plus d’interrogations qu’elle intervient au lendemain de la décision d’un groupe de partis politiques, qui ont suivi le parti de Seïni Oumarou dans sa transhumance vers la prairie rose, de se diluer dans le Mouvement Patriotique pour la République (MPR-Jamahoriya), parti créé par des anciens militants du MNSD-NASSARA, suite à la crise qu’a connue ce parti au lendemain de la formation du «gouvernement d’union nationale» par le Président Issoufou Mahamadou en 2013. Dirigé par l’ancien Secrétaire général du MNSD-NASSARA, M. Albadé Abouba, le parti MPR a, malgré son jeune âge, réussi à décrocher une quinzaine de poste de députés à l’Assemblée nationale, devenant ainsi le deuxième grand parti politique de la mouvance présidentielle, derrière le Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS-TARAYYA) du Président Issoufou Mahamadou, après les élections législatives et présidentielles de février et mars 2016. En débarquant avec sa vingtaine de députés, le MNSD-NASSARA a réussi à se mettre entre le PNDS-TARAYYA et l’APR. Mais, de nombreux journaux proches du pouvoir se sont, à un moment, interrogés sur le degré de sincérité du parti de Seïni Oumarou quant à son engagement au sein de la mouvance présidentielle. Ces journaux se sont appuyés sur le fait que le MNSD-NASSARA a refusé de siéger au sein de la Mouvance pour la Renaissance du Niger (MRN), regroupant les partis soutenant les actions du gouvernement, en créant l’Alliance pour la Paix et la République et qu’il publiait des déclarations dans lesquelles il s’autorise quelques critiques sur le pouvoir.  

1er juin 2017
Source : Le Monde d' Aujourd'hui                                           

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