Création d’un nouveau cadre de lutte entre les partis politiques et la société civile : Qu’est-ce qui fait peur aux Guristes ?

Depuis la décision prise, le 22 Mai dernier, par les partis politiques de l’opposition, les partis non affiliés et des structures de la société civile de créer un nouveau cadre de lutte, une certaine peur s’est emparée des Guristes au pouvoir. Eux qui, hier quand ils étaient à l’opposition, se sont servis des syndicats et des organisations de la société civile pour mener leur combat politique, trouvent aujourd’hui anormal que des structures de la société civile se rapprochent de l’opposition.

Au même moment que certains de leurs reprochent à l’opposition de manquer de courage et d’avoir peur d’eux, les Guristes au pouvoir paniquent aussi pour peu qu’ils sentent un semblant de pression du côté de cette opposition. Ainsi, depuis le 22 Mai où l’opposition, les partis non affiliés et des organisations de la société civile ont décidé de créer un cadre commun de lutte, il règne une certaine peur dans les rangs des tenants du pouvoir. Ils le font savoir à travers les vivres critiques qu’ils ne cessent d’émettre par rapport à ce nouveau regroupement. Ainsi, à travers les médias traditionnels (radios, télévisions, journaux) et les médias sociaux, ils ne font que vilipender les organisations de la société civile membres du nouveau cadre, les accusant de faire de la politique. Mais cette accusation fait sourire tous ceux qui ont suivi de près l’évolution politique du Niger depuis l’avènement du processus démocratique.

En effet, s’il y un parti qui s’est beaucoup servi des syndicats et organisations de la société civile dans son combat politique, c’est bien le PNDS-TARAYYA. On entend les dirigeants de ce parti et leurs porte-voix de la société civile dire que si des syndicats et des associations de la société civile ont fait partie de la Coordination des forces démocratique pour la République (CFDR), sous le régime de Tandja Mamadou, c’est parce que l’ordre démocratique était menacé. Pourquoi alors, à part l’Union des syndicats des travailleurs du Niger (USTN), aucune centrale syndicale ne s’est éloignée de la politique après la chute du régime de Tandja Mamadou et l’élection des nouvelles autorités en 2011 ? Ceux qui suivent les choses de près savent que la plupart des dirigeants des autres centrales étaient des militants cachés du PNDS-TARAYYA. La preuve est qu’aussitôt ce parti arrivé au pouvoir en 2011, la plupart d’entre eux ont des nominations au Cabinet du Président de la République, au niveau de celui du Premier ministre et au sein des autres Institutions de la République. C’est depuis cette date que les centrales syndicales sont devenues inexistantes, au point de ne pouvoir pondre même un misérable communiqué de presse quand des intérêts vitaux des travailleurs étaient menacés. Quant aux organisations de la société civile, la collusion entre certaines et le PNDS-TARAYYA est tellement devenu un secret de polichinelle que même sur des sujets essentiellement politiques, certains de leurs responsables sortent, sans baisser la tête, défendre le pouvoir. Mais comme ces responsables syndicaux et associatifs sont du «bon côté», ils sont bons, mais les autres qui ont choisi de mener leurs actions aux côtés de l’opposition politique sont des malpropres qu’il faut abattre à tout prix. Quelle conception de la démocratie ?

1er juin 2017
Source : Le Monde d' Aujourd'hui 

 

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