Révisions intempestives de la Constitution : Petit-à-petit, le Président Issoufou construit son règne à vie

Révisions intempestives de la Constitution Petit-à-petit, le Président Issoufou construit son règne à vie" Notre pays est géré par une majorité très ample qui est capable de réunir plus de 4/5 de voix des députés à l'Assemblée nationale (…) nous avons prouvé que sur des questions de ce genre-là, notre majorité est cohérente, elle a voté comme un seul homme " a déclaré le président du PNDS-Tarayya Bazoum Mohamed le jour du vote de la proposition de loi portant modification de la Constitution du 25 novembre 2010. En fait, il y a de quoi jubiler même si l'on peut mettre en doute la sincérité de la joie du ministre de l'Intérieur quant à l'adversité dont il est l'objet au sein de son propre camp. Mais là n'est pas notre propos. Nous disons que la joie du ministre Bazoum se justifie dans la mesure où la modification des articles 47, 48, 53, 59, 85, 99 et 100 de la Loi fondamentale a été votée par les 139 députés de la majorité présents à l'hémicycle. Ainsi, seuls les 31 députés du groupe parlementaire de l'opposition Lumana Zam-zam/Hankuri ont boycotté le vote de révision. L'on note que les élus du MNSD-Nassara ont aussi voté à l'unanimité à l'instar des autres alliés du parti au pouvoir. Ce premier ballon d'essai s'est donc avéré concluant.

Au prochain !
Selon le député de l'opposition Nassirou Halidou, le président de la République Issoufou Mahamadou pourrait bien invoquer un " manque de moyens " (lire son interview en pages 5 et 6) pour organiser des élections présidentielles en 2021. Cette hypothèse du député doit être prise très au sérieux parce que les prémices sont déjà là. Le gouvernement, on le sait, ne fait plus mystère des difficultés de trésorerie auxquelles il fait face depuis plusieurs mois. C'est d'ailleurs l'une des raisons avancées pour reporter sine die l'organisation des élections locales . C'est auss i, l'argument mis en avant par certains pour demander que l'élection partielle de Maradi devant pourvoir à un siège vacant de la circonscription ordinaire de cette région soit reportée/annulée. D'aucuns disent qu'il est hors de question d'investir 2 milliards dans cette élection partielle alors que le pays fait face à une rareté accrue de ressources financières. Sur ce point, donc, les esprits sont déjà " conditionnés ". Si l'on refuse d'organiser une élection locale et une législative partielle, qu'estce qui empêcherait de déclarer " forfait " pour des présidentielles par " manque de moyens " ? Rien. Absolument rien ! Comme dans le cas des locales où personne n'a véritablement bronché du report parce que les maires et conseillers reconduits sont issus des partis politiques , pour les présidentielles également, il n'y aura que l'opposition pour désapprouver. Or, sur les quelques 120 partis politiques légalement reconnus au Niger, la centaine se trouve dans la majorité présidentielle. Pour ces derniers, que des élections ne soient pas organisées et qu'Issoufou Mahamadou continue de régner indéfiniment ne peut être qu'une aubaine. Car, ils conserveront leurs strapontins au sommet et à l'intérieur des institutions de la République et du gouvernement. La plus part des alliés du PNDS-Tarayya n'ayant aucune ambition présidentielle. La preuve, ils ont renoncé à présenter de candidat aux élections présidentielles de 2016 contraints de soutenir de soutenir dès le premier tour le président sortant Issoufou Mahamadou. Seuls Cheffou Amadou du RSD-Gaskia et Abdou Labo du CDS-Rahama ont osé se présenter en 2011 bravant le mot d'ordre de la majorité présidentielle. Le premier s'est vite " repenti " et le second est présentement en prison, écroué dans l'affaire des bébés stigmatisés. Et ce n'est sans doute pas un Bazoum Mohamed qui barrera la route à Issoufou Mahamadou.

Une nouvelle révision de la Constitution en l'air.
Selon des sources bien informées, le régime envisage une autre révision de la Loi fondamentale quelques jours seulement après la première révision ci-haut évoquée. Là, il s'agit des articles 84 et 173 (lire en encadré). La Constitution de la 7ème République est donc en passe de devenir le brouillon de la copie d'un devoir de classe que l'on peut raturer à volonté et qu'on finit toujours par déchirer. Nous n'en sommes pas loin si l'on accorde du crédit à l'éditorialiste de la télévision Dounia, Mamane Mamadou, qui, parlant de tout autre chose évidemment, a affirmé dans le journal de 20h de dimanche dernier que le président Issoufou Mahamadou dit souvent : " un bon politique, gagne la guerre, d'abord, avant de la déclarer ". Devrons-nous comprendre que le président de la République a déjà gagné la " guerre " de son maintien indéfini au pouvoir avant de la " déclarer " ?
Ibrahim Yéro
08 juin 2017
Source : L'Eclosion

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