Lutte contre la corruption / Le Président Bazoum Mohamed peut avoir le courage d’annuler des marchés conclus sous Issoufou : Mais, et l’argent volé à l’État ?

Les choses commencent à se gâter. Les petits pas de Bazoum Mohamed commencent à faire leurs effets. Entre doutes, incertitudes et supputations de toutes sortes, les Nigériens sont pris un tourbillon qui désoriente. Plus personne n’est sûre de ce qu’il défend, avance et promeut. Les informations fiables se font rares et les rapportages, teintés de partis pris, ne rendent pas les choses faciles. Une situation qui profite largement à Bazoum Mohamed qui se fraie, peut-être péniblement, mais sûrement, un chemin vers le succès. Le succès ? Lorsque vous interrogez les Nigériens, beaucoup d’entre eux se disent pourtant sceptiques quant à un succès de l’intéressé. Pour eux, Bazoum Mohamed joue avec le feu en entretenant un espoir qu’il ne peut faire fleurir. « A moins de 100 jours de sa prise de fonction, Bazoum Mohamed a annulé deux (2) marchés d’au moins mille (1000) milliards e francs CFA émis sous son prédécesseur, Issoufou Mahamadou », peut-on lire dans un post publié par la journaliste et blogueuse Samira Sabou. Des actes salués par l’opinion publique nationale comme étant une volonté de la part de Bazoum de mettre un terme à la corruption et aux détournements des deniers publics. Mais, en même temps que l’annulation des deux marchés incriminés – encore que la construction du pipeline n’est pas encore un contrat annulé – fait gagner à Bazoum quelques points dans l’appréciation générale de ses premiers pas, elle suscite aussi des interrogations.

Et si, l’annulation de ces marchés n’était que du leurre et qu’elle procède juste d’un coup d’éclat médiatique ? Jusqu’ici, l’information sur ces décisions qu’on prêt au Président Bazoum n’est pas officielle. Ce sont de simples rumeurs défrayées et colportées grâce au fantastique réseau des réseaux sociaux. On n’a ni entendu un conseiller ou porte-parole de Bazoum le signifier publiquement, encore moins l’intéressé lui-même le faire. Pour le moment, les coups d’éclat médiatique marchent. Mais, jusqu’à quand ? Bazoum Mohamed ne pourra pas, c’est certain, gouverner en endormant les Nigériens avec des gestes simulés. D’ailleurs, des voix commencent à se demander pourquoi en reste-t-il là si tant il est vrai qu’il mène une lutte véritable contre la corruption ? A l’occasion des 100 jours qui interviendra en début de juillet 2021, les vrais enjeux vont être abordés par les citoyens et il n’est sûr que Bazoum puisse s’en tirer à bons comptes.

D’ores et déjà, les Nigériens semblent se demander pourquoi Bazoum est-il en mesure d’annuler des marchés sans être capable de récupérer l’argent pris à l’Etat dans des affaires scabreuses de toutes sortes ? Il ne peut pas prétendre l’ignorer. À ce jour, il n’a soulevé que de la poussière, estiment certains qui se disent jusqu’ici non convaincus de la bonne foi du président actuel. Pour eux, et ils sont nombreux, entre Issoufou et Bazoum, c’est bonnet blanc, blanc bonnet. Il n’y a pas de différence fondamentale et la gouvernance faite de surplace de ce dernier le prouve amplement. Ce marché d’acquisition du S.312 Tucano dont il a été récemment question a-t-il jamais existé ? Des Nigériens disent en douter. Si Bazoum Mohamed peut affronter Issoufou Mahamadou au point de s’opposer à l’exécution de marchés conclus par ce dernier, il peut également agir à combler les attentes de ses compatriotes dans la lutte contre la corruption et les infractions assimilées.

Dans ce débat public qui s’installe et qui doit, à terme, mettre de la lumière sur les véritables desseins de Bazoum Mohamed, les partisans d’Issoufou, notamment, s’affolent et s’agitent. Et si ça se limitait encore aux militants de base, les choses ne seraient aussi tragiques pour eux. Sur les réseaux sociaux, ils se répandent, exposant au grand jour leur désarroi. Ce sont ces sorties osées qui mettent davantage un brin de crédit à la situation colportée par les médias. Les relations entre Issoufou et Bazoum sont-elles au beau fixe ? Qu’en est-il exactement de la volonté prêtée à Bazoum de remettre en cause plein de choses dans lesquelles l’Etat a été spolié de ses ressources ? Est-il réel qu’il a l’intention de faire payer tous ceux, civils comme militaires, qui sont incriminés dans les scandales connus ? Iro Sani deuxième vice-président de l’Assemblée nationale au cours de la législature passée, n’est pas passé par quatre chemins pour s’exprimer sur ces informations qui font les débats dans les salons et les médias actuellement. Dans un post publié sur sa page, il écrit ceci : « Si tu as un frère de même père et même mère et que quelqu’un vienne te dire que toi, tu es un type et que ton frère est très mauvais, c’est toi qu’il insulte et non ton frère ». Et il précise sa pensée en soulignant que « tout celui qui insulte le Président Issoufou Mahamadou tout en louant le Président Bazoum, c’est plutôt le Président Bazoum qu’il insulte sans vergogne ». Iro Sani n’a pas certainement adressé son message à ses compatriotes, mais à Bazoum Mohamed qui pourrait être soupçonné d’accorder du crédit aux propos et écrits qui louent ses façons de faire. Quoi qu’il en soit, les sources, crédibles, sont de plus en plus nombreuses à soutenir que le désarroi qui s’installe autour d’Issoufou Mahamadou. Iro Sani, cité dans une affaire de libéralités illégalement perçues à l’Artp, suscite les moqueries dans les discussions de salon.

YAOU

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