Les détenus politiques d’Issoufou Mahamadou : Une épine dans le pied du Président Bazoum !

Le Niger du régime de la renaissance Acte III fait sans partie du peloton de tête des Etats les plus répressifs dans le monde, selon un classement dressé par Amnesty International, en dépit de la nature démocratique de son système politique. Ce triste record est l’héritage funeste des deux (2) quinquennats d’Issoufou Mahamadou, cet imposteur politique qui avait su déguiser sa véritable nature de dictateur consommé derrière des oripeaux démocratiques pour conquérir le pouvoir suprême afin de réaliser tous ses fantasmes primaires. En effet, sous des dehors trompeurs, se dissimulait, en réalité, un autocrate redoutable, un assoiffé de pouvoir, prêt à tout pour conquérir le pouvoir et le conserver par tous les moyens, la fin justifiant sans doute les moyens pour lui. Dans cette quête du commandement suprême, l’homme était sans pitié, cynique et d’un sadisme dont le Marquis se serait rendu jaloux s’il avait connu Issoufou Mahamadou. Adepte de la ruse en politique, plutôt que de l’art de la conviction, ce démago aux petits souliers (en témoigne son fameux slogan politique, ’la force des arguments et non l’argument de la force’’) n’hésitait pas à marcher sur le dernier des cadavres nigériens pour maintenir et solidifier son trône. En dix (10) ans de règne, les uns et les autres ont pu découvrir le vrai Issoufou Mahamadou, sans fards, sans masque, dans toutes ses contrariétés, loin, très loin de l’image d’homme doux, affable, bienveillant qu’il ne cessait de donner de lui pendant la longue traversée du désert qu’avait connue sa carrière politique. Il avait trompé la presse en signant la fameuse ‘’Table de la montagne’’ par laquelle il disait renoncer à poursuivre un journaliste en justice, et pourtant, son régime fut le plus grand prédateur de la liberté de la presse de toute l’histoire démocratique du Niger. Sous son régime, plusieurs confrères ont séjourné dans ses goulags pour avoir simplement décrié sa gestion patrimoniale de l’Etat et l’impunité qu’il avait érigée en règle d’or de gouvernance. Il avait réussi à faire taire une télé privée de la place, jugée trop critique à son égard, en la faisant racheter par des membres de son entourage ! Sous son régime, l’octroi du fond d’aide à la presse, une trouvaille formidable de la Cinquième République de Tandja (Paix à son âme !), était devenu, d’abord sélectif (on parlait de ‘’médias amis’’ et ‘’médias ennemis’’), avant d’être définitivement arrêté. Même le rejeton, propulsé Directeur-Adjoint de Cabinet par ‘’papa président’’, y avait mis du sien, en poursuivant et en faisant condamner en justice une journaliste bloggeuse pour diffamation  alors même que ce chef d’accusation ne fait plus l’objet d’une condamnation pénale au Niger, depuis la fameuse loi sur la dépénalisation du délit commis par voie de presse, mais seulement donne lieu à une condamnation civile par le versement de dommages et intérêts, si le journaliste ou l’organe de presse est reconnu coupable par la Justice de ce chef d’accusation. Tout de même, la pauvrette bloggeuse passera quelques mois dans les galères royales d’Issoufou Mahamadou, avant d’être libérée par la Justice, par un non-lieu surprenant !

Il avait également trompé les membres de la Société civile, dont il s’était, auparavant, servi dans sa conquête du pouvoir, en rendant difficile l’exercice démocratique de la liberté de manifester qu’il faisait réprimer sévèrement, soit par les forces de l’ordre déployées en grand nombre avec un impressionnant dispositif pour mater les manifestants, soit par la Justice pour les jeter en prison. On ne compte plus le nombre d’animateurs de cette Société civile embastillés par le régime de la renaissance d’Issoufou Mahamadou, dont le seul crime n’était ni d’avoir tué quelqu’un, ni d’avoir détourné de l’argent public, mais, dont le seul tort, s’il en était un, était d’avoir tout simplement dénoncé les travers du régime mafieux d’Issoufou Mahamadou et de son clan politique ! Ainsi, pour une manifestation contre une loi des finances scélérate, plusieurs membres de ce mouvement citoyen avaient passé des longs séjours dans les geôles du régime, sans aucune forme de procès, avant d’être, finalement, relaxés par la Justice, devant la vacuité des dossiers et les légèretés des charges invoquées lors de leurs arrestations.

Les purges ne se sont pas limitées à ce niveau, elles ont aussi concerné le monde politique qui a eu son lot d’emprisonnements d’opposants politiques, juste pour avoir pointé du doigt les injustices sociales faites aux Nigériens dans leur ensemble. C’est le cas du processus électoral passé, un processus électoral exclusif, irrégulier dans son principe et dans son fonctionnement, émaillé de nombreux incidents qui étaient de nature à en altérer les résultats. Eh bien, pour avoir dénoncé toutes ces insuffisances criardes, un certain nombre de Nigériens ont été arrêtés et écroués par le régime liberticide d’Issoufou Mahamadou ! Aujourd’hui, près de cinq (5) mois après l’installation des nouvelles autorités politiques, ils sont plus de 400 détenus politiques disséminés dans les différentes prisons du pays, souvent dans des conditions d’incarcération déplorables, comme s’il s’agissait de criminels nazis, tenus éloignés de leurs familles qui doivent parcourir de longues distances pour les visiter ou pour leur apporter des ravitaillements.

Le Président Mohamed Bazoum, déjà fort apprécié de nos concitoyens pour la simplicité de l’exercice du pouvoir et pour la volonté affichée de faire régner la justice sociale dans le pays, devrait se pencher sur le cas de ces détenus politiques. Evidemment, on connaît bien le moyen commode de contourner la question en arguant de la fameuse séparation des pouvoirs, et que ce serait à la Justice de les libérer et non au pouvoir exécutif. Cependant, personne n’est dupe à ce sujet, l’indépendance de la magistrature dans nos pays relève plus de la théorie que de la réalité. Pour preuve, récemment, en Côte d’Ivoire, le président Ouattara et Gbagbo ont allumé le calumet de la paix, et dans ce sillage, à la demande de Gbagbo, les partisans du FPI détenus, suite aux violences post-électorales de 2011, ont été libérés. Le Président Bazoum, dans sa volonté de rassembler les Nigériens, pourrait s’inspirer de l’exemple ivoirien pour faire libérer tous ces détenus politiques, surtout qu’ils ne sont pas ‘’ses prisonniers politiques’’. Le rétablissement de la justice sociale passe nécessairement par cet acte noble qui corrigera, on ose l’espérer, une partie des abus de pouvoir commis par son prédécesseur.

A lui, maintenant, président Bazoum, de bien saisir cette belle occasion pour convaincre les derniers sceptiques de nos concitoyens sur sa capacité et sur sa détermination à rassembler les Nigériens au-delà de leur appartenance politique ou autres !
Sanda

 

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