Affaire Ibou Karadjé : Pourquoi le Président Bazoum ne peut s’accommoder d’un Ouhoumoudou Mahamadou ?

Le Journal Le Courrier a investigué sur les procédures techniques afin de lever un coin de voile sur les responsabilités précises de certaines personnalités non encore inquiétées par la justice. C’est notamment le cas du Premier ministre actuel dont la responsabilité dans ce scandale ne souffre d’aucun doute. Voici le cheminement que les différentes lettres de paiement par anticipation sans ordonnancement préalable de la Présidence ont pris. Lisez plutôt. Le directeur de Cabinet du président de la République est l’ordonnateur du budget de la Présidence. Quand il y a une dépense urgente, le directeur des ressources financières et matérielles (Drfm) de la Présidence qui est l’administrateur des crédits, initie une lettre pour le ministère des Finances qu’il soumet à la signature du Dircab ou un de ses adjoints. Arrivée au ministère des Finances, le Secrétaire général dudit ministère impute la lettre au directeur général du budget (Dgb). Ce dernier adresse une correspondance au Trésor.Cette correspondance est signée, soit par le directeur général du budget pour les montants ne dépassant pas 50 millions de francs CFA, soit par le Secrétaire général lorsque le montant en question se trouve compris entre compris entre 50 millions et 100 millions et enfin par le ministre, ordonnateur principal du budget général de l’Etat, dans les cas où le montant en cause dépasse les 100 millions de francs CFA. Une fois que la lettre de la présidence, signée par l’une de ces trois personnalités, parvient à la direction générale de la trésorerie et de la comptabilité publique (Dgtcp), elle est dirigée chez le directeur général du Trésor qui, à son tour, l’impute au payeur général du trésor (Pgt). Celui-ci vérifie l’authenticité de la signature, puis l’impute au service Régies pour traitement.

Chaque semaine, tous les lundis, se tient la réunion de trésorerie. Au cours de ladite réunion, le Dg du Trésor rend compte au comité de trésorerie présidé par le Sg du ministère des Finances, de toutes les lettres de paiement par anticipation sans ordonnancement préalable. Et pour faire suite à ce compte-rendu, la Dgtcp adresse à l’institution responsable desdites dépenses les lettres de demande de régularisation exigée par la loi. Ce que la Dgtcp a régulièrement fait dans le cadre des montants concernés par le scandale Ibou Karadjé. Sans obtenir la moindre réponse d’Ouhoumoudou Mahamadou. Dans ce scandale financier à huit milliards de francs Cfa, c’est la gouvernance du Président Bazoum qui se trouve «empoisonnée », lui qui se trouve obligé de s’accommoder d’un Premier ministreimpliqué dans une affaire de corruption alors qu’il a déclaré vouloir faire de la lutte contre ce fléau, son cheval de bataille.

Laboukoye

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