Comportement de l’opposition politique : Respect de la légalité ou peur du combat ?

Les observateurs de la scène politique n’ont plus aucun doute : l’opposition politique a rendu les armes. Pour rappel, Mahamane Ousmane sera le premier président de l’ère démocratique. Il le sera avec le soutien d’une alliance de partis dit de changement dont le PNDS de Mahamadou Issoufou. Baré Maïnassara, alors colonel, mettra fin à la présidence de Ousmane au prétexte d’une cohabitation tumultueuse intervenue après le départ du PNDS de l’alliance. Il sera président de l’Assemblée durant les deux mandats du président Tandja. A L’arrivée, en 2011, de Issoufou Mahamadou à la présidence de la République, Ousmane commencera une traversée du désert. On lui arrachera son parti, la CDS. Aux élections générales de 2015 et 2016, il se présentera sous la bannière du parti Hankouri. Au fond du classement à l’issue de ces élections, il bénéficiera du soutien du parti de Hama Amadou en 2021. Il sera propulsé au deuxième rang après le parti au pouvoir. Il sera qualifié au second tour dont il revendiquera la victoire. Entre temps une Commission électorale aux ordres proclamera Bazoum vainqueur et une Cour Constitutionnelle sourde entérinera. Ousmane contestera et refusera de reconnaître les résultats. Niamey, le fief du parti de Hama Amadou, bougera. Lui et ses camarades de parti seront arrêtés. Devant le fait accompli, et au prétexte du respect de la légalité, Ousmane s’adressera à la CEDEAO. Il rangera les armes en attendant la décision cette institution sous régionale qui, même si elle lui donnait raison, ce qui est peu probable, ne changerait rien du tout. Et ce n’est que le 27 juillet dernier, suite aux rumeurs d’un probable rapprochement entre le Président Bazoum et le parti de Hama Amadou, que la coalition ayant soutenu le candidat Ousmane organisera un point de presse auquel évidemment le Lumana ne participera pas. Pourtant les occasions pour que l’opposition donne de la voix n’ont pas manqué et ne manquent pas.

On se rappelle que les socialistes, du temps où ils étaient à l’opposition, ont fait feu de tous bois pour quelques malheureux millions des lettres d’autorisation de payement (LAP) et des payements sans ordonnancement préalable(PSOP) du regretté Zakou Djibo qu’ils appelaient le tapissier brocanteur. On se rappelle aussi q’un premier ministre a été démis et envoyé en prison pour moins de cent millions. Aujourd’hui, dans la seule affaire Ibou Karadjé, c’est environ huit milliards qui ont été sortis frauduleusement du Trésor public. Sans compter les révélations de la HALCIA, de l’Inspection générale et de la Cour des comptes, les scandales du ministère de la Défense, de la Sopamin, du pétrole…

Cette affaire de Ibou Karadjé a pour scène la présidence de la République. De cette affaire on sait entre autres que de faux bons de transport ont servi pour retirer de l’argent des caisses de l’Etat. Deux responsables d’agences de voyage ont été arrêtés. Qui sont les bénéficiaires de ces billets d’avions ? Les at- on entendus ? Quel est leur degré d’implication ? On peut naturellement, on le doit pour la manifestation de la vérité, se poser la question de savoir qui autorise ces voyages ? Ibou Karadjé a des chefs. Il n’est pas ordonnateur. Pourquoi, depuis tout le temps que dure cette fraude, aucun responsable de la présidence n’a émis un soupçon de doute ? La responsabilité des chefs de cette administration est patente. S’ils ne sont pas complices, ils ont au moins fait preuve de négligence. Et elle doit, dans un pays normal, être située et sanctionnée. On ne promeut pas quelqu’un qui fait preuve de négligence qui a coûté huit milliards au Trésor public. Qui plus est il se dit que des proches de l’ancien président sont concernés par cette affaire. Pourquoi l’opposition ne s’est pas saisie de cette affaire ? Elle a rendu les armes. Sinon, la dernière sortie de l’ancien président Issoufou Mahamadou aurait pu être du pain béni pour elle. Le simple fait qu’il parte en vacances avec les attributs de l’Etat suffit pour secouer le pouvoir. Il y a au Niger une unité dédiée à la protection des hautes personnalités. Il aurait été plus judicieux qu’elle accompagne Issoufou Mahamadou, ancien président, au lieu de la garde présidentielle qui comme son nom et ses attributs l’indiquent relève et sert exclusivement le président en exercice. Le rôle de l’opposition est d’attirer l’attention des tenants du pouvoir au respect de la loi. Malheureusement, il n y a rien en face. La preuve. Le président, après seulement quelques mois, s’offre des vacances. C’est un droit. Mais le pauvre fonctionnaire doit travailler un an pour bénéficier de vacances ou plutôt de congés. Ils sont rares à s’offrir de vacances. Le Niger est un long fleuve tranquille. Au propre comme au figuré.

Modibo

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