Report de la législative partielle de Maradi Issoufou Mahamadou : le torpilleur de la Constitution ?

Report de la législative partielle de Maradi Issoufou Mahamadou : le torpilleur de la Constitution ?Quelques jours après le toilettage forcé de la Constitution et du Code électoral, le président Issoufou Mahamadou piétine de nouveau les textes et les lois de notre pays en décidant de façon cavalière du report de la législative partielle de Maradi. Bienvenue dans la République bananière du Guristan.

Pour rappel, sachez que la vacance dudit siège de député de la circonscription ordinaire de Maradi fait suite au décès du suppléant du parlementaire titulaire, ce dernier occupant un poste nominatif offert gracieusement par la Renaissance. Alors, conforment à la Constitution, la Cour Constitutionnelle avait émis un arrêt, en date du 7 mars 2017, aux fins de se conformer à la loi fondamentale. Après avoir constaté la vacance du siège de député occupé par Monsieur Maman Oumarou, la Cour dit en substance " que le siège ainsi vacant doit être pourvu par élection partielle dans la circonscription électorale ordinaire de la région de Maradi ", et que " le collège électoral en vue de cette élection partielle doit être convoqué dans les deux (2) mois à compter du présent arrêt ". D'où le décret n°2017-339/PRN MISP/D/ACR en date du 05 mai 2017 signé du président de la République. Aux termes de ce décret, le corps électoral pour l'élection législative partielle est convoqué pour le dimanche 30 juillet 2017.

Jusqu'ici, tout semble aller dans le respect de la Constitution. Sauf qu'entretemps, la Renaissance traîne les pieds, notamment en rejetant les dossiers de candidatures présentés par certains partis politiques, spécifiquement le PNDS-Tarayya, le PNA Al 'Oumma, le PJD de Hakika, le Modem FA/Lumana et le RDR Tchandji. Ce refus inexpliqué dans quel but procède-t-il ? En réalité, la Renaissance faisait dans le dilatoire aux fins de sortir le grand jeu au dernier moment. Le masque est tombé, dira-t-on avec ce décret du président Issoufou repoussant sine die l'élection partielle. En effet, en début de semaine, les Nigériens apprendront, non sans surprise, le report de la joute électorale à une date ultérieure. Si le premier décret instituant l'élection partielle répond à un impératif constitutionnel, le second quant à lui tord le cou à la loi fondamentale. Objectivement, qu'est-ce qui motive cette décision du président de la République ? En tout cas aucune exigence légale n'explique ce report. D'aucuns avancent le prétexte fallacieux de l'introduction d'un projet de modification de certains articles notamment l'article 84 traitant justement de l'élection des députés. Mais, il ne faut pas se laisser leurrer, ce projet intervient à un moment voulu par le régime aux fins de sursoir à l'élection partielle. Un alibi fabriqué de toutes pièces par les théoriciens de la Renaissance. Par cet acte en porteà- faux avec les dispositions constitutionnelles, Issoufou Mahamadou revêt ses habits de torpilleur des lois de la République. Faut-il le rappeler, tout projet de révision des articles de la Constitution doit avoir l'aval de la Cour Constitutionnelle. Pourtant les guristes n'ont pas attendu l'avis de cette institution. Cette façon à la Rambo traduit la sournoise intention des tenants du pouvoir. Bientôt, rien ne les arrêtera dans leur perfide entreprise visant à tout dynamiter pour s'agripper aux rênes de l'État en vue de préserver leurs intérêts bassement personnels. À terme, le président de la République risque de se transformer en un monarque tout-puissant.

23 juin 2017
Source : Le Courrier

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