La posture pitoyable d’Oumarou Dogari

S’il y a quelqu’un à plaindre ces derniers temps, c’est bien le Président du Conseil de ville de Niamey, le très fier du double titre de «Député-maire» Oumarou Moumouni Dogari. Militant de première heure du Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine (MODEN-FA/ LUMANA-AFRICA), l’homme a été une des premières victimes des mauvais rapports entre sa formation politique et le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (Pnds-Tarayya), un peu moins de deux ans seulement après la conclusion de leur alliance pour les élections de 2011. Il fut d’abord débarqué de son poste de Président du Conseil de ville de Niamey pour une simple affaire d’un prêt qu’il aurait contracté au nom de la Ville de Niamey, alors même que des responsables d’autres collectivités qui auraient contracté le même prêt n’avaient jamais été inquiétées.

Le même Oumarou Moumouni Dogari faisait partie des personnalités du MODEN-FA/LUMANA AFRICA arrêtés suite à un mystérieux incendie qui s’est déclaré à l’ancien siège du Pnds-Tarayya et par rapport auquel l’enquête tarde toujours à produire ses résultats. Avec son ami Soumana Sanda, il fut encore arrêté et jeté en prison lors de l’accueil réservé à Hama Amadou à son retour d’exil en 2014. Avec les militants de son parti et ceux des autres partis de l’opposition, Oumarou Moumouni Dogari a souffert de toutes les privations des libertés que le Pnds- Tarayya impose aux Nigériens, notamment l’interdiction des manifestations qui date depuis 2018 comme l’a si bien relevé le rapport spécial de l’ONU aux droits de l’homme lors de son récent passage au Niger. Si cela ne tenait qu’à la seule volonté du Pnds- Tarayya, ce même Oumarou Moumouni Dogari n’allait jamais retrouver son fauteuil de Président du Conseil de Ville de Niamey suite aux dernières élections locales dont tout le monde connait les conditions d’organisations. Mais par la volonté de Dieu et le soutien des militants de son parti et des conseillers des autres partis de l’opposition, l’homme a réussi à battre – avec un petit écart d’ailleurs – le candidat positionné par le Pnds-Tarayya pour prendre la tête de la Ville de Niamey. C’est donc avec beaucoup de surprise que les observateurs constatent que ce militant du MODEN-FA/ LUMANA-AFRICA fait montre d’un excès de zèle dans l’interdiction des manifestations de la société civile, à travers des arguments tirés par les cheveux. On comprend que le «Député-maire» ait une peur bleue du Pnds-Tarayya qui lui a déjà administré la preuve qu’il peut marcher sur le Code des collectivités pour lui régler son compte. «Celui qu’un serpent mord doit avoir peur du bout de la corde», dit un adage populaire. Mais qu’est-ce qui garantit à Oumarou Moumouni Dogari que même lorsqu’il exécute à la lettre toutes les sales besognes qu’ils lui confient les responsables du Pnds-Tarayya renoncer à leur boulimie du pouvoir et le laisser continuer à trôner à la tête d’une ville comme Niamey qu’ils cherchent par tous les moyens à contrôler dans leur stratégie d’asseoir un pouvoir hégémonique au Niger ? Qu’est-ce qui lui prouve qu’ils ne sont pas en train de le rendre impopulaire pour que quand il sera éjecté demain il n’y ait personne pour s’apitoyer sur son sort ?

Salifou Hamidou

 

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