Interdiction de la manifestation de la société civile à Niamey : La manoeuvre inintelligente des Guristes

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La manifestation projetée par les organisations de la société civile n’a finalement pas eu lieu hier dimanche à Niamey. Elle a été interdite par les tenants du pouvoir. Cette interdite s’est faite au moyen d’une manoeuvre dépourvue de toute intelligence.

Quelques heures avant de signer l’arrêté interdisant la manifestation de la société civile, le président du Conseil de la Ville de Niamey, Oumarou Moumouni Dogari, devenu désormais l’homme à tout faire du pouvoir pour s’accrocher à son fauteuil, a signé un autre arrêté interdisant une manifestation que le principal parti au pouvoir s’apprêtait à organiser pour célébrer son anniversaire. Tout le monde a vite compris la manoeuvre car sans l’aval des responsables du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (Pnds- Tarayya), visiblement apeurés par ce qui se passe dans certains pays de la sous-région, lui Oumarou Moumouni Dogari, militant de leur bête noire qu’est le Mouvement démocratique pour une fédération (MODEN-FA/ LUMANA-AFRICA), n’osera jamais – même avec du piment dans les yeux – d’apposer sa signature sous un arrêté interdisant leur manifestation. Nombreux sont les Nigériens qui ont éclaté de rire en voyant cet arrêté du Maire de Niamey interdisant la manifestation du Pnds-Tarayya. Aussi curieux que cela puisse paraître, c’est à coeur joie que les militants du même Pnds-Tarayya ont partagé le document sur les réseaux sociaux, comme on cherchait à démontrer à la communauté internationale que même une manifestation du parti au pouvoir a été interdite à plus forte raison celle de la société civile. Avec les interdictions répétitives des manifestations, les guristes au pouvoir donnent une autre preuve aux Nigériens et au monde entier qu’ils sont tout le contraire de ce qu’ils disaient être quand ils étaient à l’opposition. Alors qu’ils se faisaient passés comme les plus attachés au respect de la démocratie, leur séjour au pouvoir a démontré que même les régimes militaires que le Niger a connus n’ont pas malmené les principes élémentaires comme ils l’ont fait depuis qu’ils sont arrivés au pouvoir en 2011. En plus d’embrigader toutes les institutions républicaines, ils se sont investis à briser les partis politiques de l’opposition, les organisations syndicales et de la société civile, ainsi que les médias de la presse privée. Alors qu’ils ont toujours critiqué l’organisation des élections organisées par les précédents régimes, allant jusqu’à qualifier celles de 1996 et 1997 de «hold-up» électoral et nier toute légitimité aux institutions qui en étaient issues, eux ont organisé des élections que les Nigériens et les observateurs internationaux honnêtes s’accordent à considérer comme les plus manipulées de l’histoire électorale du Niger, avec le maintien en prison d’un candidat qualifié au second tour de la présidentielle en 2016 et des scores à la soviétique pour le candidat du pouvoir en 2021. Alors qu’ils se faisaient passer comme les plus intègres et les moins intéressés par l’argent parmi les acteurs politiques nigériens, quand ils étaient dans l’opposition, les guristes ont donné la preuve, au cours de leur séjour au pouvoir, qu’ils sont très liés à l’argent et à l’accumulation des richesses. Beaucoup parmi eux sont devenus des multimillionnaires ou même des multimillionnaires, souvent à travers des malversations, de la corruption des détournements des deniers publics. Presque tous les sondages et les toutes les études menés par des organisations nationales ou in ternationales ont démontré que la corruption n’a jamais atteint un seuil inquiétant que ces dix dernières années où le Pnds-Tarayya gère le pays. Des trafics de drogues et de tous genres se sont développés, faisant du Niger un des pays où la drogue circule de manière régulière. Alors qu’ils accusaient leurs prédécesseurs d’être des simples «valets locaux de l’impérialisme», les guristes au pouvoir se sont révélés être les meilleurs amis des pays occidentaux à qui ils ont grandement ouvert les frontières du pays pour venir y installer des bases militaires et dresser des barrières aux jeunes migrants africains. C’est sous le régime du Pnds-Tarayya qu’un ministre de la République du Niger peut ignorer les principes élémentaires de la diplomatie et de la souveraineté pour s’attaquer ouvertement aux dirigeants d’un pays voisin pour faire plaisir à la France colonisatrice.

Salifou Hamidou

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