‘’Agenda caché’’ de la Dynamique des syndicats de l’éducation Mamoudou Djibo PhD atteint aussi de paranoïa?

Du 31 janvier au 1er février 2022, ‘’la Dynamique des syndicats de l’éducation du Niger’’, une coalition syndicale du secteur de l’éducation, a observé une grève de 48 heures qui a surpris le gouvernement. Au point de le conduire à animer un point de presse pour s’indigner du comportement des syndicats membres de la coalition, estimant que cet arrêt de travail ne se justifiait pas. Et pour cause, les deux parties étaient en négociations avancées autour de la plateforme revendicative de la Dynamique lorsque cette dernière a décidé de lancer son mouvement d’arrêt de travail sans préavis officiel. C’est le cas de le dire, quand le président du comité interministériel chargé des négociations avec les partenaires du secteur de l’éducation, PhD Mamoudou Djibo, déclare que c’est par message WhatsApp que le conseiller spécial du Premier ministre dans le domaine de l’éducation a été informé. Et que c’est celui-ci qui les a saisis pour passer l’information quant à la décision des syndicats d’observer une grève de 48 heures. Le canal choisi pour informer le partenaire gouvernemental est inapproprié, il faut le reconnaître. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Mamoudou Djibo, président du comité interministériel, n’a pas manqué de le souligner, qualifiant cette attitude des responsables de la Dynamique ‘’d’inélégante’’. C’est une critique fondée. Pour une question de simple courtoisie, c’est normalement par écrit adressé au président du comité interministériel que l’information aurait dû être formulée. Pas par le truchement du conseiller spécial du Premier ministre en éducation, qui l’a lui-même reçue par WhatsApp, selon le ministre Mamoudou Djibo. M’enfin, ce qui est fait est fait ! Le plus important à présent, c’est de reprendre rapidement les négociations pour conclure un accord permettant d’éviter à l’école nigérienne une nouvelle crise inutile. Mais là où le président du comité interministériel a péché dans sa communication, c’est le fait d’affirmer péremptoirement que la grève de 48 heures observée par la Dynamique des syndicats de l’éducation du Niger s’inscrit dans ‘’un agenda caché’’. D’autant plus qu’il n’y a pas eu de points de blocage dans le déroulement des négociations qui se sont poursuivies dans la sérénité le dimanche 30 janvier jusqu’aux environs de 21 heures, selon lui. Le ministre a ajouté qu’il sait de quoi il parle pour avoir aussi été syndicaliste du secteur durant la décennie 80. C’est quoi cet ‘’agenda caché’’ dont a parlé PhD Mamoudou Djibo ? Il vise quel objectif ? Est-ce pour déstabiliser l’école nigérienne ? Dans quel intérêt, pour gagner quoi exactement, mettre à mal l’engagement pris par le président Bazoum Mohamed de sortir l’école nigérienne du marasme ?

Le président du comité interministériel aurait dû au moins fournir quelques détails sur cet ‘’agenda caché’’ à l’opinion pour donner un peu plus de crédit à son accusation. Ce n’est pas le cas. Il s’agit donc d’une accusation sans fondement, formulée à la va-vite pour plaire au président Bazoum. Comme on le sait, les renaissants sont réfractaires à toute forme de contestation de leur mode de gestion du pays. La Dynamique des syndicats de l’éducation n’a pas allée en grève sur un simple coup de tête. Il y a certainement un motif derrière le mouvement de 48 heures des enseignants, même si la Dynamique a décidé de ne pas répondre à l’accusation du président du comité interministériel, dans l’espoir d’une reprise du dialogue en vue de faire aboutir rapidement les négociations, pour le plus grand bien de l’école nigérienne. C’est une attitude somme toute responsable. Il ne faut pas raviver les flammes en y déversant l’huile dessus. Parce que le principal trait caractéristique des Tarayyistes au pouvoir, c’est leur manque de retenue, de modération, quand ils ouvrent la bouche pour exprimer leurs opinions sur des négociations internes ou des crises à dimension régionale et même internationale. Ils subodorent des combines partout, des manoeuvres pour chercher à déstabiliser leur régime. Ils considèrent avoir tout le temps raison, c’est l’autre qui est sur le mauvais chemin. Leurs alliés politiques sont aussi obligés d’adopter ce même comportement pour ne pas devoir subir le courroux rose. Pas de déviance vis-à-vis de la ligne. D’autres leaders politiques, avec qui ils ont composé dans un passé récent, sont passés par la même voie avant de déchanter. Nul besoin de citer leurs noms ici. PhD Mamoudou Djibo est sur leur trace, en percevant derrière la grève de 48 heures des enseignants sans préavis officiel ‘’un agenda caché’’. La grève est un moyen de lutte pacifique consacré par des instruments internationaux et nationaux. En quoi peut-elle être perçue comme une manoeuvre inscrite dans ‘’un agenda caché’’.

Chez les renaissants, le discours se résume à la théorie du complot. Ils voient toujours une tentative de déstabilisation de leur régime dans tout mouvement de contestation de leur gestion de l’Etat, qu’il soit politique ou social. Sans aucune preuve.

Tawèye

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