Amères vérités : Diori Hamani était un homme connu pour son courage politique et son attachement indiscutable à la souveraineté de son pays, il n’a rien de commun avec ceux qui....

Diori Hamani était un homme connu pour son courage politique et son attachement indiscutable à la souveraineté de son pays. Il n’a rien de commun avec ceux qui, dès la première occasion, se sont assujettis à l’ancienne puissance colonisatrice au point d’hypothéquer pratiquement tout ce qui fait la fierté des Nigériens

Le Niger, assurément, est tombé bas avec les socialistes et ceux qui, pompeusement, se réclament plus de Diori Hamani que de Seyni Kountché, par pur machiavélisme, n’ont curieusement rien retenu, ni de l’un ni de l’autre. Après une décennie de pouvoir, jalonnée de corruption, de détournements massifs des deniers publics, d’injustice et d’insécurité, ils ont étalé au grand jour ce qui les faisait courir tant. Issoufou Mahamadou et ses potes se sont brillamment illustrés dans la mise à sac des ressources publiques. Les scandales financiers sont leur plus grande marque de fabrique et si le Niger s’est considérablement appauvri et endetté sous Issoufou Mahamadou, les acteurs politiques riches à milliards, eux, ne se comptent plus. C’est sans doute pour cette propension à faire mains basses sur les ressources publiques qu’ils avaient une aversion vis-à-vis du soldat Kountché, très sévère contre des prédateurs pareils. Le temps a permis de le comprendre et ce n’est plus un sujet de discussion au Niger. Et Diori Hamani dans tout ça ? Ils l’ont mille et une fois célébré, chanté et porté au pinacle politique mais ils sont loin d’être des apôtres de Diori.

Diori Hamani était un homme connu pour son courage politique et son attachement indiscutable à la souveraineté de son pays. Il n’a rien de commun avec ceux qui, dès la première occasion, se sont assujettis à l’ancienne puissance colonisatrice au point d’hypothéquer pratiquement tout ce qui fait la fierté des Nigériens. Diori dont ils se réclament a dû, certainement se retourner, maintes fois, dans sa tombe, offensé qu’il est, à la fois par ces marchands d’illusions et ceux qui ont connu l’intéressé ou appris sur lui, mais qui ont si longtemps gardé le silence sur le fossé qui sépare Diori Hamani avec les tenants du pouvoir actuel.

Diori Hamani avait une très forte personnalité et savait se faire respecter. Nonobstant son obédience francophile, son amitié avec le célèbre Jacques Foccart et sa proximité ? certains parleraient volontiers d’assujettissement à son frère ivoirien ? avec son contemporain et non moins chef d’Etat Houphouët Boigny, le Président Diori ne s’est pas toujours, systématiquement, aligné sur la position française face à des situations pourtant cruciales. Deux faits doivent être rappelés à ce propos.

Le premier, c’est que, rapporte-t-on, le Canada, en pleine offensive diplomatique pour conserver le Québec français contre la France qui se battait pour l’indépendance de la province canadienne, avait entrepris d’apporter une aide alimentaire à certains pays africains qu’il n’est pas opportun de citer, ici. S’alignant sur la position française qui était de refuser cette aide alimentaire, certains pays ont rejeté l’aide alimentaire canadienne à la demande de la France. Diori, égal à luimême, avait refusé d’obéir à l’injonction française et avait sollicité du Canada la cession, au profit du Niger, des parts refusées par ces pays. Le Président nigérien avait notamment soutenu qu’il ne pouvait refuser une aide alimentaire alors que son peuple était dans le besoin. Or, tout le monde sait comment, face à la France, les socialistes nigériens ont remis en cause des acquis importants pour le Niger, notamment, la loi minière, arrachée de haute lutte par le gouvernement deTandja Mamadou.

Le second fait à rappeler, c’est que lors de la guerre du Biafra, menée par le général Ojucku, financièrement et militairement soutenu par la France, le Président Diori a pris fait et cause pour le Nigeria fédéral alors que l’ancienne puissance coloniale et certains pays africains ténors du pré-carré français en Afrique étaient ouvertement engagés aux côtés de la sécession biafraise.

Ces deux faits historiques vérifiés sont suffisants pour montrer que les socialistes nigériens, qui se seraient sans doute précipités pour servir de base arrière à la France pour la désintégration du Nigeria, n’ont rien de commun avec le Président Diori. La preuve, après ses déconvenues au Mali, l’armée française a désormais pour sanctuaire le Niger. Et dans la perspective de ce qui se profile à l’horizon, il n’est pas exclu que le territoire nigérien serve de base arrière à des actions de sape chez le voisin malien.

Aujourd’hui, la gestion de l’uranium et du terrorisme a suffi à démontrer qu’Issoufou Mahamadou en particulier n’a ni la fibre patriotique, ni l’attachement d’un Diori, encore moins sa personnalité, pour défendre les intérêts propres au peuple nigérien face à une France napoléonienne de plus en plus contestée mais qui trouve curieusement refuge, soumission aveugle et compromission auprès des autorités nigériennes actuelles. La loi minière remise en cause, Imouraren renvoyé aux calendes grecques, la défense sous-traitée à des pays qui ont plutôt d’autres finalités que de combattre réellement le terrorisme, il est certain qu’Issoufou Mahamadou et ses potes Bazoum Mohamed et Massaoudou Hassoumi, assurément, n’arrivent pas à la cheville d’un Diori Hamani, un homme qui a bravé la France sur plus d’un sujet afin de préserver ce qui fait l’intérêt du peuple nigérien.

Bonkano

 

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