2ème Session de l’Espace Annuel de Partage et de Dialogue entre la CNDH et la Société Civile : Outiller les acteurs dans la lutte contre les violences basées sur le genre

La Vice-présidente de la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH), Mme Kako Fatouma, a présidé hier matin, la cérémonie d’ouverture de la 2ème session de l’espace de partage et de dialogue avec les organisations de la société civile en charge des droits de l’homme, de la femme et de l’enfant. Cette session est placée sous le thème «voies de recours en cas de violence basée sur le genre». L’objectif visé est de renforcer les capacités des organisations de la société civile sur les différentes catégories de violences basées sur le genre et les voies de recours.

Procédant à l’ouverture des travaux, la Vice-présidente de la Commission nationale des droits humains, a affirmé que ces espaces contribuent à évaluer le niveau de jouissance desdits droits par les couches vulnérables particulièrement la femme et l’enfant. Ils permettent aussi de comprendre les nouvelles données endogènes et dynamiques sur les droits humains, les cas de succès, les statistiques sectorielles. Mme Kako Fatouma a souligné que les violences basées sur le genre sont malheureusement devenues un problème récurrent et omniprésent dans les communautés. Ce phénomène est, selon elle, surtout exacerbé dans les zones d’insécurité, en l’occurrence, Tillabéry, Tahoua, Maradi et Diffa. Elle a, à cet effet relevé certaines préoccupations et observations dont entre autres, les difficultés dans l’application des textes régissant les droits de la femme au Niger, la méconnaissance des textes par la population, la lenteur dans le traitement des plaintes au niveau des juridictions, le refus de dénonciations de la part des victimes, les difficultés rencontrées par les acteurs des OSC, en particulier la méconnaissance des voies de recours et les difficultés à trouver des solutions pour certains cas complexes.

La Vice-présidente de la CNDH a rappelé que le Niger a adopté en 2017 une stratégie nationale de prévention et de réponses aux violences basées sur le genre avec comme vision «un Niger dépourvu de toutes formes de violences basées sur le genre où les hommes et les femmes, les filles et garçons vivent dans la paix, la sécurité, l’harmonie et sans discrimination».

«Les nobles missions qui sont dévolues en matière de promotion et de protection des droits humains à la CNDH viennent nous conforter, une fois de plus, dans la création de cet espace», a-telle-dit. Mme Kako Fatouma a relevé que la prévention et la répression des violences basées sur le genre doivent être menées en collaboration avec les responsables politiques, les systèmes judiciaires, les institutions nationales des droits de l’homme, les systèmes de santé, les communautés, les partenaires humanitaires et des acteurs de la société civile.

Selon elle, l’action commune doit aller au-delà des services et de l’appui aux femmes qui sont victimes de violence. Elle doit se focaliser sur les disparités entre les sexes, les pratiques discriminatoires et les normes sociales et culturelles qui sont les causes profondes de ce problème. «Nous devons lutter contre la violence à l’égard des femmes sous toutes ses formes, qu’il s’agisse de la violence conjugale, du viol comme arme ou prime de guerre, ou encore du mariage d’enfants. Il faut impérativement changer les attitudes et les normes sociales qui dévalorisent les droits des femmes», a conclu Mme Kako Fatouma.

 Farida Ibrahim Assoumane (Onep)

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