Amères vérités : Le Président Bazoum a trop parlé et dans ce «trop parler», il a révélé des choses que les Nigériens ne devraient pas savoir

 

Si l’on se fie bien aux propos de celui qui gouverne actuellement le Niger, nous sommes dans un pays où les pires terroristes, ce ne sont pas les cyniques individus qui tuent, sans discontinuer et sans distinction, civils et militaires, enfants, jeunes et vieux ; qui pillent, emportent le bétail, incendient greniers, véhicules et maisons ; qui sèment, en un mot comme en mille, la désolation dans nos campagnes, terrorisent et angoissent les populations. Ce sont plutôt les hommes politiques et les acteurs de la société civile avec qui l’on ne négocie jamais et qui sont destinés à croupir en prison dès lors qu’un des juges prévus pour le besoin est instruit pour leur coller un mandat de dépôt.

La différence ? Tenez-vous bien, c’est le président de la République, Bazoum Mohamed, celui qui préside aux destinées du Niger et dont la première responsabilité est de veiller à la défense et à la sécurité de ses compatriotes, qui le dit. La différence entre, d’une part, les lugubres individus qui tuent, massacrent, pillent, incendient les greniers et emportent les troupeaux et d’autre part, les hommes politiques et les acteurs de la société civile, c’est que, au nom de la paix, on peut négocier avec les premiers alors que les seconds. Au nom de la paix ! Drôle de conception de la paix qui veut que le chef suprême des armées concède le bénéfice de la repentance à des terroristes mais le refuse à des militaires dont la base de la culpabilité ne dépasse guère des propos tenus ou encore à des hommes politiques et acteurs de la société civile dont le crime est d’avoir exprimé une opinion, pas forcément fausse sur la réalité du régime.

Ce Niger dont parle Bazoum Mohamed est vraiment bizarre. Il ne s’en rend pas compte toutefois. Un pays dans lequel le chef de l’État déclare, péremptoire, qu’il a libéré des terroristes et négocié avec eux, au nom de la paix, dit-il, alors que des hommes politiques et des acteurs de la société civile sont détenus pour des propos et déclarations. Un pays dans lequel ceux qui massacrent les Nigériens et les empêchent de vire en paix, sur leurs propres terres, sont considérés et négociés, autant dire démarchés et libérés, manifestement dans la plus grande clandestinité. A quelles fins ? Aux fins de les voir redevenir d’honnêtes citoyens repentis et reconvertis à d’autres activités noncriminelles ou, comme le soutiennent de nombreuses voix, afin de les voir reprendre leurs activités criminelles contre le Niger ?

Un pays dans lequel des terroristes, difficilement — pour ne pas dire après des combats à mort —appréhendés par les forces de défense et de sécurité, sont libérés, sans aucun jugement et sans que le chef de l’État qui affirme les avoir élargis de prison ait expliqué les conditions auxquelles il a posé un tel acte.

Oui, Bazoum Mohamed a expliqué la motivation pour laquelle il a libéré des terroristes, mais il est resté muet sur les conditions auxquelles il les a libérés.

Oui, Bazoum Mohamed a déclaré avoir libéré des terroristes, au nom de la paix, ditil, mais il est resté muet sur les circonstances dans lesquelles cette libération est intervenue.

Oui, Bazoum Mohamed a dit avoir libéré des terroristes, mais il ne dit rien sur leurs identités, sujet et par qui ?

Sur toutes ces questions restées sans réponses, le Président Bazoum a laissé les Nigériens perplexes, avec en toile de fond le sentiment d’un aveu de culpabilité. Il a parlé, et comme toujours en pareilles circonstances, il a dit plus qu’il en faut. Il a trop parlé, comme disent les autres et dans ce «trop parler», il a révélé des choses que les Nigériens ne devraient pas savoir. Il dit avoir libéré des terroristes pour construire la paix. Mais, pourquoi alors faire venir sur le sol national les forces armées françaises Barkhane et Takuba ? Pourquoi, si sa solution de démarcher des terroristes et d’en faire libérer est si productive comme il semble le soutenir, pourquoi, donc, miser sur la présence de forces militaires étrangères ? N’y a-t-il pas une contradiction évidente entre la libération de ces terroristes et l’engagement pris, à Paris, par le Président Bazoum d’accueillir Barkhane et Takuba ? Bazoum Mohamed, à n’en point douter, s’est emmêlé les pinceaux et Dieu seul sait ce qu’il a pu provoquer comme ire, ailleurs (suivez mon regard).

Bonkano

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