Des opposants dans le collimateur des internautes roses

Depuis quelques jours des responsables des partis politiques de l’opposition sont victimes d’attaques virulentes de la part de certains internautes proches du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-TARAYYA) et d’autres partis au pouvoir. C’est le cas notamment du président du parti Alliance des mouvements pour l’émergence du Niger (AMEN-AMIN) Omar Hamidou Tchiana, de celui de l’Alliance pour la démocratie et la République (ADR MAHITA) d’Idi Ango Ousmane et de celui de la Synergie des démocrates pour la République (SDR SABUWA) Kané Kadaouré Habibou. Le péché de ces trois opposants est d’exprimer leurs points de vue par rapport à la conduite des affaires de l’Etat par le pouvoir du PNDSTARAYYA. Comme si le Niger est sous une monarchie où personne n’a le droit d’exprimer une opinion contraire à celle du monarque au trône, des internautes proches du pouvoir, dont certains sont même des conseillers à la Présidence de la République et à la Primature, passent toute la journée à insulter et/ou menacer ces responsables de l’opposition qui sont pourtant dans leur rôle constitutionnel de donner des avis sur la gestion des affaires de l’Etat. Visiblement organisés dans une officine du pouvoir, les internautes en question tiennent presque les mêmes propos vis-à-vis de chacun des opposants. A Omar Hamidou Tchiana et Idi Ango Ousmane, qui furent respectivement Ministre d’Etat chargé des mines et Directeur général de la Société nigérienne des produits pétroliers (SONIDEP) sous le régime de l’ancien Président Issoufou Mahamadou, les internautes roses brandissent même des menaces de poursuites judiciaires pour des présumés dossiers de mauvaise gestion. Les deux opposants sont aussi accusés de faire montre d’une certaine «ingratitude» vis-à-vis du PNDS-TARAYYA qui leur aurait permis d’accéder à leurs anciennes fonctions, comme si en tant que Nigériens ils n’ont pas le droit d’être à des tels postes ou que le PNDS-TARAYYA se confond à l’Etat du Niger. A voir les écrits que publient ces internautes proches du principal parti au pouvoir à propos des opposants qui ne donnent que leurs avis sur la gouvernance du pays, on se demande ce qui pouvait arriver à ces opposants le jour où ils oseront poser certains actes que des responsables du PNDS-TARAYYA ont posé quand ils étaient à l’opposition. Combien de fois l’opposant Issoufou Mahamadou n’avait-il pas bravé des interdictions d’organiser des caravanes sous le régime de l’ancien Président Ibrahim Baré Maïnassara dont il était le plus farouche opposant ? Le même Issoufou Mahamadou, alors opposant au régime de l’ancien Président Tandja Mamadou, ne s’étaitil pas rendu dans les locaux de la Police judiciaire de Niamey pour y extraire son compagnon de lutte Sanoussi Tambari Jackou qui y était interpellé dans le cadre d’une action judiciaire contre lui ? Pourtant il n’avait pas été inquiété, ne serait-ce que pour de dernier acte qui constitue une véritable rébellion contre l’autorité de l’Etat. Pourquoi aujourd’hui au pouvoir, le PNDS-TARAYYA ne peut même pas supporter que ses opposants expriment des simples opinions sur sa gestion, surtout qu’il a déjà étouffé la liberté de manifestation ? C’est en tout cas la toute première, depuis l’avènement de la démocratie, que le Niger vit dans un tel contexte d’intolérance et de privation des libertés. Être opposant est devenu comme un crime au point ou l’opposition même est devenue quasi inexistante. Un véritable recul démocratique !

Yaou

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