Amères vérités : Un militaire enlevé en pleine ville de Niamey, en plein jour pour ensuite être assassiné : le Niger devient dangereux et personne n’est à l’abri

 Un militaire enlevé en pleine ville de Niamey, en plein jour et sous les yeux d’une de ses connaissances avec qui il était et puis…plus rien. Après 29 ans de service dans l’armée, Mansour…a été assassiné puis le corps est déposé, tranquillement, à l’hôpital comme dans les films de la mafia sicilienne. Manifestement, ceux qui ont perpétré cette sale besogne étaient sûrs de leur couverture, de la toute-puissance de leur commanditaire et ne craignaient nullement de déposer le corps là où il peut être retrouvé et identifié. Certes, le certificat de constatation de la mort de Mansour indiquait « inconnu ». Pourtant, il était en tenue militaire et le médecin qui a signé le certificat ne pouvait l’ignorer puisqu’il n’était pas aveugle. Il a toutefois pris le soin, pour sa propre couverture, de mentionner que c’était un corps sans vie qu’on lui a amené. Deux, trois questions, se posent.

1. Qui sont ces individus qui ont déposé le corps de Mansour Maman à l’hôpital et pourquoi il n’est pas fait mention de l’identité, au moins, d’un d’entre eux ?

2. Qui a commandité l’enlèvement et l’assassinat de Mansour Maman ? 3. Celui qui était avec Mansour au moment où il a été kidnappé est-il sans reproche ?

Ces trois questions, bien évidemment, sont interreliées car, si ceux qui ont déposé le corp de Mansour Maman à l’hôpital ne sont pas forcément ceux qui l’ont tué, ils connaissent toutefois l’identité de ceux-là. Et si ce sont eux qui l’ont tué, ils connaissent certainement le commanditaire de cet odieux assassinat. Quant à celui était avec Mansour au moment des faits, il faut bien se demander pourquoi s’est-il simplement contenté de fuir. Il n’a alerté les passants, ni pris la peine de relever la plaque minéralogique du véhicule, encore moins tenter de s’interposer. Laissons aux enquêteurs, aujourd’hui ou demain lorsque les circonstances s’y prêteront, le soin d’apporter les éclairages nécessaires à cette affaire. Pour notre part, il s’agit, non pas de nous interroger, mais de constater et de nous inquiéter de la tournure dangereuse que prennent les évènements. C’est tout de même un militaire qui est enlevé, puis tué quelque temps après. Un fait inédit, mais qui n’est pas si éloigné de tous ces évènements qui, sur le plan de la sécurité, ont paru insolites, pour ne pas dire pleins de suspicions.

Parmi ces évènements insolites, il y a, en bonne place, la spectaculaire évasion d’Alassane Ould Mohamed alias Chebani Ould Hamma, un dangereux terroriste qui a pu «s’évaporer » dans la nature en juin 2013, en plein jour, alors qu’il était en détention à la prison civile de Niamey. À la clé, deux gardes pénitentiaires (gardes nationaux) ont été butés et Chebani a disparu dans la ville de Niamey, comme s’il a été rapidement happé par les commanditaires de son exfiltration de prison. Déjà, avant cet évènement crapuleux, Chebani était un drôle de prisonnier qui a droit à tout et qui utilisait fréquemment le bureau du régisseur pour recevoir des visiteurs et pour se relaxer. Le trafiquant et terroriste Chebani s’est fait arrêter, par la suite, par les services américains, semble-t-il et depuis lors, l’on n’a plus entendu parler de lui.

Il y a ensuite la spectaculaire (vraiefausse ?) évasion d’un certain Abdaleem Attahir Ashraf, placé sous mandat de dépôt depuis le 22 octobre 2014. Un dangereux terroriste de nationalité soudanaise qui a pu s’échapper, tout seul, de la prison de haute sécurité de Koutoukalé, dans la nuit du 1er au 2 juillet 2018, en profitant, a-t-on appris, d’une pluie torrentielle. Comment a-t-il réussi à s’évader ? Comme Chebani, il a certainement bénéficié de complicités. Une autre version existe d’ailleurs à propos de ce terroriste soudanais.

Il y a ensuite ces dépôts de drogue, des tonnes de drogues, découverts à Niamey et qui ont certainement prospéré grâce à de grandes complicités. C’est sans parler de toutes ces personnalités proches du pouvoir qui ont été compromises dans des affaires de trafic de drogue Et pour qui connaît les liens dynamiques entre le terrorisme et le trafic de drogue, il ne peut déduire que de l’existence, dans les rayons du pouvoir, de fortes présomptions de complicités.

Or, lorsque les trafiquants de drogue et les terroristes caporalisent le pouvoir d’Etat, il n’y a plus de sécurité pour le citoyen. L’enlèvement suivi de l’assassinat du sergent Mansour Maman serait-il la manifestation d’une telle pourriture ? Que Dieu nous en garde ! Ce qui est certain, c’est que dans un pays qui présente les tristes caractéristiques de la gouvernance en cours, il faut craindre que le soldat Mansour ne soit que la première victime d’une croisade de type nouveau qui consiste à juger des citoyens quelque part, à leur insu et à prononcer une sentence à leur encontre. Une sentence fatale comme celle qui a emporté le soldat Mansour et fait désormais de ses neuf enfants, des orphelins de père. Le Niger est assurément mal, très mal gouverné. En plein jour et à Niamey, des individus enlèvent un sergent des Forces armées nigériennes (Fan), l’assassinent froidement avant de déposer tranquillement le corps à l’hôpital national de Niamey et pas un mot de la part du ministre de l’Intérieur, responsable de la sécurité publique, encore moins du ministre de la Défense nationale. Même pas un communiqué pour condamner le fait et promettre de mener une enquête en vue de démasquer les auteurs et de les châtier. Il y a indiscutablement quelque chose qui cloche. Le sergent Mansour, qui a tout de même passé 29 ans de sa vie sous les drapeaux, ne mérite-t-il pas cela de la part de l’État ?

Le Niger devient dangereux et personne n’est à l’abri de ce qui est arrivé malheureusement à Mansour Maman. Et si la logique n’est pas inversée, c’est la descente aux enfers.

Bonkano

 

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