Après un an au pouvoir : La lutte contre la corruption a du plomb dans l’aile

 Le président Bazoum a bouclé, le 2 avril dernier, un an de gestion. Une année au cours de laquelle il n’aurait pas eu les coudées franches pour mettre en branle ses promesses. Il n’a pas aussi eu l’audace de son prédécesseur qui, au soir de son premier anniversaire, disait avoir fait, en une année, ce qui n’a pas été fait en cinquante ans. Au cours de son discours d’investiture, le président Bazoum a juré, la main sur le coeur, de mener un combat sans merci à la corruption. Mais depuis un an nous sommes, comme le disait le chanteur Burkinabé Black so man, encore sous le même soleil. Aucune des scandaleuses affaires dénoncées du temps de Issoufou Mahamadou n’a connu un traitement judiciaire digne ce nom. Comme sous Issoufou les affaires ne sont ébruitées que tenir en respect quelques alliés irrespectueux. Se sera sûrement le cas dans cette affaire de redressements fiscaux. Des militants de partis alliés au PNDS ont été sommés de payer de dizaines de milliards. L’objectif serait qu’ils rentrent dans le rang. L’éducation a occupé une place importante dans le discours d’investiture du président Bazoum. La déliquescence avancée du système scolaire nécessitera certainement beaucoup de temps pour mesurer les progrès accomplis. Juger les actions du président, dans ce domaine, au bout d’une seule année, serait inconséquent. Des annonces ont connu un début d’exécution. C’est notamment la construction des internats pour jeunes filles et le rehaussement du niveau pour l’accès aux écoles normales. C’est un choix. Chaque dirigeant se constitue ses priorités dans tous les domaines. Et cela depuis la nuit des temps.

Seulement à l’heure du bilan, on se rendra compte que cela n’aura pas été du tout suffisant. Le problème est que nos dirigeants manquent le courage d’une complète refonte du système. On ne peut pas demander la performance à un enfant qu’on oblige à écrire et à lire dans une langue qu’il ne connaît pas. C’est aussi simple que ça. Le reste n’est que colmatage, soupoudrage. Si le rehaussement du niveau pour accéder aux écoles normales est une bonne chose, sa mise en application sera confrontée à des problèmes qui risquent d’en annihiler les bénéfices. Des bacheliers sortiront instituteurs après deux ans. Dans les textes de l’administration, BAC+2 c’est la catégorie A3. Et c’est dans cette catégorie que se retrouvent les conseillers pédagogiques chargés d’encadrer ces instituteurs. A moins qu’ils ne soient reclassés dans la catégorie B1. Là, c’est de l’injustice. Les 3000 instituteurs sortiront chaque année avec des matricules. Que fera t-on des contractuels qui ont passé plus de dix ans dans l’enseignement sans matricule ? D’ailleurs où trouvera t-on les ressources pour engager chaque année trois mille instituteurs ? Si au moins le président contrôlait les revenus provenant du pétrole.

De toute évidence, c’est encore Issoufou Mahamadou et Foumakoye Gado qui sont encore à la manoeuvre. Les récentes disputes dans l’attribution de titres de transport du matériel pour la construction de l’oléoduc en disent long sur ce qui se trame. Le blocage de 80 véhicules au poste de douane de Gaya entre t-il dans la féroce lutte pour le contrôle des activités générées par le pétrole ?

Modibo

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